17 Février 2012
Comme geste de bonne volonté, quatre cents résidents du camp d’Achraf se sont rendus au camp Liberté le 17 Février. Bien qu’ils aient été privés de beaucoup de leurs droits les plus élémentaires avec le refus d’un minimum de conditions acceptables, ils ont accepté le déménagement sur les conseils de Mme Maryam Radjavi à la suite de ses larges activités et de ses interventions en leur nom.
Il ne leur a pas été permis de visiter le lieu où ils se déplacent avant leur déplacement, ils n’ont pas été autorisés à prendre tous leurs effets personnels avec eux, et ils n’ont été autorisés à prendre que10 véhicules sur quelque 150 qu’ils possèdent. Ils n’ont aucune liberté de mouvement dans le camp « Liberté ». La surface prévue dans celui-ci est de 1.5 % inférieure à la superficie totale d’Achraf, avec un commissariat de police et de nombreuses forces de police présentes à l’intérieur de cette zone restreinte.
Clairement, ce transfert n’était pas nécessaire alors que les résidents avaient déjà accepté le plan du Parlement européen pour les délocalisations vers des pays tiers. Ils avaient chacun individuellement fait une demande d’asile auprès du Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés en Août 2011 et ils avaient permis au gouvernement irakien de commencer en même temps la procédure d’entretien du statut de réfugié, un nombre significatif d’entre eux aurait été transféré à l’extérieur de l’Irak à l’heure actuelle.
Ainsi, avec le transfert des 400 premières personnes vers le camp « Liberté », les résidents d’Achraf et les chefs de camp, ainsi que le commandement de l’OMPI, ont pris toutes les mesures possibles et ont fait preuve d’une étonnante souplesse. A partir de là, c’est au gouvernement irakien, à l’ONU, aux Etats-Unis et à l’Union européenne de jouer leur rôle et de prendre la responsabilité de prévenir toute négligence faite aux droits des résidents. En premier lieu le HCR devrait immédiatement fixer le statut de réfugié aux résidents et les États-Unis ainsi que l’UE devraient accueillir ces personnes sur leur territoire. Pour ce qui est de la liberté dans le camp et des droits de ses résidents, ce qui suit doit être respectée sans défaillance :
1 – Le poste de police devrait être déplacé sur le champ hors du camp. Alors que le camp « Liberté » se définit comme une petite zone d’un demi-kilomètre carré, avec toutes les entrées et les mouvements de la population contrôlés par la police et alors que les femmes musulmanes vivent dans ce camp, ce qui est loin d’être une preuve de la souveraineté irakienne, la présence policière ne ferait que contribuer à la tension et de confrontation possible. Ceci est le problème le plus important qui doit être résolu, sans quoi le projet de relocalisation se terminerait certainement par un échec total.
2 – Les résidents devraient être autorisés à prendre avec eux leurs véhicules et leurs biens mobiliers, sans aucune limitation, à l’intérieur du camp « Liberté », avec les mesures prises pour vendre le reste de leurs biens afin d’utiliser les revenus pour payer les frais dans le camp « Liberté » et les dépenses liées à leur relocalisation définitive.
3 – Toute présence de représentants ou agents du régime iranien à l’intérieur ou autour du camp Liberté devrait être interdite.
4 – Le bien-être et la sécurité de tous les résidents devraient être garantis avec aucune arrestation personne arrêtée jusqu’à ce que le transfert vers des pays tiers ait lieu et personne ne devrait être déplacée vers un autre lieu sans son consentement.
5 – L’accès direct et gratuit aux services médicaux en Irak devrait être garanti.
6 – La liberté de circulation des résidents devrait être garantie, mais si le gouvernement irakien n’est pas prêt à accepter ce droit fondamental, alors la surface réservée aux résidents devrait être augmentée afin de leur faire construire des installations sportives et récréatives. Les Conditions de type carcéral devraient être minimisées.
7 – Le camp devrait être pleinement accessible aux journalistes, aux avocats et aux familles des résidents.
Afin d’éviter que ces conditions ne deviennent carcérales, les points mentionnés ci-dessus doivent être respectés, sans ces points mis en œuvre et surtout si la présence policière se poursuit, la réalisation du projet du camp « Liberté » sera vouée à l’échec et aucun autre transfert ne pourraient être envisagées . En tous les cas, en vertu de la procédure de la «porte tournante» favorisée par le HCR, les nouveaux transferts ne peuvent avoir lieu qu’après le transfert des 400 résidents actuels dans des pays tiers.
Struan Stevenson, MdPE
Président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Irak

