Négocier avec les mollahs est inutile, la communauté internationale doit à la place encourager la résistance.
Lord Peter Archer
The Guardian, 1er juin 2006 Tandis que les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de lONU, ainsi que lAllemagne, poursuivent leurs discussions à Vienne afin de trouver une solution à la menace posée par les programmes nucléaires du régime iranien, les Etats-Unis interviennent également avec une dernière tentative visant à éviter une nouvelle escalade du conflit. Cependant, fidèle à lattitude de défi de lIran à ce sujet, le ministre des Affaires étrangères iranien a rejeté loffre de négociations américaine tant que la condition préalable à celles-ci demeure la suspension de lenrichissement duranium et des activités de retraitement.
Jusquà maintenant, tout semble indiquer, et en particulier en raison de 18 ans de dissimulation de ses programmes nucléaires, que les mollahs de Téhéran poursuivent un programme darmes nucléaires, dans le cadre sans aucun doute de leur politique expansionniste. Il ny a pas si longtemps, le président radical iranien Ahmadinejad a présenté sa vision dune guerre finale entre le monde islamique, mené par les mollahs, et lOccident. Tout ceci, accompagné du rôle de Téhéran dans des atrocités terroristes dans le monde entier et dans lexportation du fondamentalisme, constitue indubitablement une menace dabord pour ses voisins dans la région, puis pour lOccident.
Cependant, cette analyse ne tient pas compte dun facteur interne crucial. Une étude secrète menée par le ministère de lIntérieur iranien en 2003, a déterminé que sur 16000 personnes interrogées à Téhéran, 94% ont déclaré être opposées au régime actuel. Ceci ne devrait surprendre personne, car il ny a aucune raison pour que la population iranienne jeune, extrêmement brillante et dynamique soutienne une dictature corrompue, médiévale et extrémiste qui dévaste son économie et leurs vies depuis un quart de siècle.
En 2005, en dépit darrestations sommaires, de torture, de châtiments inhumains, de lapidations et de pendaisons publiques, les Iraniens ont organisé plus de 4000 actions de protestation à travers tout le pays. Plus tôt cette année, la grève des courageux chauffeurs de bus à Téhéran sest terminée en raids à leur domicile à laube, les chauffeurs et leurs familles ayant été arrêtés et certains ayant eu la langue tranchée. Ceci na pas découragé les femmes de Téhéran qui sont descendues dans la rue pour célébrer la Journée internationale de la Femme et réclamer légalité, mais qui ont été attaquées et frappées violemment. Cela na pas non plus dissuadé les manifestants de la Journée du Travail qui ont scandé des slogans contre le gouvernement et qui ont réclamé leurs salaires et leur travail. La semaine dernière seulement, des dizaines de milliers dIraniens ont pris part à des manifestations contre le régime à Tabriz, au nord-ouest de lIran, pendant lesquelles au moins neuf personnes ont perdu la vie.
Les Iraniens, par le biais du Conseil national de la Résistance, présidé par Maryam Radjavi, proposent une solution unique mais efficace. Celle-ci nest pas aussi radicale ou potentiellement dévastatrice quune guerre entre Etats, et nimplique pas non plus la continuation de la dangereuse politique dapaisement poursuivie, en particulier par lUE, et qui a mené à la situation présente. La clé pour résoudre la crise actuelle se situe entre les mains des Iraniens, si les leaders de la résistance obtiennent le soutien de la communauté internationale.
Cependant, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, en réponse aux requêtes du gouvernement iranien, ont désigné le principal mouvement dopposition, lOrganisation des Moudjahidine du Peuple dIran, de terroristes, avec la conséquence paradoxale que les personnes qui protestent contre le terrorisme du régime iranien sont cataloguées de terroristes, contrairement à toutes les preuves connues. Les mollahs sont donc légitimés et ceux qui résistent diabolisés.
En adoptant une politique ferme contre le régime, comprenant limposition de sanctions, le Conseil de Sécurité peut parvenir à lisolation du régime, et en retirant la proscription de lOMPI, peut encourager les Iraniens à décider de leur propre avenir.

