vendredi, décembre 2, 2022
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La solution à la crise iranienne réside à l’intérieur du pays

Lord Peter ArcherNégocier avec les mollahs est inutile, la communauté internationale doit à la place encourager la résistance.

Lord Peter Archer

The Guardian, 1er juin 2006 – Tandis que les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, ainsi que l’Allemagne, poursuivent leurs discussions à Vienne afin de trouver une solution à la menace posée par les programmes nucléaires du régime iranien, les Etats-Unis interviennent également avec une dernière tentative visant à éviter une nouvelle escalade du conflit. Cependant, fidèle à l’attitude de défi de l’Iran à ce sujet, le ministre des Affaires étrangères iranien a rejeté l’offre de négociations américaine tant que la condition préalable à celles-ci demeure la suspension de l’enrichissement d’uranium et des activités de retraitement.

Jusqu’à maintenant, tout semble indiquer, et en particulier en raison de 18 ans de dissimulation de ses programmes nucléaires, que les mollahs de Téhéran poursuivent un programme d’armes nucléaires, dans le cadre sans aucun doute de leur politique expansionniste. Il n’y a pas si longtemps, le président radical iranien Ahmadinejad a présenté sa vision d’une guerre finale entre le monde islamique, mené par les mollahs, et l’Occident. Tout ceci, accompagné du rôle de Téhéran dans des atrocités terroristes dans le monde entier et dans l’exportation du fondamentalisme, constitue indubitablement une menace d’abord pour ses voisins dans la région, puis pour l’Occident.

Cependant, cette analyse ne tient pas compte d’un facteur interne crucial. Une étude secrète menée par le ministère de l’Intérieur iranien en 2003, a déterminé que sur 16000 personnes interrogées à Téhéran, 94% ont déclaré être opposées au régime actuel. Ceci ne devrait surprendre personne, car il n’y a aucune raison pour que la population iranienne jeune, extrêmement brillante et dynamique soutienne une dictature corrompue, médiévale et extrémiste qui dévaste son économie et leurs vies depuis un quart de siècle.

En 2005, en dépit d’arrestations sommaires, de torture, de châtiments inhumains, de lapidations et de pendaisons publiques, les Iraniens ont organisé plus de 4000 actions de protestation à travers tout le pays. Plus tôt cette année, la grève des courageux chauffeurs de bus à Téhéran s’est terminée en raids à leur domicile à l’aube, les chauffeurs et leurs familles ayant été arrêtés et certains ayant eu la langue tranchée. Ceci n’a pas découragé les femmes de Téhéran qui sont descendues dans la rue pour célébrer la Journée internationale de la Femme et réclamer l’égalité, mais qui ont été attaquées et frappées violemment. Cela n’a pas non plus dissuadé les manifestants de la Journée du Travail qui ont scandé des slogans contre le gouvernement et qui ont réclamé leurs salaires et leur travail. La semaine dernière seulement, des dizaines de milliers d’Iraniens ont pris part à des manifestations contre le régime à Tabriz, au nord-ouest de l’Iran, pendant lesquelles au moins neuf personnes ont perdu la vie.

Les Iraniens, par le biais du Conseil national de la Résistance, présidé par Maryam Radjavi, proposent une solution unique mais efficace. Celle-ci n’est pas aussi radicale ou potentiellement dévastatrice qu’une guerre entre Etats, et n’implique pas non plus la continuation de la dangereuse politique d’apaisement poursuivie, en particulier par l’UE, et qui a mené à la situation présente. La clé pour résoudre la crise actuelle se situe entre les mains des Iraniens, si les leaders de la résistance obtiennent le soutien de la communauté internationale.

Cependant, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, en réponse aux requêtes du gouvernement iranien, ont désigné le principal mouvement d’opposition, l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran, de terroristes, avec la conséquence paradoxale que les personnes qui protestent contre le terrorisme du régime iranien sont cataloguées de terroristes, contrairement à toutes les preuves connues. Les mollahs sont donc légitimés et ceux qui résistent diabolisés.

En adoptant une politique ferme contre le régime, comprenant l’imposition de sanctions, le Conseil de Sécurité peut parvenir à l’isolation du régime, et en retirant la proscription de l’OMPI, peut encourager les Iraniens à décider de leur propre avenir.

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