Dans une déclaration conjointe, sept membres du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies ont exprimé leur inquiétude au sujet des « violations des droits de l’homme en Iran, qui ont gardé la même intensité pendant trois décennies », et ont vivement conseillé à « tous les pays de faire du respect des droits de l’homme une condition préalable à leurs relations avec l’Iran ».
« Les refugiés iraniens à l’étranger font face à une variété d’actions malveillantes et de mesures répressives de la part du régime iranien. Ashraf et Liberty, camps de réfugiés iraniens en Irak, qui en principe sont protégés par la Quatrième Convention de Genève, ont subi de nombreuses attaques ces dernières années sur ordre du régime iranien, et sont actuellement en état de siège. Depuis 2009, 143 habitants du camp ont été tués ou sont morts à cause du blocus médical imposé », affirme la déclaration.
Ci-dessous, le texte de la déclaration signée par sept membres du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies :
Les exécutions en Iran et la tendance croissante de violations systématiques des droits de l’homme sont un sujet de préoccupation majeur
Les violations des droits de l’homme en Iran ont gardé la même intensité pendant trois décennies. Avec 1800 exécutions depuis l’élection de Rohani, l’Iran détient le record mondial d’exécutions par habitant et il exécute le plus grand nombre de mineurs.
Amnesty International rapportait le 23 juin 2015 : « L’on estime que les autorités iraniennes ont exécuté le nombre stupéfiant de 694 personnes entre le 1er janvier et le 15 juillet 2015, lors un pic d’exécutions sans précédent dans le pays. »
Amnesty International poursuit : « Cela représente plus de trois exécutions par jour… Le bilan sidérant des exécutions pour la première moitié de l’année brosse un sinistre tableau de l’appareil d’État qui perpétue des tueries illégales et préméditées à grande échelle ».
L’Iran est le premier exécuteur de mineurs. Les exécutions d’individus issus de minorités ethniques et religieuses ont augmenté de façon regrettable. Un certain nombre de pasteurs chrétiens ont été emprisonnés pour avoir défendu leur croyance. Des fondements anti-démocratiques ont été inscrits dans la constitution et les lois du pays, de même que les violations des droits des minorités, de ceux des femmes, des droits civils.
L’Iran est la plus grande prison de journalistes au Moyen-Orient et détient actuellement des dizaines de journalistes. L’Iran est également le premier consommateur d’équipements servant à la censure et au filtrage d’internet, et le pays a bloqué environ cinq millions de sites internet dédiés à l’information, à l’art ou aux enjeux sociaux. Il censure également les blogs et les réseaux sociaux.
À l’été 1988, à la suite d’une fatwa ordonnée par Khomeiny, 30 000 prisonniers politiques ayant refusé de renier leur idéaux politiques ont été massacrés. Les organisations des droits de l’homme ont qualifié ce massacre de « crime contre l’humanité ». Ceux qui en sont responsables, y compris l’actuel Ministre de la Justice, occupent des fonctions haut placées dans le gouvernement de Hassan Rohani.
Le 5 août 2015, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme a partagé son inquiétude concernant la situation des droits de l’homme, en particulier celle des exécutions en Iran, et a affirmé : « Il y a longtemps que l’utilisation de la peine de mort par l’Iran est problématique. »
Son Excellence le Haut-Commissaire des Nations Unies Zeid Ra’ad Al Hussein a ajouté : « La condamnation à mort d’un individu pour l’exercice pacifique de sa liberté d’expression, de religion ou de croyance est un outrage absolu – et une évidente violation des droits de l’homme internationaux. »
« Je demande expressément au gouvernement iranien d’imposer immédiatement un moratoire sur toutes les exécutions, et de réfléchir avec nous et nos partenaires à des stratégies alternatives pour combattre le crime », a sollicité Zeid.
Les réfugiés iraniens vivant à l’étranger font face à une variété d’actions malveillantes et de mesures répressives de la part du régime iranien. Ashraf et Liberty, camps de réfugiés iraniens en Irak, qui en principe sont protégés par la Quatrième Convention de Genève, ont subi de nombreuses attaques ces dernières années sur ordre du régime iranien, et sont actuellement en état de siège. Depuis 2009, 143 habitants du camp ont été tués ou sont morts à cause du blocus médical imposé.
Nous, signataires de cette déclaration, partageons les préoccupations de Son Excellence le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et soutenons son appel du 5 août 2015.
Nous souhaitons vivement que soient mis en œuvre tous les instruments juridiques internationaux pour faire cesser les exécutions en Iran.
Nous demandons à tous les pays des Nations Unies de faire du respect des droits de l’homme une condition préalable à leurs relations avec l’Iran.
Signataires :
Jean Zeigler,
Mohamed Bennani
Alfred Ntunduguru Karokora
Chnagrok Soh
Oblora Chinedu Okafor
Hoda Elsadda
Anantonia Reyes Prado

