CNRI – « Nous avons des semaines, des jours, pas des mois, des jours pour sauver la vie des habitants de Liberty. Rappelez à vos diplomates pour qui ils travaillent et rappelez-leur le genre de Parlement que vous voulez être et tout ce que l’Europe devrait représenter pour le monde », a déclaré l’ancien sénateur américain Robert Torricelli le 27 mars à Bruxelles au Parlement européen.
Il s’exprimait dans une conférence organisée par l’intergroupe parlementaire des « Amis d’un Iran libre », qui avait convié Mme Radjavi, présidente élue de la résistance iranienne, et de nombreuses personnalités internationales.
Voici l’intervention remarquable du sénateur Torricelli :
Notre conversation porte sur Liberty et Achraf mais je pense que chacun dans la salle sait qu’en réalité, elle porte sur l’Iran. Ce qui se passe à Liberty est à peu près une partie de l’épreuve de force finale pour libérer l’Iran. C’est ce qui se passe en Syrie ou partout où le régime iranien utilise son terrorisme. C’est un combat par procuration contre ce régime et c’est une raison de plus pour que nous, la communauté internationale, n’osions pas perdre. Je pensais à quelque chose, en écoutant les discours ce matin. Vous le savez, l’histoire est si difficile à voir quand on la regarde de près. Mais une chose merveilleuse se passe ici, aujourd’hui, dans le monde occidental. Ce Parlement européen devient la conscience du monde occidental. Quelle chose merveilleuse à voir. Quelle chose merveilleuse et quel moment pour vous de venir par vous-même, quand vous en avez besoin, pour être entendue au nom des gens du camp Liberty et du peuple d’un Iran libre.

La simple réalité c’est que nous, la communauté internationale et chacune de nos institutions, devons accepter une certaine vérité. Il y a une seule chose à accepter à propos des mollahs en Iran, alors que nous essayons de leur plaire, de les arranger, et de faire des compromis, on est face à des échecs, échec après échec. Ils ne sont pas intéressés par la complaisance. Ils ne sont pas intéressés par le compromis. C’est très bien compris par ce parlement et mon Congrès et la communauté internationale, nous avons essayé, réessayé et encore essayé. Parfois, il faut regarder la vérité en face.
L’OMPI, SEUL GROUPE D’OPPOSITION
Dans mon pays, une très large coalition s’est formée pour soutenir l’OMPI. Non seulement parce que nous pensons que c’est le meilleur groupe de l’opposition, mais parce qu’en réalité, c’est le seul groupe d’opposition. Les mollahs ont détruit toute voix indépendante. Il n’existe plus personne avec une organisation, le leadership, les ressources et la volonté de sacrifier sa vie pour apporter la liberté au peuple opprimé d’Iran. Ainsi, démocrates, républicains, de gauche et de droite, nous soutenons fermement l’OMPI comme la seule organisation capable de mettre fin au cauchemar du peuple iranien.
La route vers un Téhéran libre aujourd’hui, passe par Liberty. Il est important de comprendre l’attaque sur Liberty. Tout comme ceux qui étaient assis à nos places il y a 10-15 ans, et ont vu l’attaque sur Sarajevo, non pas comme une attaque contre les gens qui y vivaient, mais contre la crédibilité de votre Parlement et de mon Congrès, des Nations Unies et de la communauté internationale, auxquels nous avions juré de les protéger. L’ONU avait donné son engagement. Nous étions là pour protéger leurs vies et nous ne l’avons pas fait. J’ai compris l’indignation de Sarajevo et du Rwanda et de nombreux autres endroits. Je ne comprends pas le silence ici. Ils n’ont pas attaqué les gens de Liberty. Ils ont attaqué la crédibilité de l’ONU, de l’Europe et de l’Amérique. Nous avons été attaqués. Vous, moi. C’est la question posée devant nous aujourd’hui.

DERAISONNABLE ?
Les gens du camp Liberty, ne sont pas en colère, mais pour s’adapter de facto à la parole que de facto nous n’avons pas tenue, ils ont fait une demande simple : ils veulent partir. Partir et retourner vers la sécurité relative du camp d’Achraf. Ce n’est pas une demande déraisonnable. Ou bien ils veulent tout simplement les moyens de pouvoir se défendre à Liberty. Je vais vous dire ce qu’ils veulent et que quelqu’un ici me dise si c’est déraisonnable. Ils possédaient des casques pare-balles occidentaux. Ils ne veulent pas d’argent. Ils ne veulent pas de cadeaux. Ça leur appartenait. Ils sont à Achraf. Ils voudraient qu’on les apporte à Liberty. Est-ce déraisonnable ? L’armée américaine avait laissé des murs en T de protection contre les explosions tout autour où des hommes et des femmes dorment maintenant au camp Liberty. C’était précisément contre ce genre d’attaque, ils existent, ils ont été payés par nos contribuables. Ils voudraient qu’ils soient ramenés au camp Liberty pour se défendre contre une nouvelle attaque. Déraisonnable ? Y a-t-il quelque chose de mal à cela ? Ils voudraient des abris de protection contre les explosions. Ils aimeraient savoir qu’il y a une zone de sécurité autour du camp d’où on ne peut pas tirer de roquettes. Qui ici peut s’opposer à l’une de ces demandes ?
Au lieu de cela mon gouvernement et peut-être le vôtre nous ont dit que la sécurité ne résidait pas dans ces moyens, mais dans le départ du pays. J’en conviendrais si nous parlions de 3200 personnes, mais nous n’en avons réinstallé que 7 l’an dernier. Le nombre de morts est plus élevé que ceux qui ont déménagé. Mais la demande, est-ce pour 70, 100 ou 200 ? Prenez n’importe quel pays, prêt à accepter aujourd’hui les gens de Liberty, tout le monde, supposez qu’il n’y a pas de problèmes et amenez-les tous demain, ça pourrait faire 500 personnes. Il en restera 2700. Pas de casque, pas de murs, pas de murs de protection, pas de sécurité, face à une attaque imminente. 2700. Si je devais rester dans cette pièce alors que cette pièce va être attaquée, et dix d’entre vous peuvent partir et le reste va rester face à la mort, partiriez-vous ? Et si oui, quel genre de personnes êtes-vous donc ? Il y a une citation merveilleuse, dont je me souviendrai toute ma vie, à la fin de la bataille de France et alors que la bataille d’Angleterree commençait, les Allemands ont envoyé un message à Churchill. Allait-il se rendre ? Il avait tellement de mépris, qu’il n’a pas répondu. Il a simplement dit : Mais quel genre de personnes pensent-ils que nous sommes ? Quel genre de personnes vivraient au camp Liberty, s’ils laissaient leurs enfants, leurs frères, leurs sœurs, leurs camarades, les gens avec lesquels ils ont vécu avec pendant 26 ans ? Et quelques-uns fileraient par la porte et laisserait les autres pour se battre et défendre leur vie. Quel genre de personnes seraient-ils ? Ce n’est pas une réponse pour la sécurité. Dites-moi ce qu’il y a de mauvais dans ce que nous avons demandé ? Dites-moi que le départ de quelques uns laissant le reste derrière est juste et nous le ferons. Mais vous savez que ce n’est juste et c’est la ligne qui nous sépare aujourd’hui.
LES DIPLOMATES SERONT TENUS POUR RESPONSABLES
Comment allons-nous faire ? Ces diplomates qui ont prescrit un arrangement avec les Iraniens ou de partir de Liberty, ou de rester en danger et d’attendre et attendre la fausse protection irakienne, ces diplomates ne travaillent pas pour eux-mêmes. Ils travaillent pour vous, ou pour moi. Ils sont tenus de rendre des comptes dans une société démocratique.
Je sais que la chose la plus difficile en politique, c’est de voir l’histoire de près. Vous ne pouvez jamais dire où elle va ni d’où elle vient, même si après quelques années cela devient évident. Voici ce qui est évident. A l’heure même où nous parlons, les graines de la fin du régime iranien sont plantées. Vous pouvez le voir en Syrie, vous pouvez le voir en Irak, vous pouvez le dire dans les arènes internationales. C’est là. Cela arrive ; bientôt, cela apparaîtra dans toute son évidence. Par votre présence aujourd’hui, vous avez choisi votre camp. Vous avez fait la plus grande chose que peut faire un parlementaire. Et c’est pourquoi je pense que ce Parlement est devenu la conscience du monde occidental.
N’importe qui peut soutenir un riche, tout le monde peut prendre le parti des puissants. Tout le monde peut se laisser intimider par les armes nucléaires. Tout le monde peut se laisser intimider par du pétrole, mais ceux qui se tiendront avec les pauvres contre les riches, avec les faibles contre les forts, non seulement hériteront de l’histoire, mais pourront être fiers jusqu’à la fin de leur vie d’un moment comme celui-là. Vous êtes du côté du gagnant. Nous avons des semaines, des jours, pas des mois, des jours pour sauver la vie des habitants de Liberty. Rappelez à vos diplomates pour qui ils travaillent et rappelez-leur le genre de Parlement que vous voulez être et tout ce que l’Europe devrait représenter pour le monde. C’est de ce moment-là dont il s’agit.

