vendredi, décembre 2, 2022
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Le camp d’Achraf- Le plan américain:

Une solution ou un moyen de blanchir les crimes de Maliki et la complicité du département d’État ?

Publicité parue dans le International Herald Tribune du 17 décembre – Communiqué du Vice-Président du Parlement européen au nom de 4000 parlementaires d’Europe et d’Amérique du nord

 

Le courage moral exige de la Secrétaire d’État Hillary Clinton qu’elle reconnaisse la responsabilité américaine de la protection des 3400 habitants d’Achraf, notamment d’un millier de femmes, et qu’elle réfrène Maliki et lui dise de laisser le camp ouvert jusqu’à la réinstallation de tous les habitants dans des pays tiers.

Extraits – 15 décembre 2011

Blâmer la Résistance iranienne pour blanchir les crimes de Maliki et l’inaction des Etats-Unis

Il y a trois ans, dans une mesure malavisée ignorant tous les avertissements internationaux, les États-Unis ont délibérément transféré la protection du camp d’Achraf au gouvernement irakien. Selon des documents révélés par la suite, les États-Unis connaissaient à l’époque l’hostilité d’une partie du gouvernement irakien à l’égard des habitants et prévoyaient les mesures répressives à venir. Les Nations Unies et le Comité international de la Croix Rouge avaient déjà mis en garde contre les conséquences de ce transfert. 

Mais le Département d’État et l’ambassade américaine à Bagdad ont annoncé avant le transfert, que le gouvernement irakien avait donné des assurances écrites qu’il traiterait les habitants d’Achraf conformément à ses obligations internationales. Ils ont ajouté fois à des promesses qu’ils savaient fausses.

A présent que nous approchons de la date butoir du 31 décembre de fermeture d’Achraf, dictée au premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, dans un éditorial du 14 décembre, le Washington Post se vante  d’un « plan américain pour sauver des Iraniens en Irak » , selon lequel les habitants d’Achraf doivent être réinstallés dans un autre camp, plan pour lequel l’administration Obama a gagné l’aval de l’Irak.

Selon des documents révélés, il s’agit en fait du plan du régime iranien que Maliki a porté à l’attention de l’ambassade américaine pour la première fois en mars 2009.

La reprise de ce même plan par les États-Unis est un signe de naïveté, d’ignorance consciente et, plus important, de manque de responsabilité vis-à-vis de la vie de 3.400 personnes. Quand les habitants ont rendu leurs armes, chacun a reçu des États-Unis une garantie écrite de protection jusqu’au règlement final de leur situation. Mais pour absoudre le département d’État de plus de responsabilités dans un massacre à venir, tout en versant des larmes de crocodile sur les résidents terrorisés par la direction du camp, « le point de désaccord »  est censé être « la direction basée à Paris », qui  « réclame que les forces américaines ou les Casques Bleus de l’Onu se chargent de la sécurité du nouveau camp ». Cela signifie changer la place du bourreau avec celle de la victime et blanchir un premier ministre irakien, Maliki, aux mains tachées de sang, qui est à la fois un agent aux ordres du régime totalitaire au pouvoir en Iran et un protégé des Etats-Unis !

Mettre en question l’intégrité de quelques uns des fonctionnaires les plus distingués, des deux partis, dont une majorité de la Chambre des Représentants, de hauts sénateurs et des dizaines d’officiels de haut rang de quatre administration en faveur d’Achraf et de la radiation de l’OMPI de la liste terroristes, témoigne clairement d’une politique isolée et faillie.

Il s’agit d’une tache sanglante dans l’histoire des États-Unis.

Le Département d’État proteste contre « la direction basée à Paris » qui s’oppose à ce que les habitants soient remis à ces mêmes bourreaux irakiens qui ont jusqu’à présent tué 47 des leurs et blessé plus d’un millier d’entre eux, tout en maintenant un blocus inhumain depuis trois ans contre le camp, qui a entrainé la mort d’au moins 12 habitants dans la douleur en raison du blocus  médical !

Avec un grand nombre de mes collègues, nous connaissons personnellement Mme Maryam Radjavi, la Présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, ainsi que d’autres responsables du mouvement. Nous les avons rencontrés à maintes reprises pour discuter de questions complexes. Son courage, ses valeurs humanistes et sa compréhension politique sont incomparables. Mais sans tenir compte des buts politiques, elle aime chacun des habitants d’Achraf bien plus que ses propres enfants et sa famille (qui sont à Achraf) et rien ne lui importe plus que leur bien-être et leur sécurité. Elle a déclaré maintes fois que ce qui lui importait à Achraf ce n’est pas le territoire, mais bien les personnes qui s’y trouvent.

Mme Radjavi et d’autres dans la Résistance iranienne ont concentré leurs efforts ces derniers mois à persuader les habitants de faire preuve d’un maximum de souplesse et même à renoncer à leurs justes droits pour éviter un nouveau massacre à Achraf, mais tous ces efforts ont été vains en raison de la politique malavisée des États-Unis.

Sur ses recommandations, les habitants ont accepté de se soumettre au plan du Parlement européen pour un transfert dans des pays tiers malgré leur droit indéniable de rester à Achraf, là où ils ont vécu pendant 25 ans. En plus du plan du PE, les habitants ont même présenté sept autres plans alternatifs. Les Etats-Unis étaient l’une des parties qui aurait pu faciliter la mise en œuvre de n’importe lequel de ces plans, mais ils n’ont rien fait.
Bien qu’étant considérés réfugiés en Irak depuis 1986, ou du moins étant en droit de se voir accorder l’asile à titre de groupe, les habitants du camp ont déposé des demandes d’asile individuelles sur une requête du Haut-commissariat pour les réfugiés.

Les habitants pensent que tout déplacement à l’intérieur de l’Irak mènera à leur massacre.  Néanmoins, Mme Radjavi leur a demandé de se déplacer dans un autre camp sous la protection des États-Unis ou des Nations Unies.

Ceux des habitants qui possédaient la nationalité de pays occidentaux et qui se sentaient moralement engagés de quitter le camp en dernier, ont cédé à l’insistance de Mme Radjavi et ont quitté Achraf ces derniers mois.

La Résistance iranienne a déployé de vastes efforts et consacré un énorme budget pour le transfert des habitants dans des pays tiers, notamment des malades et des blessés.
Le courage moral exige de la Secrétaire d’État Hillary Clinton qu’elle reconnaisse la responsabilité américaine de la protection des 3400 habitants d’Achraf, notamment d’un millier de femmes, et qu’elle réfrène Maliki et lui dise de laisser le camp ouvert jusqu’à la réinstallation de tous les habitants dans des pays tiers. Le Congrès américain a adopté à une majorité de voix de 400 membres un amendement à la loi sur les sanctions contre l’Iran, exhortant la Secrétaire d’Etat à faire juste ça.

Le prétexte de Maliki pour réprimer les habitants d’Achraf est la classification terroriste de l’OMPI par le département d’Etat. Le HCR a souligné que cette désignation est le principal obstacle à la réinstallation des habitants dans des pays tiers. Par conséquent, si les Etats-Unis souhaitent empêcher un bain de sang à Achraf par Maliki, ils doivent retirer cette étiquette terroriste.

Avec mes respects,
Alejo Vidal-Quadras,
Vice-Président du Parlement européen,
Président du Comité international pour l’application de la Justice (ISJ)

 

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