vendredi, décembre 9, 2022
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L’émissaire de l’ONU consigne des exilés iraniens en «prison» dans un accord honteux avec Téhéran

Par Christopher Booker  

The Sunday Telegraph, 28 janvier – Une semaine avant Noël, j’ai parlé de ce qui semblait être une tragédie imminente. En Irak, 3300 exilés iraniens non armés, vivant depuis les années 1980 au camp d’Achraf, une joli ville qu’ils ont construite dans le désert près de la frontière iranienne, étaient menacés d’un massacre le 31 décembre.

La menace venait du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, agissant de concert avec ces assassins des gardiens de la révolution iraniens qui considèrent les Moudjahidine du peuple d’Iran (l’OMPI), membres du Conseil national de la Résistance iranienne, comme leurs ennemis jurés. Alors que la date butoir approchait, à la suite d’intenses activités diplomatiques, et pas des moindres de la part du gouvernement américain (qui a donné une garantie écrite de protection à chacun des résidents d’Achraf en 2003, en échange de leurs armes), l’ONU a signé un accord avec le gouvernement irakien, négocié par le représentant spécial de l’ONU en Irak, Martin Kolber, un ancien diplomate allemand.

Les résidents d’Achraf seraient transférés  au camp Liberty, une ancienne base américaine d’une surface de 25 miles2 , près de Bagdad, d’où l’ONU organiserait leur transfert vers des pays tiers. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton s’en est félicitée le jour de Noël.

Il est ensuite apparu qu’il serait permis aux 3300 exilés d’occuper seulement un petit coin du camp Liberty, à peine un quart de mile2, entièrement pillé, sans eau courante et autour duquel les Irakiens ont érigé un mur de béton de 4 m de haut. Ils ne seraient pas autorisés à amener leurs véhicules ou affaires personnelles, ou encore de sortir du camp. Loin de se voir donner ce qui semblait un abri sûr, ils devraient attendre leur sort entassés dans ce que la semaine dernière le Conseil de l’Europe a dénoncé comme «une prison», surveillés à l’intérieur et à l’extérieur par des gardes armés irakiens et iraniens.

Le plus scandaleux le mois dernier, a été le rôle joué par M. Kolber de l’ONU, qui loin de protester contre cette trahison, a rencontré à Bagdad l’ambassadeur iranien, lui-même un haut commandant des gardiens de la révolution. Après la rencontre, il a annoncé d’abord que 750, puis 1250 exilés étaient prêts à retourner en Iran. Il n’y a rien qu’ils puissent redouter davantage, car ils savent qu’ils y seront soit emprisonnés soit tués. Mais les propos de Kobler ont été claironnés par Téhéran comme une victoire, et l’impasse mortelle reste en vigueur.

Le général David Phillips, l’ancien chef de la police militaire américaine, qui a donné aux résidents d’Achraf ces garanties personnelles sur leur sécurité, s’est dit préoccupé par ces développements. Il est désormais rejoint dans ses protestations contre cette trahison par un éventail de hautes personnalités internationales, comme Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York.

Mais sur la base de quelle autorité un responsable de l’ONU pourrait passer un tel accord inhumain? Et pourquoi notre gouvernement semble-t-il fermer les yeux sur ce qui se passe? Le Foreign Office m’a récemment confirmé qu’il considère toujours l’OMPI comme terroriste, en dépit du fait qu’il lui a  été signifié en 2008 qu’elle devait être radiée de sa liste des organisations terroristes, quand le Lord Chief Justice Philips a statué qu’il n’avait pas été en mesure de produire la moindre preuve pour justifier cette accusation. A quel jeu obscur sont-ils donc tous en train jouer – en notre nom?

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