CNRI – « Nous devons arrêter ce jeu ridicule de «cache-cache», abandonner la politique de complaisance qui est un échec et affronter les mollahs avant qu’ils ne gagnent l’hégémonie au Moyen-Orient. Et cela ne signifie pas une invasion armée. Cela signifie soutenir la principale opposition pour renverser la dictature fasciste. Cela veut dire radier l’OMPI et le CNRI de la liste terroriste des États-Unis. Il s’agit de reconnaître l’importance symbolique et fournir une protection aux courageux résidents du camp d’Achraf », a déclaré l’eurodéputé écossais Struan Stevenson le 25 janvier à Bruxelles.
Le président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Irak s’exprimait dans une conférence transatlantique intitulée « le camp d’Achraf et la politique vis-à-vis de l’Iran ». Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, y recevait de hauts responsables des administrations Clinton, Bush et Obama, ainsi que des leaders politiques européens et de grandes figures du droit international et de la défense des droits de l’homme. On peut nommer le général Jones, ancien conseiller à la sécurité nationale du président Obama, Bill Richardson, ambassadeur américain à l’ONU sous le président Clinton, Dell Dailey, coordinateur du contre-terrorisme au département d’Etat jusqu’en avril 2009, Michael Mukasey, ancien ministre de la Justice du président Bush, John Bolton, ancien Sous-secrétaire d’Etat, une haute délégation de parlementaires européens sous l’égide du vice-président du PE Vidal Quadras, ou encore Irene Khan, Secrétaire générale d’Amnesty International jusqu’en décembre 2009.
Voici l’intervention de M. Stevenson :
La semaine dernière au Parlement européen à Strasbourg nous avons eu un débat d’urgence sur la situation en Iran, avec un accent particulier sur l’emprisonnement brutal de Nasrine Sotoudeh, la courageuse avocate des droits humains qui a défendu beaucoup d’innocents injustement condamnés et exécutés par le régime fasciste en place. Sa condamnation scandaleuse à 11 ans de prison pour avoir fait son travail est une insulte à la justice humaine.
Nous avons vigoureusement condamné les fascistes de Téhéran lors de notre débat. En effet il est rare désormais qu’une session plénière mensuelle de notre Parlement siège sans une sorte de débat sur l’Iran. En décembre, nous avons obtenu l’adoption, à la majorité absolue du Parlement européen (400 députés), d’une déclaration écrite demandant la fin du blocus et de l’oppression des réfugiés sans défense du camp d’Achraf.
J’ai dit dans le débat la semaine dernière que j’avais eu l’intention de comparer la République islamique d’Iran à l’Allemagne nazie, mais en fait, à bien des égards, c’est pire. Les mollahs ont pendu 88 personnes jusqu’à présent cette année. Dix ont été pendues en une journée la semaine dernière, mais d’abord ils ont été sauvagement fouettés avant d’être traînés à la potence.
Toute personne qui tente de révéler ces méfaits, comme Nasrine Sotoudeh, est immédiatement ciblée. Les mollahs en sont maintenant à arrêter, torturer et pendre les parents des réfugiés d’Achraf. Rendre visite à votre fils ou votre fille est suffisant pour vous assurer une condamnation à mort lorsque vous revenez en Iran, comme nous l’avons vu avec l’horrible assassinat judiciaire d’Ali Saremi à la fin de décembre. Les mollahs tentent désespérément de s’accrocher au pouvoir en utilisant la peur et la brutalité comme leur unique mécanisme de contrôle viable sur une population de plus en plus volatile et traumatisée.
Dans une tentative pathétique d’afficher son dédain, le régime criminel de Téhéran qualifie l’OMPI de «groupuscule terroriste», comme s’il s’agissait d’une nuisance minuscule et insignifiante pour être négligemment écrasée comme un moustique. Et pourtant ce soi-disant «groupuscule», ce petit moustique agaçant, figure en tête de chaque ordre du jour à chaque réunion entre les mollahs et leurs voisins irakiens, ou à chaque réunion avec les représentants de l’UE et des États-Unis.
En fait ils redoutent l’OMPI autant qu’ils la détestent. Ils la craignent, car c’est la seule opposition réaliste à leur régime fasciste et corrompu. Les réseaux de l’OMPI en Iran sont ceux qui ont risqué leur vie pour révéler les plans nucléaires agressifs du régime à l’Occident. Chaque pas des tyrans de Téhéran est surveillé et rapporté au monde extérieur par l’OMPI. C’est pourquoi la cible numéro un des mollahs est ce symbole emblématique de la résistance : le camp d’Achraf et ses 3.400 habitants courageux.
Nous connaissons parfaitement tout le mal que s’est donné Khamenei pour empêcher le retrait de l’OMPI de la liste des organisations terroristes de l’UE. Je sais par ma propre expérience combien ils sont devenus hystériques quand nous avons invité Mme Radjavi à venir au Parlement européen pour s’adresser au PPE, le groupe politique majoritaire.
A cette époque, Javier Solana était notre Haut Représentant pour les Affaires étrangères et il lançait des appels urgents à Angela Merkel, José Luis Rodríguez Zapatero, Nicolas Sarkozy, Silvio Berlusconi et Wolfgang Schüssel – alors chancelier de l’Autriche – et la quasi-totalité des principaux dirigeants en Europe pour déclarer ouvertement que Téhéran menaçait de mettre fin aux négociations sur le nucléaire, si nous persistions à recevoir Mme Radjavi.
J’ai moi-même reçu des appels téléphoniques menaçants de personnes prétendant être de hauts fonctionnaires du Foreign Office à Londres, mais qui par la suite se sont avérées être des agents de renseignement du MI6. Il est étrange que la dirigeante en exil de cet insignifiant « groupuscule » mérite une telle hystérie à Téhéran !
Mais nous avons gagné ces batailles. Nous avons résisté à la pression. Nous avons invité Mme Radjavi au Parlement. Nous avons dénoncé les mensonges et les distorsions utilisés pour justifier l’inscription de l’OMPI sur les listes noires britanniques et de l’UE et nous avons remporté des affaires judiciaires successives avant de forcer finalement les Britanniques et l’Union européenne à retirer l’OMPI de leurs listes et à la réhabiliter en tant que militants admissibles pour la liberté et la démocratie. Nous avons dénoncé la misérable politique de complaisance qui a conduit à la liste du terrorisme en premier lieu et qui à ce jour encore imprègne et empoisonne notre stratégie dans la manière de traiter avec le régime iranien funeste.
Maintenant, comme un chien enragé acculé, menaçant et mordant tout ce qui est à sa portée, le régime prétend même que le soulèvement qui a suivi la réélection volée d’Ahmadinejad a été l’œuvre de l’OMPI. Ils décrivent l’OMPI comme un «groupuscule», mais c’est clairement un «groupuscule» qui a des pouvoirs impressionnants – un moustique qui a une piqûre mortelle – aux yeux de Téhéran. Mais cela ne devrait pas surprendre ceux d’entre nous qui ont suivi les progrès des mollahs depuis le renversement du chah. Comme la majorité des citoyens iraniens, nous savons qu’il n’y a pas d’alternative réaliste à l’intérieur du régime.
Mir Hossein Moussavi est devenu la figure de proue du mouvement vert comme une opposition par défaut à Ahmadinejad, après la fraude électorale flagrante. Mais au moment qui comptait le plus, le poltron extrémiste des années 1980 a même trahi ses propres partisans, afin de sauver sa peau. Désormais, il n’a plus de raison d’être s’agissant de l’opposition aux mollahs.
Le véritable espoir de dizaines de millions d’Iraniens est l’OMPI et c’est pourquoi elle est crainte et détestée par Téhéran. Les mollahs croient qu’ils peuvent manipuler l’Occident, mais ils ne savent pas comment s’y prendre avec l’OMPI. Ils jouent avec l’Occident, en zigzaguant à travers une succession d’entretiens, toujours pour gagner du temps, étirant l’obsession de l’Ouest pour le dialogue à tout prix, tandis que dans les bunkers et les caves secrètes en Iran, ils s’agitent follement pour continuer de produire leur première ogive nucléaire viable.
Et on s’y laisse prendre encore et encore. La baronne Ashton a quitté Istanbul les mains vides le week-end dernier. Si nous continuons à jouer avec le temps, nous finirons par payer pour le temps et nous le payerons très cher. Un Iran doté de l’arme nucléaire sera une menace mondiale.
Alors que l’Occident continue de jouer à ces jeux idiots, l’Iran déploie sa mauvaise influence à travers le Moyen-Orient. Nous avons offert l’Irak aux mollahs sur un plateau d’argent. Maintenant, des milliers d’agents formés du régime iranien ont infiltré toutes les strates de la société irakienne. La même chose au Liban.
Iran n’hésite plus à déclarer publiquement que sa ligne de défense avancée passe désormais dans « le Liban et la Palestine ». Dans la pratique, la frontière libano-israélienne est en fait la frontière d’Israël avec l’Iran.
Pour l’Iran, le Hezbollah sert de modèle vivant et fructueux à des révolutions, modèle qui se reflète dans d’autres organisations comme le Hamas, le Jihad islamique et d’autres organisations terroristes palestiniennes, ainsi que des organisations extrémistes chiites en Irak, formées par le Hezbollah libanais. Le Hezbollah est nourri par la montée en puissance et le pouvoir de l’Iran et s’appuie sur ses succès. Les deux parties reconnaissent que la chute de l’un signifierait aussi la disparition de l’autre.
Nous devons arrêter ce jeu ridicule de «cache-cache», abandonner la politique de complaisance qui est un échec et affronter les mollahs avant qu’ils ne gagnent l’hégémonie au Moyen-Orient. Et cela ne signifie pas une invasion armée. Cela signifie soutenir la principale opposition pour renverser la dictature fasciste. Cela veut dire radier l’OMPI et le CNRI de la liste terroriste des États-Unis. Il s’agit de reconnaître l’importance symbolique et fournir une protection aux courageux résidents du camp d’Achraf.
Cela signifie cesser de parler aux despotes et commencer à écouter le peuple. Soutenir les masses iraniennes dans leurs efforts pour renverser cette tyrannie brutale et corrompue. Soutenir l’OMPI dans ses efforts pour instaurer la démocratie, la liberté, les droits des femmes et des droits de l’homme en Iran. Soutenir Mme Radjavi dans sa campagne pour débarrasser l’Iran des armes nucléaires et libérer son peuple de la peur constante de la torture et de la peine de mort
Il y a aujourd’hui 252 ans – le 25 janvier – naissait notre grand poète écossais Robert Burns. Burns détestait la tyrannie sous toutes ses formes. Permettez-moi de vous lire les deux derniers versets de son célèbre poème de louange au roi Robert le Bruce d’Ecosse. Je pense qu’il peut nous servir de cri de ralliement aujourd’hui:
De l’oppression et de ses peines
et pour nos fils qu’on enchaîne,
le sang coulant de nos veines
Doit nous affranchir.
Renversons l’usurpateur,
Les tyrans, leurs défenseurs!
LIBERTE pour nous c’est l’heure
de vaincre ou de mourir !

