« Malgré la si difficile période que vous vivez, pour ce courage à l’assumer, pour le fait de rester debout malgré la menace permanente, moi j’ai envie de dire que ce vieux pays qu’est la France, quelque part, vous lui faites du bien. Et si la France est encouragée, elle est certainement l’une des nations qui peut le plus aider à trouver des solutions qu’il convient dans ces cas-là », a déclaré le député Jean Lassalle (MoDem), lors d’une conférence à l’Assemblée nationale le mardi 27 octobre.
Tenue à l’invitation du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID), coprésidée par Dominique Lefebvre (PS), Michel Terrot (LR), André Chassaigne (GDR), la réunion a également été l’occasion pour les députés (dont 70 ont signé un appel) d’inviter le gouvernement français à subordonner l’évolution des relations diplomatiques et commerciales avec l’Iran à l’amélioration de la situation des droits humains dans ce pays. La réunion s’est tenue en présence de Bruno Leroux et Maryam Radjavi était l’invité d’honneur qui a appelé la communauté internationale, notamment l’Union européenne, à respecter ses engagements à protéger le camp Liberty et à faire le nécessaire pour mettre fin à son blocus.
Dans son intervention, le vice-président du Mouvement démocrate a déclaré : « Nous ne devons pas oublier effectivement que ce régime, qui s’est si malheureusement introduit chez vous depuis trente ans, est certainement un des pires que nous ayons connu sous notre ère. Il nous a fait retrouver ce que nous avions pu connaitre de plus tragique et le pire même parfois dans notre belle Europe, en y ajoutant ce que nous pensions révolu : la cruauté et l’atrocité de guerre de religion qui remonte à 500 ans et dont nous pensions être débarrassés pour toujours.
Tout le monde sait, hélas, ce qu’il en est chez vous : toujours plus d’exécutions – pour faire mieux que la Chine – de plus en plus de mineurs, des femmes… Avec une situation des femmes telle qu’on n’ose même pas la décrire, aucun respect de ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à la Déclaration des droits de l’homme. Tous les organismes qui suivent la situation des hommes à travers le monde sont affolés, il n’y a pas de qualificatif pour dire ce qu’il en est chez vous.
Je ne peux m’empêcher de penser au terrible processus qui vous a ainsi broyé. Non il ne vous a pas broyé, il vous a fait beaucoup de mal. Sa capacité de pénétration à travers le monde entier, à semer le désordre et la confusion, a réveillé des passions que l’on croyait révolues entre communautés. Oui Madame la Présidente (Radjavi), je pense que votre visage illumine, nous donne de l’espoir ; la flamme de l’espoir n’est pas éteinte et elle ne s’éteindra jamais, à travers votre regard on le voit bien.
Ce cercle qui ne cesse de grandir des parlementaires, c’est aussi pour nous députés de France un signal très heureux. Ça veut dire qu’au pays des droits de l’homme, de celui qui a eu le premier le courage de déclarer qu’il était souverain, il y a quand même des impulsions profondes qui nous animent.
Sans oublier cependant de nous interroger sur la manière dont il faut sortir des tragédies telles que celles que vous vivez. Au cours de ces décennies, un peu partout, on voit bien que les interventions extérieures si elles ne sont pas animées du désir d’accompagner les résistances intérieures, sont très difficiles ensuite à faire aboutir.
Ce qui me remplit le plus d’espoir, c’est de voir votre résistance croitre, grandir, de voir que ces hommes et ces femmes que je croise aux abords de l’Assemblée, sont de plus en plus déterminés. Je crois que c’est quand même vous qui devez gagner, garder la conduite, pour éviter ensuite que ça ne dérape pas une fois de plus. Je veux vous dire ma confiance, parce qu’aujourd’hui plus personne ne peut ignorer ou faire semblant d’ignorer ce qui se passe chez vous et ce que cela continue de déclencher en cascade, toujours plus horrible, toujours plus détestable.
Alors malgré la si difficile période que vous vivez, pour ce courage à l’assumer, pour le fait de rester debout malgré la menace permanente, moi j’ai envie de dire que ce vieux pays qu’est la France, quelque part, vous lui faites du bien. Et si la France est encouragée, elle est certainement l’une des nations qui peut le plus aider à trouver des solutions qu’il convient dans ces cas-là. »



