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L’opposition iranienne met en garde contre les illusions des occidentaux

APA (agence de presse autrichienne), Berlin, 9 mars 2015 – Alors que les Etats-Unis parlent de progrès dans les négociations nucléaires avec l’Iran selon le président Barack Obama, et que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a envoyé une équipe de cinq experts à Téhéran pour négocier sur les détails techniques du programme nucléaire de l’Iran, l’opposition iranienne en exil met en garde l’Occident contre des «illusions».

C’est ce qu’a dit un porte-parole du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), lundi 9 mars à APA. Le week-end dernier une «convention» de l’opposition iranienne en exil à Berlin a fait retentir l’alarme.

Ce n’était pas seulement un rassemblement de l’opposition en exil en Europe, mais un rassemblement sur les racines et les dangers de l’intégrisme islamique et l’incapacité de l’Occident à traiter avec elle. Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la Résistance iranienne basé à Paris, mais aussi beaucoup d’anciens hommes politiques européens et l’ancien maire de New York Rudolph Giuilani ont été acclamés au Vélodrome de Berlin par des dizaines de milliers de participants pour leurs critiques de Téhéran et des illusions occidentales.

L’ancien conseiller en politique étrangère du chancelier Helmut Kohl, Horst Teltschik, a critiqué le gouvernement fédéral actuel, notamment le ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière pour son refus d’accepter 150 autres personnes du « camp Liberty » en Allemagne. Le camp abrite environ 2500 opposants iraniens en Irak qui sont la cible de violences et d’efforts pour les anéantir. « Il est ridicule de voir dans ces gens une menace pour la sécurité intérieure en Allemagne », a déclaré Teltschik. Même les États-Unis ont appelé à prendre des gens du camp : « Il est grand temps ! »

Le régime iranien considère qu’actuellement il a une chance de devenir une puissance régionale au Moyen-Orient. C’est pourquoi Teltschik, l’ancien patron de la Conférence sur la sécurité de Munich, doute que le régime renoncera de façon permanente à la production d’armes nucléaires. « Ils ont probablement déjà la technologie pour produire des armes nucléaires. Cela fait longtemps que les mollahs ont acquis les connaissances nécessaires. » Toutefois, une solution militaire n’est pas la bonne solution. Cela pourrait devenir un cauchemar pour l’ensemble du Moyen et du Proche-Orient.

L’ancien commissaire européen Günter Verheugen a également mis en garde l’Occident contre les illusions et l’aveuglement, si l’on peut conclure des accords fiables avec les mollahs : «Il n’y a pas de partenariat à long terme avec eux, et les violations des droits humains doivent être dénoncées tous les jours ! » Verheugen a critiqué la chancelière allemande Angela Merkel, le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier et le président fédéral Joachim Gauck, « pour n’avoir pas accueilli la femme remarquable qu’est Maryam Radjavi ».

Principale oratrice, Maryam Radjavi a parlé de la dictature religieuse à Téhéran comme du cœur du problème de l’intégrisme dans la région. «Le soutien de l’Iran à la dictature de Bachar el-Assad en Syrie, à Maliki en Irak et à d’autres pays a conduit à l’émergence de milices intégristes et de Daech. » La lapidation, l’énucléation des yeux, les amputations des membres figurent dans le droit pénal, le massacre des prisonniers politiques, le nombre record de tortures et d’exécutions, y compris de femmes et de jeunes. « Ce régime est le parrain du terrorisme et la plus grande menace pour la paix dans le monde. »

Mme Radjavi a critiqué la complaisance de l’Occident et la confusion régnant contre Daech et l’extrémisme sous couvert de l’islam. Elle a vivement mis en garde contre des concessions au régime iranien dans les négociations nucléaires. Le silence de l’Occident sur les crimes inhumains actuels, dans le seul but de ne pas gêner les négociations nucléaires, encourage les mollahs à poursuivre leurs atrocités et leur projet de bombe atomique. « C’est parce qu’ils étaient dans une situation de désespoir que les mollahs sont venus à la table des négociations, mais la politique de complaisance les a de nouveau encouragés. La faiblesse de cette politique renforce l’intégrisme. »

Le CNRI a été créé en 1981, deux ans après la révolution de l’ayatollah Khomeiny. Maryam Radjavi, dirigeante de l’opposition iranienne en exil et sa Présidente élue, prône une république démocratique fondée sur la séparation de la religion et de l’État, le pluralisme et la stricte égalité entre les femmes et les hommes.