jeudi, décembre 8, 2022
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Les banques européennes sceptiques à l’idée de renouer les relations commerciales avec l’Iran

Les banques européennes sceptiques à l’idée de renouer les relations commerciales avec l'Iran

Avec Reuters – Les banques européennes, dont certaines ont été sanctionnées dans le passé pour avoir enfreint les sanctions imposées à l’Iran, sont sceptiques à l’idée de renouer des relations commerciales avec le pays. Elles se sont montrées très prudentes depuis la levée de certaines sanctions en janvier.

Les assurances du secrétaire d’Etat américain John Kerry ne suffit pas à les encourager. « Nous voulons dire clairement que des activités légitimes, qui sont définies de manière claire dans l’accord, sont accessibles aux banques », avait-il dit jeudi en marge de la conférence contre la corruption organisée par le Premier ministre britannique David Cameron à Londres.

Neuf dirigeants des premières banques européennes étaient présents aux côtés du secrétaire au Foreign Office Philip Hammond, de l’émissaire américain au Commerce en Iran Norman Lamont.

Le président du directoire de Deutsche Bank, John Cryan, le patron des opérations britannique de HSBC Antonio Simoes, ainsi que David Mathers, directeur financier du Credit Suisse faisaient partie des participants.

Des responsables de Standard Chartered et BNP Paribas, deux établissements qui ont été condamnés à des amendes de plusieurs milliards de dollars pour avoir enfreint les restrictions commerciales, étaient aussi présents.

Dans le cadre de l’accord de Vienne de juillet 2015, le régime iranien a accepté de limiter ses activités nucléaires en échange d’une levée des sanctions internationales à son encontre.

Mais les banques américaines ont toujours interdiction de commercer avec l’Iran, directement ou indirectement, dans le cadre de sanctions distinctes imposées par Washington à Téhéran pour soutien au terrorisme et violations des droits de l’homme.

Les Etats-Unis interdisent par ailleurs aux banques étrangères de régler leurs transactions en dollars avec l’Iran par l’intermédiaire d’une banque américaine.

Il n’est pas certain que les encouragements de John Kerry suffisent à rassurer les banques européennes.

La Société générale a déclaré qu’étant donné les « incertitudes persistantes », le groupe français ne comptait pas reprendre d’activités commerciales avec l’Iran. « Les différences entre les systèmes américain et européen entraînent des risques opératoires pour les établissements financiers », ajoute la banque.

Les mesures américaines ne sont pas les seules sources des réticences des banques et des entreprises occidentales à aller s’implanter en Iran. Selon un rapport présenté par le ministère des affaires étrangères iranien au Majlis (le parlement des mollahs) le climat interne du régime est le principal obstacle aux entreprises étrangères.

Ce rapport publié le 17 avril 2016 par l’Agence Fars précise : « Si une compagnie arrive à cette conclusion qu’un pays n’est pas sûr pour y investir, pour faire des affaires ou pour une quelconque coopération économique, la compagnie ne va pas y investir, ne va pas procéder à des transferts de technologie, ne va pas s’engager dans de grands projets et ne va pas conclure des contrats importants. Au maximum, l’entreprise se contentera de faire des affaires à court terme et à petites volumes. ». Le rapport conclut :

« Les compagnies étrangères sont avant tout et plus que tout à la recherche d’intérêts économiques. Elles vont hésiter si elles ont le moindre doute sur la sécurité et la sureté d’un espace économique. D’autres facteurs comme la corruption, le manque de transparence, la pratique du blanchiment d’argent et la rigidité des lois peuvent augmenter les doutes d’une compagnie à développer ses activités dans un pays. Pour éviter ces problèmes, il faut réformer les lois, il faut lutter contre la corruption et il faut créer une atmosphère psychologique rassurante et propice aux investissements étrangers. »

Le rapport rappelle au passage : « Actuellement, la situation au Moyen-Orient est agitée et il n’y a pas de certitude que toutes les parties respectent les engagements qu’elles ont pris dans le cadre de l’accord nucléaire. Par conséquent, beaucoup de compagnies attendent que le temps passe pour voir dans quelles mesures chaque partie respectera ses engagements. »

La poursuite des ingérences iraniennes en Syrie et d’autres pays de la région, l’absence de signe de décollage économique et de réforme social et politique à l’intérieur, la domination de l’économie par les gardiens de la révolution et surtout les affrontements et rivalités entre factions du pouvoir, continuent à renforcer cette « atmosphère psychologique » peut « propice aux investissements étrangers » dans ce pays.

 

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