
CNRI « Espérons que souvre ainsi une ère nouvelle dans laquelle la Cour fera pencher davantage la balance vers la perception des droits humains et moins vers les intérêts de sécurité nationale des Etats membres, en particulier lorsque de tels intérêts ne sont pas portés devant la Cour», a estimé le Dr. Maria-Gisella Garbagnati, juriste italienne, experte de la communauté européenne et de la Cour européenne de justice, au Séminaire international de Juristes qui sest déroulé à Paris le 5 février.
CNRI « Espérons que souvre ainsi une ère nouvelle dans laquelle la Cour fera pencher davantage la balance vers la perception des droits humains et moins vers les intérêts de sécurité nationale des Etats membres, en particulier lorsque de tels intérêts ne sont pas portés devant la Cour», a estimé le Dr. Gisella Garbagnati, juriste italienne, experte de la communauté européenne et de la Cour européenne de justice, au Séminaire international de Juristes qui sest déroulé à Paris le 5 février.
La réunion portait sur le jugement rendu par la Cour européenne de Justice annulant la décision du Conseil des ministres de lUE qui avait inscrit dans la liste du terrorisme de lUE les Moudjahidine du peuple dIran, la principale opposition au régime de Téhéran et sur la réaction de lUE qui refuse de se conformer à ce jugement. Les plus grands experts en matière de droit communautaire et de nombreuses personnalités politiques et de défense des droits de lhomme de toute lEurope étaient venues apporter leur soutien et leur témoignage. Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, est également intervenue.
Nous vous proposons le texte de lintervention de Maria-Gisella Garbagnati :
Je remercie les organisateurs pour mavoir invitée aujourdhui, dautant plus que je suis entrée dans la procédure à une étape plutôt tardive, avec un rôle que je dirais mineur. Il mest donc difficile de revenir sur les considérations juridiques après les déclarations politiques passionnées que nous venons dentendre. De même, je ne voudrais pas aller au-delà des points juridiques qui ont été brillamment présentés par les orateurs précédents.
Je voudrais me confiner à quelques remarques. La première, cest que dans le passé, la Cour de Justice faisait preuve dune grande retenue judiciaire lorsquil sagissait de réexaminer les décisions politiques des Etats membres ou plutôt les décisions légales ayant une portée politique.
La pondération avec laquelle la cour a réagi dans lintérêt de la sécurité nationale des Etats membres et de la protection des droits humains est de bon augure pour lavenir. Aussi, un grand bravo à la Cour pour avoir relevé le défi. Il fallait un certain courage pour éviter de se cacher comme elle lavait fait dans le passé, derrière la solution facile déviter lexamen juridique dune décision de la Communauté. Mais comme le Pr Labayle la si bien fait remarquer, la Cour a décidé de réexaminer cette mesure, alors quelle aurait très bien pu choisir la solution facile de se cacher derrière la position commune PESC quelle ne peut réexaminer pour dire : eh bien nous navons aucune juridiction contre cela.
Espérons que souvre ainsi une ère nouvelle dans laquelle la Cour fera pencher davantage la balance vers la perception des droits humains et moins vers les intérêts de sécurité nationale des Etats membres, en particulier lorsque de tels intérêts ne sont pas portés devant la Cour.
Je voudrais évoquer un second point, même si cela a été fait auparavant. On a dit de ce verdict du Tribunal de Première instance quil était est une décision de procédure. Cest tout à fait vrai, et il est exact, comme cela a été dit, que les points de procédure lemportent parfois. Je suis assise à côté de quelquun qui lors dun procès sur une affaire de concurrence il y a plusieurs années, a mis en avant 192 points de procédure, perdu 191 dentre eux, mais le dernier ayant été retenu, il a remporté laffaire. Il sagit de David Vaughan, assis à côté de moi.
Les points de procédure sont importants et ne présentent pas moins de validité. Je voudrais souligner, juste pour éloigner tout soupçon planant sur cette décision, que le jugement ne peut être rejeté en tant que « simple décision de procédure ». Il sagissait nécessairement dune décision de procédure. Cétait une décision nécessairement de procédure. Parce que la Cour qui a rendu ce verdict ne pouvait se prononcer sur le bien fondé de laffaire, cétait précisément le point, il sagissait dune violation des droits humains. Les preuves lui ont été refusées ; les preuves nont pas été produites devant la Cour. La Cour ne pouvait donc en aucun cas se prononcer sur le bien fondé de laffaire.
Je voudrais donc le souligner encore une fois, parce quil y a eu des déclarations de rejet venant de certains milieux ; cest donc important de le souligner une fois de plus.
En ce qui concerne lattitude du Conseil à la suite du verdict de décembre, jespère que cela a moins à voir avec une raison politique, concernant en particulier lOMPI, et plus avec une raison plus générale : ce pourrait être le souhait du Conseil de ne pas paraître abandonner facilement sur un point aussi sensible que la législation anti-terroriste de lUE. En dautres termes, le Conseil veut peut-être envoyer le message aux requérants des affaires similaires devant la Cour que leurs fonds ne seront pas automatiquement dégelés, même sils gagnaient le procès. Dans tous les cas, lattitude du Conseil est illégale et va à lencontre de la décision de la Cour. Ce comportement est donc inacceptable, cest le dernier point quil fallait souligner.


