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L’avenir de l’Iran attend notre soutien

 Par Christopher Booker

The Sunday Telegraph, 15 août – Il y a eu une vaste couverture médiatique la semaine dernière sur la charge du premier vice-président de l'Iran comme quoi nous sommes «un peuple épais gouverné par une mafia », et aussi pour la femme menacée de mort par lapidation pour adultère. Moins d'attention a été accordée à un drame plus complexe qui fait intervenir ce malheureux pays – une qui aide à expliquer pourquoi l'un des hauts responsables politiques lance de telles attaques contre l'Angleterre et « le jeune gars désormais en charge » qui est « encore plus bête que son prédécesseur ».

Ces derniers mois, le régime de Téhéran a renforcé le règne de la terreur qu'il a imposé depuis les manifestations à l'échelle nationale l'an dernier contre l’élection truquée qui a confirmé M. Ahmadinejad à la présidence. Des milliers de personnes ont été jetées dans les prisons infâmes de l'Iran et des dizaines pendues, beaucoup en public.

Le régime a concentré sa propagande contre le principal groupe d'opposition de son pays, le Conseil national de la Résistance en Iran (CNRI), dirigé dans son exil parisien par Mme Maryam Radjavi, et sa plus importante composante, les Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), dont sept membres sont maintenant en attente d'une mort par pendaison très médiatisée.

Pendant presque une décennie, l'Occident a été alarmé par les plans de l'Iran qui veut développer des armes nucléaires – sur lesquels les gouvernements occidentaux ont été tenus informés par l'OMPI par ses contacts à l'intérieur du pays. Mais Téhéran a fait comme condition de toute négociation que l'Occident proscrive l'OMPI comme terroriste. Les États-Unis ont été les premiers à signer, suivis par Jack Straw pour le Royaume-Uni en 2001 et l'UE en 2002. Téhéran pouvait alors dire à son propre peuple que même les Occidentaux reconnaissait l'OMPI comme terroriste – alors que Téhéran soutenait lui-même activement le terrorisme à travers le Moyen-Orient, de Gaza à l'Irak.

Toutefois, dans une série étonnante d'actions en justice, comme je l'ai signalé au fil des ans, le Royaume-Uni et l'UE ont tenté de défier les décisions de leurs propres tribunaux ordonnant la levée des interdictions, au motif que les gouvernements ne pouvaient produire de preuve comme quoi l'OMPI était terroriste. Notre ministère de l’Intérieur a été contraint de faire marche arrière après un jugement tranchant du Lord Chief Justice Phillips, et après que l'OMPI ait obtenu le soutien de plus de 100 députés et pairs, y compris un ancien ministre de l’Intérieur travailliste et plusieurs autres ex-ministres.

Il restait les États-Unis. Ils étaient seuls à conserver leur interdiction de l'OMPI (en dépit de l'agitation croissante au Congrès), mais ils demeuraient protecteur légal de 3.400 membres de l'OMPI vivant en exil à la Cité d'Achraf en Irak. En 2003, ils avaient remis leurs armes en échange de garanties individuelles de sécurité données par les forces d'occupation américaines.

Or, la crise est proche. L'été dernier, des sympathisants iraniens à la tête du gouvernement irakien ont organisé une attaque contre Achraf, tuant 11 personnes. Ils ont continué à faire le siège du camp, pour se préparer à livrer ses habitants à leurs ennemis iraniens. Maintenant que les forces américaines se retirent, ceux qui restent à Achraf craignent le pire, ce qui rendrait ridicule les garanties des États-Unis quant à leur sécurité. En attendant, le mois dernier un tribunal important de Washington a statué que Hillary Clinton, en tant que secrétaire d'État, devait envisager la levée de l'interdit américain sur l'OMPI, pour les mêmes motifs qui ont convaincu les tribunaux du Royaume-Uni et de l’Europe.

La semaine dernière, Mme Clinton a émis une vive protestation contre la pendaison imminente de sept membres de l'OMPI en Iran. (La seule accusation contre l'un d’eux est que son fils est à Achraf.) Ainsi, tous ces efforts de complaisance au fil des ans commencent à se désagréger. Ils n’ont pas réussi à persuader Téhéran de renoncer à ses ambitions nucléaires. Et la dictature des mollahs est devenue plus impitoyable que jamais depuis les années 1980 – quand elle a assassiné quelque 120.000 partisans de l'OMPI – contre un peuple visiblement prêts, aux cris de «Mort au dictateur » et dernièrement « Etes-vous avec nous, Obama, ou contre nous? », à se dresser dans une révolution – si seulement il savait comment.

Tout cela s'ajoute à un échec lamentable de la diplomatie occidentale au cours des dernières décennies. Au lieu de vains efforts pour plaire à un régime monstrueux – qui en retour a tout fait pour répandre le terrorisme dans la région et contribué à la mort de centaines de soldats occidentaux en Irak -, nos gouvernements auraient pu à la place  reconnaitre que leur véritable intérêt réside à travailler avec le CNRI et l'OMPI. Ils ont été récemment soutenus par 100.000 Iraniens en exil dans une manifestation à Paris, et par 3.500 parlementaires de toute l'Europe.

Si le bien de l'humanité était mieux servi à Téhéran à travers le remplacement de la tyrannie théocratique par une démocratie laïque, alors les mieux placés pour fournir ce résultat sont là et attendent de nous qu’on les soutienne.

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