mardi, novembre 29, 2022
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Les Etats-Unis doivent empêcher le gouvernement irakien de violer les droits des Achrafiens

CNRI – « Le communiqué du 13 septembre du HCR sur le statut légal des résidents d’Achraf souligne la responsabilité de l’ONU, de la MANUI et de la Haut commissaire des droits de l’homme Mme Pillay. Il appelle aussi le gouvernement irakien à prolonger son délai pour fermer Achraf. C’est une démarche cruciale mais insuffisante », a déclaré Maryam Radjavi à Genève le 21 septembre.

La présidente élue de la résistance iranienne s’exprimer au siège européen de l’ONU dans une conférence en marge du Conseil des droits de l’homme sur les obligations de l’ONU vis-à-vis du camp d’Achraf. La conférence accueillait Alejo Vidal-Quadras, Vice-président du Parlement européen, Struan Stevenson, président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Irak (qui a présenté un plan européen pour résoudre la crise d’Achraf), le Pr. Ruth Wedgwood, juriste, Sid Ahmed Ghozali, ancien premier ministre algérien, Nontombi Tutu, militante des droits humains et fille de l’archevêque Desmond Tutu, Madeleine Rees, Secrétaire générale de la Ligue internationale des Femmes pour la Paix et la liberté, Christiane Perregaux, co-présidente de l’Assemblée constituante du Conseil de Genève, Gianfranco Fattorini, co-président du MRAP, Marc Falquet, député au Grand Conseil de Genève, et le pasteur Daniel Neeser. Cette réunion était présidée par Michel Joli, secrétaire général de la fondation France Libertés – Danielle Mitterrand.

Voici l’intervention de Maryam Radjavi :

C’est un grand moment de se trouver ici d’autant plus que sans votre soutien à la résistance iranienne, cela n’aurait pas été possible. Alors que nous nous trouvons dans ce bâtiment de l’ONU, souvenons-nous des valeurs que ce siège représente : l’espérance dans un monde de sauvegarde des droits humains, de la paix, de la démocratie et de la prévention du génocide. Il y a 66 ans, l’ONU a été créée pour protéger et incarner les souhaits des peuples nécessitant la sécurité et la dignité, pour être la voix de ceux que l’on n’entend pas.

Avec le développement du printemps arabe dans la région, quel devrait être le rôle de l’ONU ? Je pense qu’en cette période historique, l’ONU porte de plus grandes responsabilités. Dans le cas de l’Iran et du peuple iranien, ces obligations sont tout aussi importantes. C’est même encore plus crucial, car le régime clérical iranien est le pire du genre de l’histoire actuelle. Il peut détourner les acquis du printemps arabe. Je vais donc focaliser mon intervention sur une question axiale : Pourquoi l’ONU met-elle du retard à remplir ses obligations morales, éthiques et historiques vis-à-vis de ces défis ?

Mais avant de répondre, j’aimerais exprimer ma gratitude aux organisateurs de cette conférence, qui va traiter des droits de l’homme en Iran et de la question vitale d’Achraf. Je souhaiterais aussi exprimer ma gratitude à Mme Mitterrand, grande Première Dame des droits humains qui a toujours été à la pointe de la défense du peuple iranien et de sa résistance.

Je suis heureuse de voir nos hôtes distingués venus soutenir les droits de l’homme et la liberté en Iran. En particulier le Dr. Alejo Vidal Quadras, Vice-président du Parlement européen, Struan Stevenson et Paulo Casaca, qui ont courageusement mené la campagne internationale en défense d’Achraf.

La Résistance iranienne a un profond respect pour la liberté, les droits de l’homme, la paix et le droit d’asile. Les Nations Unies sont clairement chargées de sauvegarder ces valeurs. Plus de 120.000 membres de la Résistance ont sacrifié leur vie dans la lutte pour ces valeurs contre le fascisme religieux au pouvoir en Iran. Je rêve qu’un jour, notre patrie l’Iran, sera une terre de liberté, de démocratie, d’égalité de paix et de coexistence. Une terre où l’état de droit et le respect des droits humains et du droit international seront établis.

Le peuple iranien attend de l’ONU qu’elle se tienne à ses côtés dans sa lutte.

Cependant, alors que l’ONU continue à ne pas réagir à la montée des exécutions en Iran et de la répression à Achraf, il est inacceptable pour le peuple iranien que le président criminel des mollahs soit reçu à l’Assemblée générale de l’ONU. C’est en contradiction avec la raison d’être de l’ONU. Dimanche dernier, les mollahs ont pendu 23 personnes en une seule journée. En huit mois, 490 personnes ont été exécutées. Les manifestations sont violemment réprimées. Récemment, des centaines de personnes ont été arrêtées lors des manifestations à Oroumieh et à Tabriz dans le nord-ouest de l’Iran. Les prisonniers, spécialement les parents des résidents d’Achraf, sont maltraités et tués sous la torture.

Au vu de tout ceci, il est regrettable que la Haut commissaire des droits de l’homme de l’ONU, Mme Pillay, n’ait pas mentionné les graves violations des droits humains en Iran au Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Les événements au Moyen-Orient et la chute des dictateurs ont clairement convaincu Khamenei qu’il doit rapidement se doter de la bombe atomique et renforcer sa position en Irak. Son principal objectif est de réprimer les soulèvements en Iran, avec Achraf au centre.

Le camp d’Achraf est le bastion de l’espoir du peuple iranien et ne peut être séparé des soulèvements populaires en Iran. C’est à la suite de chaque soulèvement en Iran, que les mollahs ont attaqué Achraf.

Le mois dernier, le Pr. Jean Ziegler, vice-président du Comité consultatif des droits de l’homme de l’ONU, a qualifié Achraf de point focal des valeurs démocratiques qui sape continuellement la légitimité de la tyrannie en Iran.

C’est pourquoi le complot pour détruire Achraf continue de la manière la plus inhumaine.

Le communiqué du 13 septembre du HCR sur le statut légal des résidents d’Achraf souligne la responsabilité de l’ONU, de la MANUI et de la Haut commissaire des droits de l’homme Mme Pillay. L’agence onusienne a déclaré les Achrafiens comme demandeurs d’asile. Il souligne que le droit international exige qu’ils bénéficient d’une protection de base pour leur sécurité et leur bien-être. Il appelle aussi le gouvernement irakien à prolonger son délai pour fermer Achraf. C’est une démarche cruciale mais insuffisante.

Etant donné qu’il n’y a pas d’état de droit ou de respect du droit international en ce moment en Irak, il revient comme premier devoir et première responsabilité à la communauté internationale de sauvegarder ces besoins dans la pratique. 

1- Il est crucial que le Secrétaire général de l’ONU et la MANUI prennent des mesures pratiques pour garantir une protection d’Achraf reconnue sur le plan international. Cela se ferait sur les instructions du Secrétaire général. Il est nécessaire de déclarer Achraf comme une zone civile sous surveillance de l’ONU. Il devra ensuite ordonner l’installation d’une équipe d’observateurs de l’ONU à Achraf. Si l’équipe de l’ONU n’avait pas quitté Achraf en juillet 2010, le massacre du 8 avril n’aurait pas eu lieu ou aurait été très limité.

2- Le HCR doit reconnaître à tous les Achrafiens le statut de réfugié politique pour empêcher les attaques du régime iranien et de ses agents irakiens.

3- Les Etats-Unis doivent participer à assurer et mettre en œuvre les protections stipulées dans le communiqué du HCR et en particulier empêcher le gouvernement irakien de violer les droits des Achrafiens, tout en fournissant les mesures de protection nécessaires pour permettre à l’équipe d’observateurs de l’ONU de remplir sa mission. Il est clair que jusque là, les USA ont été négligents vis-à-vis de leurs obligations de protéger les Achrafiens. Ce manquement de la part des Etats-Unis augmente la responsabilité de l’ONU vis-à-vis des résidents d’Achraf et ne la réduit pas. Si les Etats-Unis continuent de refuser de protéger l’équipe de l’ONU à Achraf, la Résistance iranienne est prête à assumer le coût de la protection des observateurs onusiens. Je voudrais aussi appeler le gouvernement suisse en tant que gardien des Conventions de Genève à prendre des mesures urgentes pour garantir la protection des Achrafiens.

Enfin, je voudrais partiellement mentionner quelques points qui n’ont pas été résolus par le HCR depuis le massacre du 8 avril à Achraf. Si l’enquête sur la tuerie du 8 avril, sur laquelle Mme Pillay avait insisté, était aujourd’hui terminée, une grande partie des pressions inhumaines exercées sur les Achrafiens n’existeraient plus.
– Le recours à 300 haut-parleurs pour la torture psychologique sur les Achrafiens.
– L’installation de stations d’écoutes et de parasites électroniques autour du camp.
– Priver les blessés et les malades de soins médicaux, 
et bien d’autres points. Ne s’agit-il pas là de violations majeures des droits de l’homme ?

L’ultimatum pour la fermeture d’Achraf à la fin 2011 fixé par le gouvernement irakien est un avertissement pour un autre massacre à venir. Le HCR a gardé un silence total sur l’ultimatum du gouvernement irakien pour fermer Achraf. Même dans ses rapports au Conseil des droits de l’homme en juin et en septembre 2011, le HCR n’a mentionné aucune des exactions faites en Iran et à Achraf. Le HCR ne répond pas aux parents des habitants d’Achraf. Voilà 150 jours que des centaines d’Iraniens et de familles d’Achrafiens font un sit-in devant les agences onusiennes à Genève pour demander une protection internationale pour le camp. Nous appelons les USA, l’UE et le gouvernement suisse à protéger les Achrafiens jusqu’à ce qu’une solution pacifique et durable soit trouvée.

Il faut mettre fin au silence sur les exécutions et la torture des prisonniers politiques iraniens. La Résistance iranienne demande le renvoi des violations des droits humains par le régime iranien devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

Je vous remercie.

 

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