The Independent – 28 avril 2012 –Par Mark Williams – Une nouvelle exécution politique tragique est imminente à Téhéran, où les mollahs ont déjà assassiné 120 000 membres et sympathisants de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI), le principal mouvement d’opposition.
Cette fois-ci, la victime potentielle est Hamid Ghassemi-Shall, 44 ans, qui possède la double nationalité irano-canadienne.
Hamid est allé du Canada en Iran en mai 2008 pour rendre visite à sa vieille mère. Il a été arrêté à son arrivée, suspecté de rassembler des informations pour l’OMPI. Il a passé 18 mois en isolement dans la tristement célèbre prison d’Evin dans le nord de Téhéran, sans accès à sa famille ni à une représentation légale. En 2009, il a été déclaré coupable et a reçu une condamnation à mort dans un procès de tribunal de pacotille qui n’a pas duré plus que quelques minutes.
Dans une déclaration émise dimanche dernier (15 avril), le ministre des Affaires Étrangères canadien, John Baird, a affirmé que le Canada était gravement inquiet des indications que le jour de l’exécution de Hamid Ghassemi-Shall approchait. Le gouvernement canadien a appelé l’Iran à épargner la vie de Hamid.
S’il est exécuté, il ne sera malheureusement pas le premier membre de sa famille à payer le prix ultime. Le frère de Hamid, Alborz, était également un prisonnier politique. Ancien commandant du Centre d’Entrainement Naval Spécialisé de la ville de Rasht et instructeur dans une des universités des Forces Navales, Alborz est décédé le 19 janvier 2010 après avoir passé 20 mois dans les prisons moyenâgeuses des mollahs. Il avait subi les plus brutales formes de torture.
Les mollahs ne se montrent aucunement cléments envers les sympathisants de l’OMPI, qu’ils considèrent comme étant des « mohareb » ou ennemis du pouvoir de Dieu.
Le régime iranien se considère comme l’incarnation de la loi divine sur terre. L’opposition au régime équivaut par conséquent à l’opposition à la volonté de Dieu.
En même temps, Téhéran a peur de l’OMPI parce que les mollahs savent qu’il s’agit d’un mouvement de résistance bien organisé. Ses militants ont joué un rôle proéminent dans le soulèvement de 2009. C’était l’OMPI qui avait révélé le programme nucléaire clandestin du régime iranien.
Pour la même raison, Téhéran veut éliminer les sympathisants de l’OMPI qui se trouvent actuellement partagés entre deux camps en Irak : le camp d’Achraf et le camp Liberty, près de Bagdad. Le gouvernement irakien est dans une large mesure sous l’influence de Téhéran. À la demande de Téhéran, les soldats irakiens ont attaqué le camp d’Achraf à plus d’une occasion, tuant des dizaines de personnes et en blessant bien d’autres. S’il n’y avait pas eu une campagne internationale concertée impliquant à la fois l’Occident et les Nations Unies, le gouvernement irakien aurait complètement éliminé la forte communauté de 3400 personnes d’Achraf et fermé le camp à la fin de l’année dernière. Mais suite à des pressions internationales soutenues, les Irakiens ont cédé, décidant plutôt d’en transférer les hommes et femmes au camp Liberty, une ancienne base militaire américaine.
La communauté d’Achraf a accepté à contrecœur d’abandonner ce qui était son foyer pendant plus de 20 ans après qu’un Protocole d’Accord était conclu entre l’Irak et les Nations Unies. S’il n’y avait pas eu l’intervention personnelle de la dirigeante de la Résistance iranienne Maryam Radjavi, ainsi que les garanties données par la Secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, beaucoup auraient refusé d’y aller. À Achraf, les résidents ont construit une ville qui offrait des conditions de vie décentes. À Liberty, les infrastructures de mauvaise qualité qui ont été arrangées à la hâte pour eux manquaient aussi bien d’eau potable que d’électricité.
Le transfert entre les deux camps s’est effectué en groupes ; le quatrième groupe est arrivé à Liberty lundi dernier. Ils ont subi des inspections dégradantes pendant 11 heures et demi à Achraf et de plusieurs autres heures à Liberty. En tout, le trajet de 100 km a duré 20 heures. Trois femmes ont souffert d’insolation ; deux avaient besoin de soins à l’hôpital.
Les autorités irakiennes ont refusé que ces réfugiés sans armes et pacifistes prennent un grand nombre d’objets parmi leurs biens personnels avec eux. Les véhicules pour transporter les invalides et les blessés n’ont pas été autorisés. Elles sont revenues sur leur parole concernant un accord pour emmener six groupes électrogènes d’Achraf à Liberty ; les Irakiens en ont seulement autorisé deux, malgré le fait que Liberty n’est pas relié au réseau électrique irakien. Les groupes électrogènes déjà installés au camp Liberty sont soit usés soit manquent de pièces maîtresses.
Ces personnes ont assez souffert. Le gouvernement de l’Irak devrait reconnaître que les résidents du camp d’Achraf et du camp Liberty sont des demandeurs d’asile et respecter leurs droits conformément au droit international. Plutôt qu’un « Lieu de Transition Temporaire », un statut qui prive les résidents des normes humanitaires les plus essentielles, les Nations Unies devraient reconnaître le camp Liberty comme un camp de réfugiés. Les pays occidentaux, tels que l’Allemagne, devraient s’engager à aider à la réinstallation des résidents.
En février, lors d’une audience au Congrès, la Secrétaire d’État Clinton a déclaré que la coopération de l’OMPI dans le transfert de ses sympathisants au camp Liberty serait un « facteur clé » dans le retrait de l’organisation de la liste terroriste américaine. Il n’y a pas de raison pour continuer d’entraver la résistance organisée de l’Iran. C’est une bourde stratégique.
Les États-Unis doivent reconnaître l’OMPI comme l’opposition légitime de l’Iran s’ils veulent réellement garder toutes les options sur la table. Sans le soutien à l’OMPI, les mollahs seront les seuls gagnants de cette triste histoire.
Mark Williams est Membre Libéral-Démocrate du Parlement pour Ceredigion et également membre du Comité parlementaire Britannique pour un Iran Libre.

