samedi, novembre 26, 2022
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Le président iranien défie le Conseil de sécurité de l’ONU

Par Natalie Nougayrède

Le Monde – Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré, dimanche 2 septembre, que son pays avait "mis en service plus de 3 000 centrifugeuses", et qu’il installait "chaque semaine une nouvelle série" de ces appareils permettant l’enrichissement d’uranium. L’annonce visait à signifier que la République islamique avait franchi un seuil symbolique, renforçant le camp des radicaux à Téhéran. Mais les diplomates occidentaux doutent d’une telle progression technologique.

Depuis des mois, dans la crise autour du nucléaire iranien, l’étape des 3 000 centrifugeuses est décrite comme critique par les experts : un tel nombre d’appareils, s’ils fonctionnent en continu, permet de fabriquer en l’espace d’un an suffisamment de matière fissile pour fabriquer une bombe nucléaire. La déclaration de M. Ahmadinejad représente une geste de défiance à l’égard du Conseil de sécurité de l’ONU qui, depuis décembre 2006, a frappé à deux reprises l’Iran de sanctions pour la poursuite de ses travaux d’enrichissement d’uranium. Elle apparaît cependant comme exagérée. Rien n’indique que l’Iran soit parvenu à un tel degré d’avancement de ses travaux à Natanz.

Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) transmis le 30 août, l’Iran faisait fonctionner simultanément, au 19 août, 1 968 centrifugeuses, y injectant du gaz hexafluorure d’uranium, une autre série de 164 centrifugeuses opérait sans gaz hexafluorure, encore 164 tournaient à vide, et deux autres séries (328 centrifugeuses) étaient en cours de construction. Ce qui donne en tout 2 624 centrifugeuses, à des états très variables.

Les diplomates occidentaux notent qu’au cours des derniers mois l’Iran a ralenti le rythme d’injection de gaz dans les centrifugeuses. Ils ne savent pas au juste quelle en est la raison : est-ce un signal politique conciliant à l’égard des Occidentaux, ou tout simplement le résultat de difficultés techniques ? Toujours est-il que la République islamique n’a pas avancé aussi vite qu’elle l’avait annoncé en 2006 : il était alors question de se doter de 3 000 centrifugeuses avant la fin de l’année persane, en mars 2007.

L’effet d’annonce recherché par M. Ahmadinejad se produit alors que des tensions feutrées opposent le directeur de l’AIEA aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et à la France. Ces pays critiquent un accord conclu en août entre l’AIEA et l’Iran, donnant à ce pays jusqu’au mois de novembre pour répondre à une série de questions sur son programme nucléaire. Washington, Londres et Paris y voient une manoeuvre dilatoire pour empêcher le vote de nouvelles sanctions à l’ONU. M. ElBaradei estime pour sa part que les Iraniens freinent délibérément leur programme nucléaire, et que les prochaines semaines constitueront "peut-être la dernière chance" pour qu’ils prouvent leur bonne volonté. Mahmoud Ahmadinejad a pour sa part répété, dimanche, la ligne des durs du régime : "Après chaque résolution (de l’ONU), la nation iranienne a accompli un nouveau pas sur la voie du développement nucléaire", a-t-il dit.

Parallèlement, le chef des Gardiens de la révolution (pasdarans), en poste depuis dix ans, a été remplacé dimanche par un général de l’armée, Mohamed Ali Jafari, connu pour ses positions radicales. La décision, qui concerne une structure directement impliquée dans le programme nucléaire, a été prise par le "Guide", Ali Khamenei.

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