vendredi, février 3, 2023
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L’Iran développe ses sites nucléaires, dit un institut américain

L'Iran développe ses sites nucléaires, dit un institut américainpar Mark Heinrich

Reuters – L’Iran a agrandi son site de conversion d’uranium d’Ispahan et renforcé son centre souterrain d’enrichissement d’uranium de Natanz au moment où grandit la crainte d’éventuels bombardements américains, selon l’Institut pour la science et la sécurité internationale (Isis).

Les rumeurs concernant une attaque américaine possible dominent l’actualité internationale depuis que le New Yorker a rapporté ce mois-ci que Washington étudiait le recours à des armes nucléaires tactiques pour détruire les installations nucléaires souterraines de l’Iran.

L’ex-président iranien Akbar Hashemi Rafsandjani a déclaré dimanche que toute attaque américaine liée au programme nucléaire de son pays déstabiliserait la région. Kofi Annan, secrétaire général de l’Onu, a aussi estimé qu’une action militaire n’était pas le plus sûr moyen de résoudre le problème.

Dans un courrier électronique accompagné de photos satellite adressé aux médias, l’Isis, groupe de recherche américain, fait savoir que l’Iran a construit une nouvelle entrée de tunnel à Ispahan, où l’uranium est transformé de façon à pouvoir se prêter à l’enrichissement.

Seules deux entrées de tunnel existaient en février, dit-il.

"Cette nouvelle entrée indique l’existence d’une nouvelle installation souterraine ou un nouvel agrandissement d’une installation existante", écrit l’Isis, que dirige l’expert nucléaire et ancien inspecteur en armements David Albright.

Isis publie aussi quatre images satellite prises entre 2002 et janvier 2006 et montrant selon lui deux salles de centrifugeuses en cascade que l’on recouvre de plusieurs couches de terre, de dalles de béton ainsi que d’autres matériaux.

PRECAUTIONS

Les toits des deux salles semblent se trouver à huit mètres sous terre environ, précise l’institut.

Ces révélations surviennent une semaine après que Téhéran a annoncé avoir enrichi de l’uranium destiné à des centrales électriques, déclenchant une très vive controverse diplomatique. Les pays occidentaux soupçonnent l’Iran de chercher à se doter d’une bombe atomique. Téhéran assure vouloir produire de l’énergie nucléaire à usage exclusivement civil.

Le Conseil de sécurité de l’Onu, brandissant la menace de sanctions, a exhorté l’Iran à cesser toute activité d’enrichissement et demandé à Mohamed ElBaradeï, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), de présenter un rapport sur la réaction iranienne le 28 avril.

Le président George Bush a écarté les rumeurs d’intervention militaire américaine contre l’Iran comme des spéculations fantaisistes, assurant se concentrer sur l’action diplomatique pour désamorcer la crise liée au programme nucléaire iranien.

Mais les analystes notent que l’Iran a choisi d’éviter les risques. "L’Iran prend des mesures exceptionnelles pour tenter de protéger ses atouts nucléaires. Mais la rumeur croissante d’une intervention aérienne qui viserait à mettre fin au programme nucléaire de l’Iran semble un peu exagérée", a dit Albright à Reuters par téléphone de Washington.

Malgré le démenti de Bush, Rafsandjani a estimé que l’Iran ne pouvait négliger le risque d’une frappe militaire. "Nous soulignons en même temps que cela ne répondrait ni à l’intérêt des Etats-Unis, ni au nôtre", a dit Rafsandjani en Syrie, ajoutant qu’une telle attaque embraserait "non seulement la République islamique (…), mais la région et tout le monde".

De son côté, Annan a déclaré au quotidien espagnol ABC que la situation était déjà trop tendue pour qu’on l’aggrave: "Je crois toujours que la négociation passe par la négociation, et je ne vois que ce que résoudrait une opération militaire."

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