jeudi, février 2, 2023
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Le retour en grâce des Moudjahidine du Peuple d’Iran

France 3 – Soir 3- 16 juin 2011: Le retour en grâce des Moudjahidine du Peuple. De terroristes pourchassés au début des années 2000, la justice française les reconnaît aujourd’hui comme résistants au régime iranien. Le 11 mai dernier la justice française a réhabilité les Moudjahidine du Peuple Iranien. Un changement radical, après des années de traque qui avait culminé avec la rafle d’Auvers-sur-Oise. Retour sur les coulisses de cette opération et sur les complicités françaises de l’époque.

Reportage de Luc Lagun-Bouchet et Noureddin Tahar:

Qui donne l’ordre de passer à l’action? Ce 17 juin 2003, 1300 policiers et gendarmes mènent l’opération antiterroriste la plus importante jamais lancée en France. La cible : l’OMPI, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran.

Nicolas Sarkozy: l’OMPI a voulu récemment faire de la France sa base arrière.

164 personnes sont interpellées, une vingtaine mise en examen. Pour protester contre l’incarcération de leur leader, Maryam Radjavi, des membres de l’organisation s’immolent dans différentes capitales européennes. Devant l’ampleur de la contestation, le patron de la DST, le contre-espionnage français organise, fait rarissime, une conférence de presse.

Pierre Bousquet de Florian: ça voulait dire que l’OMPI était en train de transformer son établissement d’Auvers-sur-Oise en nouveau QG mondial pour, à partir de là, organiser ses menées terroristes.

Huit ans plus tard, c’est justement à Auvers-sur-Oise que l’on retrouve Maryam Radjavi, entourée des cadres de son mouvement. Tous ont été blanchis des accusations de terrorisme.

Maryam Radjavi, Présidente du conseil national de la Résistance: ceux qui ont ordonné cette rafle, c’est-à-dire la rafle du 17 juin 2003, contre la résistance iranienne, doivent présenter des excuses au peuple iranien et au peuple français.

En avril 2003, deux mois avant le coup de filet, Jean-Claude Maurice, directeur du journal du dimanche accompagne le ministre des affaires étrangères à Téhéran. Pris pour un membre de la délégation française par le protocole, il assiste, contre toute attente, à l’entretien entre Dominique de Villepin et son homologue iranien.

Jean-Claude Maurice: ce que demandent les Iraniens c’est: « virez-les ! » Alors Dominique de Villepin dit qu’une opération sera lancée par Nicolas Sarkozy dans quelque temps. Et c’est ce qui va être fait, mais d’une manière tellement excessive par le juge Bruguière, qui va déployer des moyens hors de proportion, que l’affaire va tourner en capilotade et va être vraiment une tache sur la justice antiterroriste française.

Ancien directeur de la DST, Yves Bonnet, regrette quant à lui l’instrumentalisation du contre-espionnage français.

Yves Bonnet: M. de Villepin croit négocier avec son  homologue iranien cette opération, cette grande rafle sans précédent dans les annales de la DST. Et en contrepartie il obtiendra des avantages pour un certain nombre de sociétés françaises. Notamment Total.

Huit ans après, Maryam Radjavi savoure. Avec le non-lieu rendu le 11 mai dernier, la justice reconnaît la légitimité de son organisation. L’image de terroristes que la France lui a collée, laisse la place à celle de résistante au régime des mollahs.

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