jeudi, décembre 8, 2022
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Législative en Iran – Eclairage sur les élections en Iran (Interview)

 Législative en Iran – Eclairage sur les élections en Iran (Interview)

Quel est l’impact et l’enjeu des élections en Iran après le deuxième tour pour désigner 68 sièges sur 290 que compte l’assemblée du Conseil islamique (le Majlis).

Le scrutin s’est déroulé dans 21 provinces et 55 circonscriptions à travers le pays, notamment de grandes villes comme Tabriz (nord-ouest), Chiraz (sud) ou Ahvaz (sud-ouest) sous une tension parfois violente pendant la campagne.

Nous attirons votre attention sur l’éclairage d’Afchine Alavi membre de la commission des affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne sur ces élections sur dans le site Iran Focus.

Q. Comment analyser-vous les résultats des récentes élections en Iran ?

Ces élections ne sont pas dignes de ce nom, d’abord parce qu’aucune force d’opposition réelle ne peut y participer. C’est une sélection parmi les clans internes au pouvoir. Par ailleurs, la suppression massive par le Conseil des gardiens sous contrôle du Guide suprême, des figures du clan adverse qui furent écartées du scrutin, a fait perdre toute capacité à créer la surprise. Du coup, pour remplacer les candidats censurés sur des listes présentées par des proches de Rohani, on est allé repêcher des conservateurs bien affirmés ou des illustres inconnus, également inconnus dans leurs convictions !

Par conséquent, les élections qui se sont déroulées en Iran le 26 février et dont le deuxième tour vient de se dérouler deux mois plus tard n’ont pas de véritable vainqueur, mais ont un perdant : la stabilité du régime. On peut dire avec certitude qu’aucune tendance n’obtient une majorité absolue des 290 sièges.

Le pouvoir au sein de l’assemblée des mollahs (le Majlis) s’émiette entre des factions périssables qui ne sont même pas des partis politiques : celle des ultra-conservateurs dit « fondamentalistes », des conservateurs, toujours pro-Khamenei, qui se présentent sous l’étiquette « indépendants », des soi-disant « réformateurs », et enfin ceux qui se font appeler « modérés » sans avoir la moindre apparence correspondant à la modération ; ces deux derniers se sont présentés sur une liste commune mais très contradictoire et tout autant volatile appelée «Espoir, Sérénité, Prospérité économique».

Certains médias occidentaux se sont empressés de saluer une victoire du gouvernement de Rohani. Mais la réalité est beaucoup plus complexe. L’absence de partis politiques fait que ces listes sont extrêmement poreuses et superficielles. Par ailleurs le régime étant fondé sur le principe du pouvoir absolu d’un Guide suprême, l’affaiblissement du clan et du statut du Guide ne bénéficie pas à une faction, mais déstabilise l’ensemble du système.

Le résultat est loin de bouleverser la donne politique au sein du Majlis, encore moins pour le pays. Le Majlis n’a jamais été déterminant dans le système de la « République islamique » compte tenu de la présence d’un Guide suprême au-dessus des lois et d’un Conseil des Gardiens capable de valider ou de rejeter les décisions de cette assemblée.

Q. Qu’en est-il de la participation ?

En ce qui concerne le premier tour, le régime a annoncé officiellement une participation de 33 millions sur les 55 millions d’électeurs soit 62% de participation. Pour le deuxième tour il y avait 17 millions d’électeurs potentiels mais la participation était moindre. Il est évident qu’en absence de contrôle international il est extrêmement difficile de valider ces chiffres avancé par un régime si peu fidèle à la vérité. Les mises en scènes habituelles et les queues formées devant certains bureaux médiatisés, du fait du nombre élevé au premier tour des noms à inscrire pour les deux assemblées – ce qui prenait pour chaque électeur plus d’une demi-heure à écrire les noms – ne trompent personne.

Mais les contradictions apparaissent très vite dans les détails. Par exemple le ministère de l’intérieur a compté dans ses chiffres 3,5 millions de bulletins blancs comme autant de participant. Les chiffres réels non publiés du ministère de l’intérieur inquiète sérieusement le régime avec environ plus de 40 millions d’abstention, les électeurs ont donc boudé le régime. Dans la capitale 20% d’électeurs ont seulement fait le déplacement. Le plus inquiétant pour les dirigeants de cette théocratie est que le taux d’abstention dans les quartiers pauvres de Téhéran a été plus important encore. Outre les militaires et fonctionnaires et tous ceux contraints à voter pour survivre, beaucoup de ceux qui ont participé ont affirmé de l’avoir fait pour barrer la route au Guide suprême, mais sans aucune illusion où sympathie pour Rohani.

Q. Peut-on quand même parler d’une percée des alliés de Rohani ?

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