vendredi, décembre 2, 2022
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Les niveaux de la censure d’Internet en Iran – Par Ahmed Shaheed

Shaheedoniran.org – Par Ahmed Shaheed, Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme en Iran: En mars dernier j’ai assisté à la conférence « Dialogue Cybernétique 2014 » au Munk School of Global Affairs’ à Toronto, où les représentants des gouvernements, de la société civile, des milieux universitaires et du secteur privé ont discuté de la cybersécurité et la gouvernance.

 

Nous avons parlé des moyens de soutenir les gouvernements, y compris l’Iran, dans leurs efforts pour faire progresser la protection de la vie privée, d’expression, d’opinion, d’association et de leurs efforts pour améliorer la vitesse d’Internet et l’accès aux contenus considérés protégés par le droit international.

Ce sont des questions d’importance dans tous les pays, et en particulier en Iran, où l’accès aux contenus considérés offensants ou subversifs est limités par la loi, et où les médias, journalistes, blogueurs et autres internautes sont souvent poursuivis pour la publication ou la gestion de contenus en ligne considérés comme « propagande contre » le gouvernement. Quelque 37 journalistes et net-citoyens sont actuellement détenus en Iran, dont 16 internautes, arrêtés l’année dernière, qui avaient mis sur pied un site d’infos techno-gadget.

Des millions de sites sont bloqués en Iran. En 2013, une étude a montré que toute une gamme de sites Web, y compris les sites liés à la santé, la science, le sport, l’information, et même le shopping sont bloqués. Près de 50% des cinq cents premiers sites visités au monde sont bloqués, dont Facebook , Twitter et Google Plus.

Une autre étude a conclu que la vitesse d’Internet est volontairement réduite afin de frustrer les utilisateurs et limiter la communication. Par exemple, le trafic et la vitesse Internet a considérablement diminué dans les jours qui ont suivi l’élection présidentielle iranienne de 2009 et dans les semaines qui ont précédé l’élection de 2013. Les limitations ont également été perceptibles durant les périodes de bouleversement politique internationale, y compris pendant le printemps arabe.

L’emploi du blocage, du filtrage et de l’étranglement des technologies par les gouvernements se fait fréquemment en violation de leur obligation de garantir le droit à la liberté d’expression. En tant que Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Frank LaRue a relevé dans son rapport de mai 2011:

 » … Les mesures de blocage constituent un moyen inutile ou disproportionné pour atteindre l’objectif visé, car ils ne sont pas suffisamment ciblées et rendent un large éventail de contenus inaccessibles, bien au delà de ce qui a été jugé illégal. Le contenu est souvent bloqué sans l’intervention ou une possibilité de révision par une autorité judiciaire ou indépendante » .

Dans cet esprit, j’invite régulièrement les autorités à assouplir les restrictions sur les médias en ligne et l’accès des citoyens Iraniens. J’espère que le gouvernement reconnaitra que l’accès à l’information, qui ne devrait être soumis qu’à une restriction très étroites autorisées en vertu du droit international, est un atout pour les sociétés démocratiques, et que les objectifs idéaux du maintien de la sécurité d’une part et de l’accès ouvert des citoyens d’autre part, ne sont en aucun cas mutuellement exclusives.

Traduit de l’anglais

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