lundi, novembre 28, 2022
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Le point sur la situation à la veille du rassemblement : Afchine Alavi sur Radio Enghien

À quelques jours du grand rassemblement de l’opposition iranienne du 13 juin à Villepinte, Afchine Alavi, porte-parole du Conseil National de la Résistance Iranienne, était l’invité de Jean-François Dupaquier sur Radio Enghien, pour l’émission Histoire et Politique.

M. Alavi, qui a comparé la Résistance iranienne à la Résistance française pendant la Seconde Guerre Mondiale, explique l’opiniâtreté du mouvement par la légitimité de son existence et la force de ses revendications au moment où le peuple iranien partage ses idées, quand au contraire le régime paraît extrêmement vulnérable.

« Nous tenons, parce que nous savons que la majorité à la fois des iraniens mais aussi du reste du monde musulman ne partage pas ces extrémismes. Et donc croit à des valeurs que nous partageons, donc nous savons qu’en fin de compte c’est nous qui allons vaincre ce phénomène. »

Insistant sur la complexité de la situation, M. Alavi explique comment l’Iran en est venue à être le cœur de la crise actuelle au Moyen-Orient : « il faut venir quelques décennies en arrière… (…) Khomeiny a ouvert la boîte de Pandore, c’est-à-dire qu’il a puisé dans les capacités énormes au niveau financier, au niveau humain, au niveau culturel en Iran, pour développer ce fondamentalisme, ce qu’il appelait lui-même « l’exportation de la Révolution », entendez « exportation de l’intégrisme » à travers le monde. Il s’est doté d’un outil pour le faire, (…) la force Al-Qods, qui a entraîné une multitude de groupes extrémistes, pas seulement des chiites mais également des sunnites, et a fait des enfants à la fois légitimes –comme le Hezbollah, comme des groupes extrémistes chiites qui font des horreurs à la hauteur de ce que fait Daech actuellement… et des enfants illégitimes, comme Daech, (…) qui existe par rivalité mais qui n’a eu l’idée d’annoncer un califat que parce que depuis 30 ans un autre existait et qui faisait référence, et qui se prétendait être le principal pôle du monde musulman. »

Selon lui, l’Occident n’a pas su voir la responsabilité des mollahs dans « la création de Daech à la fois en Syrie et en Irak parce que ce sont ses obligés, Bachar Assad en Syrie et Maliki en Irak, qui ont exterminé des populations sunnites et qui les ont poussé dans les bras de Daech. »

Par ailleurs, Afchine Alavi explique la réalité de la situation alors que le film Taxi Téhéran et son réalisateur Jafar Panahi bénéficient d’une relative clémence de la part du régime, et alors qu’il fait le portrait d’une population remarquable par sa vivacité d’esprit :

C’est « une dictature qui touche à sa fin, qui n’a plus de capacités, (…) et face à une population qui est totalement hostile, en rupture avec ce régime – particulièrement la jeunesse. Souvenez-vous des événements de 2009, de ces révoltes en Iran et des massacres qui ont suivi : cela n’est pas oublié par la population iranienne, la situation s’est empirée depuis. Effectivement l’image que le régime veut donner c’est précisément cette image-là : elle est réfléchie. Il peut tolérer quelques images sans danger, mais en même temps il ne permet pas à ce même cinéaste ou à d’autres cinéastes de montrer la réalité de l’Iran d’aujourd’hui en ce qui concerne la dureté et le malaise qui aujourd’hui dominent l’ensemble des populations : en Iran, 80% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Rappelons ces manifestations récentes d’enseignants en Iran dont le salaire ne leur permet pas de nourrir leurs enfants aujourd’hui, et qui sont en colère. Chaque incident aujourd’hui peut être prétexte à une révolte et le régime craint cela (…). Le bilan des exécutions depuis l’arrivée de Rohani (…), qu’on a dit modéré, s’élève à 1500 exécutions. Donc nous sommes faces à un régime de terreur mais qui n’a plus les moyens de dicter aux gens comment réfléchir et comment penser, et c’est le début de sa fin. »

Pour finir, il appelle tous les citoyens qui se sentent concernés par la fin de la dictature et de l’intégrisme islamiste à rejoindre la Résistance au grand rassemblement du 13 juin à Villepinte, où se retrouveront « différentes catégories de population, des jeunes, des associations » venus du monde entier, « des comités de parlementaires (…), des personnalités de marque qui viendront des Etats-Unis, des délégations de l’ensemble du monde arabe »…
« C’est l’universalité de ce rassemblement qui frappe, c’est-à-dire on voit des gens de gauche comme de droite qui se côtoient face à un phénomène d’un ennemi commun qui est le fascisme religieux. »

 

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