samedi, février 4, 2023
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Le printemps arabe a besoin de l’été iranien pour survivre

Par David Amess

UPI, 6 juillet -– Alors que le Président syrien Bashar Al-Assad continue de défier les demandes du peuple syrien pour un changement et maintient une politique de massacre de son propre peuple, les preuves d’une dangereuse influence extérieure en Syrie sont apparues.

Cette influence extérieure n’est pas, telle qu’Assad l’a laissé entendre, celle de l’Occident dans les manifestations, mais plutôt le rôle inquiétant joué actuellement par le régime iranien dans les mesures de répression à l’encontre du peuple syrien.
 
La Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et d’autres responsables américains ont souligné le rôle croissant joué par le régime iranien en Syrie, notamment en fournissant des armes et une formation à la Syrie afin d’intensifier les mesures de répression.

Cela ne peut pas être une coïncidence si les méthodes utilisées par les forces syriennes sont similaires à celles utilisées par le régime iranien en 2009 pour réprimer brutalement les protestations du peuple iranien.

Désormais, alors que les dirigeants occidentaux sont toujours en retrait concernant la question du Printemps arabe, faibles dans leur condamnation des mesures de répression et décevants dans leur manque de soutien aux mouvements démocratiques, l’Iran vise à étouffer le Printemps arabe et à mettre ainsi fin à l’espoir du peuple iranien de voir ce printemps faciliter son mouvement d’opposition démocratique
 
N’oublions pas que même une résolution fortement atténuée du Conseil de Sécurité de l’ONU, rédigée par le Royaume-Uni et la France, semble être en difficulté alors que la Russie brandit contre toute résolution son droit de veto.

L’influence du régime iranien s’est retrouvée le plus manifestement en Irak, où le régime a contribué à la puissance de Nouri al-Maliki, le Premier ministre irakien, qui a essentiellement usurpé le pouvoir et qui se considère indubitablement comme un adjoint du régime iranien. L’influence du régime en Irak était évidente en avril de cette année, lorsque les forces irakiennes, sous la direction évidente de l’ayatollah Ali Khamenei ont perpétré un massacre violent contre  3 400 membres de l’organisation des Moudjahidines du peuple iranien au camp d’Ashraf, en Irak, faisant 36 morts parmi les résidents non armés et plus de 345 blessés graves.
 
L’OMPI est le plus grand groupe d’opposition organisé de l’Iran et on pense qu’il a joué un rôle important dans les récents soulèvements en Iran. Il ne fait aucun doute que la hiérarchie du régime redoute vivement les idéaux démocratiques du groupe ainsi que sa capacité à organiser de vastes manifestations en Iran.

Alors que le régime montre son intention manifeste de soutenir les gouvernements de la région afin d’étouffer le Printemps arabe tout en essayant de détruire l’OMPI en Irak et ses militants dans le pays, l’échec de l’Occident à agir contre cette menace iranienne pourrait avoir des conséquences désastreuses au niveau de la région.

Il est clair que les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne doivent à présent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour limiter l’influence destructrice du régime iranien dans la région, permettant ainsi aux mouvements démocratiques du Printemps arabe d’avancer et aux pousses florissantes de l’Eté iranien de se renforcer.
 
C’est exactement ce qu’ont demandé quelque 100.000 exilés iraniens qui se sont réunis le 18 juin à Paris afin de demander que les Nations Unies, les Etats-Unis et l’Union européenne garantissent la protection des membres de l’OMPI au camp d’Achraf et d’appeler les gouvernements occidentaux à soutenir le Printemps Arabe et à lui permettre de mener à un Eté iranien.

Les Iraniens ne sont pas seuls dans leur appel. Ils ont été rejoints par 4 000 parlementaires du monde entier, y compris des membres de la majorité de 31 parlements qui ont déclaré leur soutien au plan européen pour Achraf et ont rejeté fermement le déplacement de ses habitants à l’intérieur de l’Irak, le considérant comme un prélude à un nouveau massacre.
 
Soutenue par des poids lourds tels que l’ancien maire de New York Rudy Giuliani et Tom Ridge, l’ancien Secrétaire américain à la Sécurité intérieure qui s’est exprimé lors du rassemblement, la foule a souligné que si, en Irak où des soldats américains demeurent actifs et où tant de soldats de la coalition sont morts, nous sommes incapables de protéger des Iraniens auxquels les Etats-Unis ont garanti personnellement une protection, quel espoir existe-t-il pour les mouvements démocratiques à travers région ?

Comme l’a fait remarquer dans son discours du 18 juin Maryam Radjavi, présidente élue de l’opposition, le Conseil national de la Résistance iranienne : «La communauté mondiale, en particulier les Nations Unies et les États-Unis, sont responsables de la protection et de la sécurité des résidents du camp d’Achraf. Nous leur déclarons que vous n’avez aucun droit d’invoquer la souveraineté irakienne pour justifier votre inaction face à des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. Cela viole, de façon flagrante, vos obligations internationales ».
 
Nous devons soutenir les revendications des 100 000 personnes à Paris et des millions à travers le Moyen-Orient qui réclament la liberté et la démocratie. Freiner l’influence iranienne dans la région fait partie intégrante du soutien au Printemps arabe. Cela doit être fait par les Nations Unies en garantissant la protection des résidents d’Achraf ainsi que par la communauté internationale en montrant son soutien aux droits démocratiques du peuple iranien.

Agissez dès maintenant et venez en automne, plutôt que de déplorer la défaite du Printemps arabe nous saluerons l’arrivée de l’Eté iranien.

David Amess est un député britannique, membre du parti conservateur.