mercredi, novembre 30, 2022
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La lettre d’Ahmadinejad «ne résout aucun problème»

La lettre d’Ahmadinejad «ne résout aucun problème» Le Figaro – La Maison-Blanche a vite refroidi lundi les espoirs d’une solution négociée à la crise nucléaire iranienne en déclarant que la missive envoyée par le président iranien à George W. Bush ne contenait rien qui incite à une reprise du dialogue entre les deux pays. 

« Une vaste vision historique et philosophique » de l’argumentaire nucléaire iranien. C’est ainsi que le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain résume la lettre envoyée lundi par le président Mahmoud Ahmadinejad à George W. Bush. Et d’ajouter : « Cette lettre ne résout aucun des problèmes de l’Iran avec la communauté internationale. » Conclusion : « Le gouvernement américain ne prendra pas l’initiative de rendre publique la missive. »

Une position confirmée quelques heures plus tard par Condoleeza Rice : « Cette lettre n’est pas une ouverture en faveur de négociations visant à dénouer la crise nucléaire avec Téhéran (…) Elle ne touche pas aux questions auxquelles nous faisons face de manière concrète ». Le courrier du président conservateur iranien était pourtant un geste diplomatique fort : les deux pays ont rompu toute relation depuis 1980.

Dans une première réaction, le porte-parole américain avait rapidement rappelé les exigences américaines : « L’Iran sait ce qu’il a à faire, il doit se conformer » à la volonté du Conseil de sécurité et aux résolutions de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), « et cesser toutes les activités liées à l’enrichissement » d’uranium. Aux yeux de la Maison-Blanche, la lettre de Mahmoud Ahmadinejad ne concède donc rien à ce sujet.

« Le libéralisme et la démocratie ont échoué »

Envoyé au président Bush en pleine crise sur son programme nucléaire, le courrier de 18 pages fait à peine référence aux intentions de Téhéran. Seule allusion, cette question : pourquoi « tout progrès technologique et scientifique accompli dans la région du Moyen-Orient est perçu comme une menace pour le régime sioniste ? »

Dans le reste de la lettre, le président iranien fustige les Etats-Unis sur plusieurs thèmes, de l’invasion de l’Irak au soutien à Israël. Mahmoud Ahmadinejad établit des analogies entre l’invasion par les Etats-Unis de l’Irak, en 2003, et les menaces américaines visant l’Iran. Le président conservateur laisse ainsi entendre que Washington a menti pour justifier la guerre en Irak. « Quant au prétexte des armes de destruction massive (ADM), cette grande tragédie a fini par engloutir aussi bien la population du pays occupé que celle du pays occupant. Plus tard, il s’est avéré que les ADM n’avaient pas existé », écrit Ahmadinejad dans cette missive rédigée en farsi. « On a dit des mensonges dans le dossier irakien. Quel a été le résultat ? Je ne doute pas que mentir soit répréhensible dans n’importe quelle culture, et que vous n’aimiez pas que l’on vous mente. »

Evoquant les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak, le président iranien écrit : « Le libéralisme et la démocratie occidentale ne sont pas parvenus à participer à la réalisation des idéaux de l’humanité. » « Ces deux concepts ont aujourd’hui échoué », ajoute-t-il.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad suggère à son homologue américain George W. Bush de revenir au respect des principes religieux pour rétablir la confiance entre les deux pays : « Cela signifie un retour réel aux enseignements des prophètes, au monothéisme et à la justice, pour préserver la dignité humaine et l’obédience au Tout-Puissant et à ses prophètes. »

Résolution contraignante ?

Le Conseil de sécurité de l’Onu étudie actuellement un projet de résolution franco-britannique parrainé par les Etats-Unis exigeant de l’Iran qu’il suspende l’enrichissement de l’uranium. Mais la réunion organisée dans ce but lundi soir entre les Cinq grands (France, Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne) et l’Allemagne s’est à nouveau soldée par un échec : la Russie et la Chine, qui disposent d’un droit de veto, sont toujours opposées à des sanctions.

Mardi, le négociateur en chef iranien, Ali Laridjani, a une nouvelle fois expliqué que son pays était prêt à coopérer à la condition que le dossier reste entre les mains de l’AIEA et non du Conseil de sécurité. Le dirigeant iranien s’est par ailleurs félicité de la position « réaliste » de la Chine et de la Russie.

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