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Les eurodéputés réitèrent leur plein soutien aux habitants du camp d’Achraf et à une solution pacifique

Communiqué de presse, 16 décembre – 380 eurodéputés (une majorité ) ont apposé leur nom à une déclaration commune (ci-dessous), dans une vigoureuse condamnation de la décision du premier ministre irakien Nouri al-Maliki de fermer le camp d’Achraf à la fin de ce mois et d’en déplacer de force la population à l’intérieur de l’Irak. Ils ont appelé l’ONU à déployer ses forces pour protéger les habitants jusqu’à leur transfert vers des pays tiers. Tout arrangement de sécurité et “protection” venant de l’Irak n’est absolument pas acceptable. Toutes les étapes des entretiens du HCR et du processus d’entretien doivent se faire sous la protection des troupes américaines et de l’ONU. 

Le déplacement forcé de la population d’Achraf dans d’autres parties de l’Irak a été condamné par le Parlement européen dans sa résolution sur Achraf adopté le 24 avril 2009. Des milliers de parlementaires à travers le monde, ainsi que les plus hautes personnalités politiques en Irak, y compris le Vice-président irakien, le président du Parlement et le Vice-premier ministre, ont rejeté leur déplacement forcé et la violation de leurs droits les plus élémentaires.

Les efforts sans répit de Mme Maryam Radjavi et de la résistance iranienne pour trouver une solution pacifique sont particulièrement appréciés. Comme elle l’a écrit récemment au Secrétaire général de l’ONU : « Notre but est de sauver les vies des résidents d’Achraf. Ils constituent le plus grand trésor du peuple iranien. C’est pourquoi le régime iranien est déterminé à les détruire. »

Après ma visite en Irak et ma discussion avec Mme Radjavi à Paris, elle a convaincu les habitants d’Achraf d’accepter la proposition du Parlement européen pour une réinstallation dans des pays tiers malgré leur réticence initiale. De plus, elle a proposé 7 options et plans alternatifs. Elle a, à juste titre, insisté sur le fait qu’un déplacement forcé en Irak sans la protection des USA ou de l’ONU est un prélude à un massacre.

Dans ces circonstances, reprocher aux habitants et à la direction d’Achraf et aux responsables du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) leur opposition à un déplacement forcé sans protection et garanties internationales, est des plus irresponsables et ne fait que justifier les actions répressives de M. Maliki.  

Au Parlement européen, nous pouvons témoigner que l’OMPI a fait preuve d’un maximum de coopération pour tenter de sauver leurs collègues à Achraf. Les allégations comme quoi ils sont déterminés à rester à Achraf sont totalement fausses et servent à justifier leur massacre.

M. Maliki se sert de la “souveraineté” de l’Irak comme d’un prétexte pour tuer la population d’Achraf. Le gouvernement irakien a publiquement déclaré que ces gens n’ont aucun statut légal et donc aucun droit. La souveraineté entraine la responsabilité de protéger tous ceux qui vivent dans un Etat. L’Irak a violé ses obligations. Par conséquent, selon le principe de Responsabilité de Protéger (RdeP) adopté par l’ONU en 2005, la communauté internationale et l’ONU ont l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour protéger les habitants d’Achraf. Ce que nous avons en Irak en ce moment c’est en réalité, la « souveraineté » du régime iranien.

Struan Stevenson eurodéputé
Président de la Délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Irak

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Texte de la déclaration signée

Appel pour l’annulation du délai pour la fermeture du Camp d’Achraf
Afin de prévenir une catastrophe humaine majeure

Les vies de 3400 opposants iraniens, dont 1000 femmes, résidents du Camp d’Achraf en Irak, sont en danger. Le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a annoncé de manière unilatérale que le camp devait être fermé d’ici à la fin de 2011. Cela pourrait servir de prétexte pour un massacre à grande échelle.

Depuis 2009, au cours de deux attaques meurtrières, les forces irakiennes, sous l’injonction du régime iranien, ont tué 47 réfugiés sans armes et sans défense, dont 8 femmes, blessant des centaines d’autres. Au cours des deux dernières années, les forces irakiennes ont infligé aux résidents du camp une torture psychologique quotidienne, en utilisant 300 haut-parleurs qui crachent jour et nuit des menaces et insultes surtout contre les femmes, ce qui s’ajoute aux restrictions imposées à l’accès aux combustibles et aux soins médicaux. Au moins 12 patients sont décédés au cours des derniers mois, la conséquence directe du blocus médical inhumain du camp. Depuis septembre, deux puissantes stations de brouillage électronique des communications ont été installées autour du camp et qui pourraient être utilisées pour garder le monde extérieur dans le noir en cas d’une nouvelle attaque.

Dans une résolution adoptée en avril 2009, le Parlement européen appelait le premier ministre irakien à s’abstenir de déplacer par la force, déporter, expulser ou rapatrier les résidents d’Achraf ; et dans une déclaration adoptée en novembre 2010 appelait les Nation Unies à assurer d’urgence la protection du Camp d’Achraf. Néanmoins, le gouvernement irakien n’a pas autorisé une mission officielle de la Délégation pour l’Irak du Parlement européen qui s’est rendue en Irak en avril, de visiter le camp.

Une proposition du Parlement européen destinée à trouver une solution pacifique de long terme pour les résidents d’Achraf a reçu un vaste soutien international. Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés a annoncé récemment que les résidents d’Achraf bénéficiaient d’une protection en tant que demandeurs d’asile. Pour avoir le temps nécessaire pour conduire des entretiens individuels avec chacun des résidents afin de déterminer leur statut de réfugié, les Nations Unies ont demandé l’Irak de prolonger son délai pour permettre à l’ONU de réaliser ce processus. L’Irak a jusqu’à présent rejeté cette idée et le premier ministre Al-Maliki a réitéré récemment son objectif de mettre fin à la présence d’Achraf d’ici à la fin de 2011. Le régime iranien et ses acolytes en Irak veulent en effet exploiter cette date butoir, qu’ils ont inventée unilatéralement, pour faire obstacle à une solution pacifique pour la situation des résidents d’Achraf.

Dans une déclaration adoptée le 6 octobre 2011, plus de 100 membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe ont appelé l’Irak à annuler le délai qu’il a fixé pour la fermeture d’Achraf.

L’annonce récente faite par le Président Obama sur le retrait de toutes les forces américaines de l’Irak d’ici au 31 décembre 2011, a rendu la situation encore plus dangereuse pour les résidents d’Achraf, à moins qu’une action urgente soit entreprise par tous.

Dans ces condition et tout en exprimant notre reconnaissance et soutien à l’initiative précieuse prise par la Haute Représentante de l’Union européenne en nommant l’Ambassadeur Jean de Ruyt comme Représentant spécial pour les affaires d’Achraf, nous demandons instamment la Baronne Ashton, l’Union européenne et ses Etats membres, ainsi que les Etats-Unis et les Nations Unies de prévenir une catastrophe humaine majeure en dénonçant la date butoir susmentionnée et en contraignant le gouvernement irakien à la repousser jusqu’à la fin du transfert final de tous les résidents aux pays tiers. Nous appelons également les Nations Unies et le Conseil de Sécurité à installer une équipe permanente de surveillance à Achraf pour assurer la protection des résidents jusqu’à leur transfert aux pays d’accueil alternatives.

Cette déclaration a été signée par plus de 380 MdPE.

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