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L’Amérique a violé sa promesse de protéger les opposants iraniens sans défense

Par le Général Hugh Shelton (E.R)*

Washington Times, 19 septembre – Alors que le monde attend une décision des Nations Unies concernant la Syrie, une autre tragédie humanitaire a eu lieu au camp d’Achraf en Irak. Ce fut un massacre total et il ne doit pas être ignoré. Le 1 er septembre, au moins 52 dissidents iraniens, dont sept femmes, ont été exécutés – d’une balle dans la tête et le visage, plusieurs les mains attachées – selon l’ONU.

Ce cas ne concerne pas les gaz toxiques, mais constitue néanmoins un meurtre brutal, délibéré commis sur des civils sans défense. Tant en Syrie qu’en Irak, les empreintes digitales de l’Iran sont clairement visibles. Tandis que les mollahs décrient l’utilisation de gaz toxiques, ils n’ont rien fait pour empêcher son utilisation par leur Etat-client, la Syrie de Bachar el Assad. C’est faire une chose et son contraire. Ils menacent également de représailles, les Etats-Unis et ses amis, notamment Israël, si les États-Unis lancent une attaque de punition contre la Syrie.

Pendant ce temps, avec tous les yeux tournés ailleurs, les mollahs d’Iran ont ordonné qu’une attaque soit commise par une autre de ses marionnettes, le Premier Ministre irakien Nouri al -Maliki, contre les opposants iraniens en Irak. Il s’agit de personnes qui ont aidé les Etats-Unis lors de l’invasion de l’Irak en 2003 et qui ont ensuite bénéficié de la protection américaine, par écrit.

Aujourd’hui, le Département d’Etat américain insiste sur le fait que les Irakiens ont promis d’assurer leur protection et que l’ONU est sur le terrain, mais la garantie pour cette protection est devenue une plaisanterie, aboutissant au massacre impitoyable des dissidents du camp d’Achraf.

L’attaque de ce mois-ci n’était pas la première que les forces irakiennes effectuent contre le camp et contre un autre refuge des opposants, qui sont membres des Moudjahidines du peuple, le principal mouvement d’opposition iranienne. Ce ne sera pas la dernière attaque si les Etats- Unis autorisent l’Irak à continuer à récuser sa responsabilité pour à la protection de ce groupe ou esquive sa culpabilité dans son implication directe dans le massacre.

Washington ne doit pas permettre à l’Irak de continuer de se comporter vis-à-vis de la loi en toute impunité.

Les victimes les plus récentes font partie des 100 résidents autorisés à demeurer au camp d’Achraf jusqu’au règlement définitif de la question de leurs biens. Le Département d’Etat a forcé le reste des 3200 habitants à partir au camp Liberty, près de Bagdad, tandis que l’ONU continue de « débattre »  sur leur destination finale. Au camp Liberty – un nom honteux – les résidents ont été harcelés, humiliés, maltraités et privés de leurs besoins humains de base. Les prisonniers de Guantanamo Bay, à Cuba, et à Fort Leavenworth, au Kansas, vivent mieux et dans des conditions plus sûres.

Les Nations Unies ont lancé une autre protestation. Le Secrétaire général Ban Ki- moon a condamné l’attaque et a vivement recommandé au gouvernement irakien de lancer une enquête sur ce qui s’est passé. Voir les Irakiens enquêter sur l’incident, c’est comme voir M. Assad enquêter sur le gazage de ses propres citoyens. L’Irak sait ce qui s’est passé et pourquoi : parce que le régime iranien a demandé à M. Maliki que ses troupes commettent cette atrocité. Le Secrétaire général a continué à exprimer « sa peine et exprime ses sincères condoléances aux familles des victimes ». De belles paroles qui ne ramèneront pas les 52 victimes.

En faisant le point « pour appeler les autorités irakiennes à agir d’urgence afin d’apporter immédiatement une aide médicale aux blessés et sécuriser le camp contre toute nouvelle violence ou préjudice contre les résidents. Les personnes jugées responsables doivent être tenues entièrement responsable ».

Cependant, ce n’est pas le premier incident. Il est temps pour les Etats-Unis de rappeler à l’Irak qu’une protection américaine a été promise à ces résidents et qu’un autre incident de cette nature entrainera de graves conséquences – sans aucun autre avertissement. Soit ces résidents fidèles sont évacués, soit un plan doit être mis en place pour mettre M. al -Maliki à genoux si la récente attaque se reproduit. Il est temps pour Le Président Obama et son équipe d’utiliser le langage que M. Maliki comprend.

Tandis que le monde débat des événements tragiques en Syrie – et c’est sûrement ce qu’il devrait faire – c’est une affaire où les Etats- Unis avaient un engagement direct vis-à-vis de chaque individu au camp d’Achraf. Cette promesse a été ignorée. La tragédie aurait pu être évitée si Washington avait pris en compte les avertissements. Le camp Liberty sera liquidé à moins que nous obligions M. Maliki et ses commanditaires iraniens à rendre des comptes maintenant.

Les Nations Unies et le gouvernement américain ont une « responsabilité directe » envers la sécurité des résidents d’Achraf et Liberty. En particulier, la protection des camps, qui a été illégalement remis entre les mains des tueurs irakiens en 2009 et qui devrait être assumée par les casques bleus de l’ONU, conformément au droit international.

En plus d’un plan de représailles, les attaques vont se répéter et les États- Unis devraient insister pour qu’une commission d’enquête internationale puisse mener une enquête indépendante et approfondie sur le massacre du 1er septembre, avec la participation des représentants et des avocats des résidents et des victimes. Les conclusions devraient être adressées au Conseil de sécurité de l’ONU afin de poursuivre et punir les auteurs des crimes.

Les Etats-Unis ont pris des engagements envers les résidents des camps d’Achraf et Liberty. Nous devons les honorer. C’est la déontologie américaine.
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*Le général d’armée à la retraite Hugh Shelton a été chef d’état-major des armées