jeudi, février 9, 2023
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Le député Michel Terrot : L’Iran des mollahs est le cœur du problème et non la solution

Le député Michel Terrot : L’Iran des mollahs est le cœur du problème et non la solution.

« Depuis l’instauration du régime théocratique en Iran, ce pays a toujours été un élément fort de déstabilisation dans la région, et ça continue. Le régime de Téhéran est le cœur du problème et non la solution et ça ne changera que lorsque ce régime honni sera tombé », a déclaré le député Michel Terrot (LR), lors d’une conférence à l’Assemblée nationale le mardi 27 octobre.

Tenue à l’invitation du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID), qu’il préside conjointement avec Dominique Lefebvre (PS), André Chassaigne (GDR), la réunion a également été l’occasion pour les députés (dont 70 ont signé un appel) d’inviter le gouvernement français à subordonner l’évolution des relations diplomatiques et commerciales avec l’Iran à l’amélioration de la situation des droits humains dans ce pays. Maryam Radjavi était l’invité d’honneur de la réunion qui a appelé la communauté internationale, notamment l’Union européenne, à respecter ses engagements à protéger le camp Liberty et à faire le nécessaire pour mettre fin à son blocus.

Dans son intervention, le membre de la Commission des Affaires étrangère du parlement français et grand ami du peuple iranien a déclaré : « Quelques minutes pour dire quel était mon sentiment sur la situation de l’Iran aujourd’hui. Est-ce que l’Iran est un facilitateur de la crise qui secoue tout le Moyen-Orient ? Ou est-ce que l’Iran est au contraire le problème, le handicap de cette crise ? Comment mettre un terme à la crise qui secoue le Moyen-Orient ?

Depuis la signature avec l’Iran du traité sur le nucléaire, les puissances occidentales, ou du moins leurs chancelleries, accréditent l’idée que l’Iran des mollahs serait devenu fréquentable, moderne et même que, du fait de cette confiance retrouvée, l’Iran pourrait jouer un rôle majeur dans cette région. Hélas rien n’est plus faux. D’abord parce qu’il n’existe aucune différence sur le fond entre les extrémismes chiites et sunnites. L’un et l’autre n’ont qu’un seul objectif : établir un califat islamiste sur Terre et faire appliquer la charia avec violence.

Ses deux extrémismes sont tout aussi dangereux, mais l’un l’est à mon avis plus encore : c’est l’extrémisme chiite car il est soutenu totalement par un Etat en occurrence l’Iran. Ensuite parce que depuis l’instauration du régime théocratique en Iran, ce pays a toujours été un élément fort de déstabilisation dans la région, et ça continue. Laurent Fabius, notre ministre des Affaires étrangères, dit souvent que la France va juger sur pièce l’attitude de l’Iran dans les crises régionales. Il n’y a pas à attendre. Aujourd’hui comme hier : l’Iran est à la pointe de la déstabilisation.

Plus le régime est contesté en interne par une masse croissante d’Iraniens, plus il est affaibli à l’intérieur de ses frontières, plus il se montre hégémonique et agressif à l’extérieur. En Irak, et vous l’avez rappelé madame Radjavi, c’est l’Iran qui est directement à l’origine de Daech, par son soutien inconditionnel au sinistre Maliki qui, par ses milices sanguinaires, a jeté les tribus sunnites dans les bras de Daech. Aujourd’hui même à Bagdad des manifestations se font jour contre l’ingérence de l’Iran. Ces manifestations sont de plus en plus répétées et c’est une bonne chose. En Syrie c’est pareil, les pasdarans sont à l’œuvre.

C’est d’autant plus difficile à cacher que de hauts responsables militaires ont été récemment tués, notamment le général Hamadani, numéro deux de la force Qods. Au Yémen, l’Iran a jeté toutes ses forces pour défendre la minorité Houthis afin de renverser le pouvoir légitime et même si aujourd’hui cette offensive est sur le déclin et que l’Iran subit au Yémen un revers significatif, il eut été préférable de ne pas se lancer dans une pareille aventure.

On peut évoquer, la liste est encore longue, le Liban avec le Hezbollah puissamment armé. Il faut savoir que le Hezbollah aujourd’hui interdit à ce pays aimé de la France, le Liban, de se doter d’institutions démocratiques qui fonctionnent. Il a une capacité de blocage tout à fait réelle et naturellement derrière il y a la main de l’Iran. En Cisjordanie, c’est la même chose. Ce soutien inconditionnel au Hamas, y compris en terme d’armement, sur une politique qui exprime le rejet de toutes solutions qui pourraient voir coexister deux pays libres en Palestine.

Je voulais conclure en disant que sauf à faire preuve d’une grande cécité, un constat s’impose pour toute personne de bon sens : l’Iran des mollahs a toujours été à l’origine des crises déstabilisant ses voisins et il ne peut donc être un partenaire dans la recherche d’une solution. Pour faire plus court encore, on peut dire que le régime de Téhéran est donc le cœur du problème et non la solution. Ça ne changera que lorsque ce régime honni sera tombé.

Le député Michel Terrot

Je me souviens d’ailleurs d’une époque, c’était le régime du chah et le président Carter avait fait une visite en Iran peu de temps avant la chute du chah. Il l’avait complimenté en disant : je viens dans un pays qui est un havre de stabilité. Huit mois plus tard le chah était parti. Ce qui montre bien que les choses vont vites et que les révolutions peuvent aller vite également. C’est tout le mal qu’on souhaite aux Moudjahidine du peuple, de faire en sorte que toute cette force qui indiscutablement est la seule force véritablement structurée d’opposition à ce régime, puisse véritablement jouer à plein dans l’alternance qui permettra à ce grand pays de trouver une vie pacifiée dans un Etat démocratique, laïc et conforme aux standards internationaux. »