La Résistance iranienne a obtenu de nouvelles informations de l’intérieur du régime iranien sur l’attaque meurtrière à la roquette lancée contre Liberty, comment elle a été décidée, la coordination avec le gouvernement irakien et comment elle a été exécutée. En voici un résumé :
1- La décision de l’attaque a été prise fin janvier dans une réunion du Conseil suprême de sécurité national du régime iranien sur l’ordre de Khamenei en personne. L’exécution de l’opération et la coordination avec le gouvernement irakien ont été confiées à la force terroriste Qods et à l’ambassade du régime à Bagdad.
2- Haj Youssef (le général des pasdaran Abdolreza Chahla’i), commandant des groupes djihadistes et « Kataëb Hezbollah en Irak » a réalisé les plans de l’attaque dans des réunions avec Abou-Mostafa Cheibani, Abou-Ala et Abou-Mehdi Mohandesse, des terroristes connus du régime des mollahs en Irak.
3- Chahla’i compte depuis vingt ans parmi les commandants de la Force terroriste Qods. C’est lui qui forme et entraine les tueurs et les terroristes envoyés en Irak, dans les bases Hezbollah à Jalil Abad de Varamine en Iran. Le Département du Trésor américain dans son communiqué du 11 octobre 2011 déclare que « Chahla’i est un des officiers de la Force terroriste Qods du corps des pasdarans qui a été chargé de coordonner le plan d’assassinat d’Adel Al-Jaber, l’ambassadeur d’Arabie saoudite aux Etats-Unis, lors de son séjour aux USA, et de mener des attaques contre les intérêts d’autres pays sur le sol américain et dans d’autres pays. »
4- La coordination de l’attaque à la roquette sur Liberty avec le gouvernement irakien et les organes de sécurités et militaires concernés, notamment le cabinet militaire du premier ministre et le ministère de l’Intérieur, a été faite par Dana’ifar, l’ambassadeur des mollahs à Bagdad, qui est également un commandant de la Force Qods et des responsables de cette force à l’ambassade.
5- Selon le plan de l’opération, tout ce qui concerne le soutien logistique, comme le transfert des munitions et le transfert des commandos, s’est fait avec les moyens du ministère de l’Intérieur et de la police irakienne. Les détails intérieurs du camp Liberty et la localisation géographique des points de rassemblements des habitants, ont été fournis par le cabinet du premier ministre au pasdar Chahla’i pour assurer la précision des tirs de roquettes.
6- Contrairement aux opérations terroristes qui n’ont pas de soutien logistique du gouvernement, aucune arme ni roquette fabriquée à la main n’ont été utilisées dans cette attaque. Toutes les roquettes étaient des produits d’usine et leurs lanceurs également, ce qui a nécessité de gros moyens pour les transporter. C’est pour cette raison et particulièrement parce qu’ils disposaient de localisations géographiques précises à Liberty, que contrairement à une opération terroriste avec ses nombreuses erreurs de tirs, toutes les roquettes ont touché l’intérieur de la superficie réduite du camp Liberty.
7- Le commando qui a mené l’attaque était constitué de tueurs d’escadrons de la mort dit « Kataëb Hezbollah » et d’agents techniques de la force Qods. Avec les équipes de soutien logistique, leur nombre étaient au total de 40 personnes. Ces escadrons de la mort ont été formés par le régime des mollahs. Ils prennent pour cibles en Irak les personnes désignées par le régime iranien et agissent en coordination avec le cabinet du premier ministre irakien.
8- Dans son rapport envoyé à Téhéran après cette attaque criminelle, Chahla’i a écrit que les roquettes avaient été transportées dans des ambulances du gouvernement escortées par deux véhicules de la police de l’aéroport jusqu’à la zone de tirs et cachées sous des tentes montées la nuit précédente. Selon ce rapport, la vraie difficulté était que la population et d’autres forces irakiennes qui n’étaient pas au courant de cette opération s’aperçoivent de quelque chose et rendent l’attaque impossible ou avec un retard.
9- La route suivie par les véhicules et la zone des tirs étaient sous la surveillance des caméras de sécurité de l’aéroport de Bagdad. Ces caméras couvrent plusieurs kilomètres du périmètre de l’aéroport et contrôlent tous les mouvements. Elles ont enregistré le transport des roquettes et les activités des auteurs de l’attentat et celles des véhicules de police. Ces enregistrements sont préservés au bureau du premier ministre irakien.
10- Le plan opératoire devait à l’origine comporter deux étapes, opérées par deux équipes à partir de deux points distincts, avec un total de 100 roquettes de 107 mm. La première équipe a pu tirer 40 roquettes et quitter les lieux sans problème.
11- La deuxième équipe devait agir une heure plus tard en tirant les 60 autres roquettes, au moment où les habitants de liberté se rassemblaient pour s’occuper des martyrs et des blessés, afin de faire un plus grand nombre de victimes.
12- Or, des membres de cette dernière équipe ont été arrêtés lors de leurs mouvements par des militaires irakiens qui n’étaient pas au courant de cette opération terroriste, rendant ainsi impossible la réalisation de la deuxième phase de l’opération. Les 60 roquettes inutilisées ont été découvertes et récupérées le même jour par les forces irakiennes. Les individus arrêtés ont été relâchés le jour même avec l’intervention empressée du cabinet du premier ministre irakien.
Les régimes iranien et irakien ont cherché à brouiller les cartes : étant donné que le « Kataëb Hezbollah » est connu pour être un groupuscule terroriste fondé par le régime des mollahs agissant en coordination avec le bureau de Nouri Al-Maliki, les autorités ont procédé à une autre mise en scène en pointant vers un groupe inconnu du nom de « Jeich Al-Mokhtar » ( l’armée de Mokhtar) afin de se laver les mains de ces crimes odieux. Le chef de cette entité terroriste, le mollah Wathiq Al-Battate, a revendiqué la responsabilité de l’attaque contre Liberty le 9 février. Or, le « Jeich Al-Mokhtar » est en réalité un avatar de « Kataëb Hezbollah », un groupe au service des plans sinistres de Khamenei et de Maliki en Irak.
13- il est intéressant de noter que le Jeich Al-Mokhtar avait annoncé sa création le 4 février, seulement cinq jours avant l’attaque sur Liberty : « Jeich Al-Mokhtar est un soutien au pouvoir central dans sa lutte contre la corruption et les corrompus et pour s’opposer aux organisations terroristes comme Al Qaïda et l’armée libre » (agences de presse et médias irakiens).
Les médias du régime iranien, notamment ceux des gardiens de la révolution et le site de l’ancien commandant en chef des pasdaran, ont immédiatement acclamé l’annonce de cette nouvelle formation. Selon un reportage de la télévision irakienne Al-Rafedine, quelques heures après l’annonce de cette formation, des membres de Jeich Al-Mokhtar ont participé dans une parade militaire dans le club Sana’é à Bagdad, sous la protection de la police et de l’armée.
14 – Selon les journaux arabes de référence comme Al-Hayat, Asharq Al-Awsat, ou le site d’information Ilaf, le nom de « Mokhtar » (symbole de vengeance) pour cette formation terroriste se réfère à la personne de Maliki. Le quotidien Asharq Al-Awsat, écrit le 11 février que « l’armée de Mokhtar est fondée pour soutenir le gouvernement irakien afin de contrôler sa sécurité ». Ce journal ajoute que dans les manifestations organisées en soutien à Maliki à Bagdad, les bande inféodées au pouvoir ont l’habitude de scander que Maliki est le « Mokhtar Zamane ». Ce groupuscule a menacé d’éliminer physiquement des dirigeants en fonction au gouvernement, comme ceux d’Al Iraqiya, où les organisateurs des manifestations anti-Maliki.
15- Dans un geste visant à brouiller les pistes, Maliki a ordonné l’arrestation du mollah Battate mais selon les médias arabe notamment Asharq Al-Awsat (du 11 février) ou la chaine télévisée Al-Rafidine (du 10 février) Wathiq al-Battate ainsi que six de ses gardes du corps sont sortis d’Irak pour se rendre en Syrie. Les organes frontaliers de la sécurité irakienne étaient parfaitement au courant de ce départ.
16 – Compte tenu de ces réalités, le régime des mollahs et le gouvernement irakien qui s’inquiètent des condamnations internationales de ce crime à Liberty, tentent de prendre leurs distances en démentant leurs rôles mutuels dans l’opération terroriste. A tel point que Dana’ifar l’ambassadeur du régime iranien à Bagdad a déclaré à l’agence Kul-al-Arab le 11 février lors de l’inauguration d’une école iranienne à Karbala : « Nous condamnons l’attaque contre le camp Liberty, cela vise à créer des troubles et à provoquer une vague d’accusations contre l’Iran » !
Mais immédiatement le lendemain l’agence des Gardiens de la révolution est revenue sur les propos de Dana’ifar, écrivant que les déclarations de l’ambassadeur dans la presse irakienne avaient été déformées. L’agence des Pasdarans écrit : « Hassan Dana’ifar l’ambassadeur de la République islamique d’Iran à Bagdad, a déclaré dans une interview avec l’agence Fars, que l’attaque d’un groupe inconnu sur le camp provisoire de Liberty (…) est une méthode de ce groupe pour se victimiser afin de retourner au camp d’Achraf », et a ajouté : « l’attaque récente contre le camp Liberty, est suspecte et nous pensons que des agents internes au groupe des hypocrites (nom péjoratif donné par les mollahs à l’OMPI) l’ont organisée afin de se présenter en victimes auprès des organisations de droits de l’homme ».
17- Le ministère des Affaires étrangère des mollahs a annoncé le 12 février à Téhéran que « l’attaque récente sur le camp Liberty en Irak » et une affaire qui « s’est produite à l’intérieur du territoire irakien et ne concerne en rien la République islamique (…) Il s’agit d’action et d’effort pour se faire passer pour des victimes afin de retarder l’application de l’accord » avec l’ONU pour transférer hors d’Irak les Moudjahidine qui font tout pour l’empêcher.
18. Suite à la vague de condamnations internationales, et alors que les appels pour le retour à Achraf des membres de l’Ompi se multiplient, le ministère irakien des Affaires étrangères a déclaré le 11 février dans un communiqué cousu de mensonges que « le camp provisoire d’Al Hurrya des membres des Moudjahidine du peuple a essuyé une attaque terroriste menée par des inconnus et samedi 9 février 2013 ce camp a reçu 25 obus de mortier ». Pourtant le ministère irakien des Affaires étrangères sait parfaitement que les commanditaires de ce crime se trouvent à quelques centaines de mètre de son bâtiment dans l’ambassade d’Iran et dans le bureau du premier ministre irakien. Le ministère irakien des Affaires étrangères parle de 25 obus de mortier alors que les experts militaires irakiens ont pu voir sur place et déclaré avoir observé les impacts de 38 roquettes de 107mm dans le camp Liberty.
19. Le ministère des Affaires étrangère irakien a ajouté : « les autorités gouvernementales responsables ont commencé une enquête immédiate pour identifier les criminels qui ont planifié et commis cet acte terroriste et criminel afin de les traduire en justice et de les condamner avec justice ». La promesse d’enquête et de poursuite judiciaires par le gouvernement irakien, sur des crimes dans lesquels il a joué un rôle prépondérant ne trompe évidemment personne. Les enquêtes sur les massacres du 28 et 29 juillet 2009 et du 7 avril 2011 ont été jetées aux ornières.
20. Mais si le gouvernement irakien dit vrai et qu’il n’est pas impliqué dans ce crime alors :
Premièrement : il doit mettre un terme à quatre année et demi de blocus des Moudjahidine d’Achraf et laisser les missions d’enquête internationales, les observateurs, les journalistes et les avocats entrer à Liberty et examiner de près les traces du crime.
Deuxièmement : Il doit assurer la sécurité des habitants face à de nouvelles attaques de ce genre en les rapatriant de Liberty à Achraf.
Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 13 février 2013

