samedi, décembre 3, 2022
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« Je suis venue à Genève demander des mesures urgentes pour Achraf » – Maryam Radjavi

CNRI – « S’il le pouvait, M. Maliki les livrerait aux escadrons de la mort ou aux prisons et aux salles de tortures clandestines. Il s’appuie sur l’inscription de l’OMPI dans la liste du terrorisme du département d’Etat américain pour justifier les services rendus au fascisme religieux au pouvoir en Iran dans le but de réprimer les opposants et les défenseurs de la liberté en Iran », a déclaré Maryam Radjavi le 10 aout à Genève.

La présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne était l’hôte d’une conférence internationale où de très nombreuses personnalités et parlementaires suisses et internationaux se sont retrouvés pour examiner la responsabilité de l’ONU et du HCR vis-à-vis de la situation du camp d’Achraf en Irak. Achraf abrite 3400 réfugiés membres des Moudjahidine du peuple d’Iran, la principale opposition démocratique à la dictature des mollahs.

Voici l’intervention de Maryam Radjavi :

Je suis venue à Genève au nom de mes compatriotes, des familles des martyrs et des prisonniers politiques et au nom des Achrafiens. Je suis venue dans la ville des droits de l’homme, la ville des réfugiés et la ville où siège l’ONU, pour faire entendre leur cri pour obtenir leurs droits piétinés. De même je salue la mémoire du Pr Kazem Radjavi, symbole de la défense des droits de l’homme en Iran, qui a été abattu par les terroristes envoyés par Téhéran pas très loin de ce bâtiment. Il avait dit : « Nous écrivons les droits de l’homme avec notre sang. »

Je n’ai aucun doute que si Kazem était vivant, il serait révolté par ce silence et l’inaction des instances internationales et qu’il les considèrerait comme une trahison des droits de l’homme.
Je suis sûre que tous les défenseurs des droits de l’homme le suivront afin de rétablir les droits de l’homme violés du peuple iranien et des peuples du monde et qu’ils ne permettront jamais que ces droits soient à nouveau piétinés.

Il y a presque quatre mois que des Iraniens, notamment des parents d’Achrafiens font un sit-in à Genève. Ce long sit-in, comme le sit-in et la manifestation sans répit des Iraniens à Washington et dans des capitales européennes, posent cette question à la communauté internationale, en particulier à l’ONU et aux Etats-Unis : vont-ils faire quelque chose dans le cadre de leur responsabilité irréfutable sur la protection d’Achraf ? Ou vont-ils permettre que le crime contre l’humanité de juillet 2009 et d’avril 2011 se répète ?

Le crime contre l’humanité à Achraf ne s’est pas arrêté. En déclarant un ultimatum pour la fin de cette année, le gouvernement irakien à armer la détente d’un massacre encore plus grand. Je ne pense que l’interdiction sans vergogne faite par Maliki à la visite à Achraf des délégations du Parlement européen et du Congrès américain dit clairement ses objectifs.

La semaine dernière, le premier ministre irakien a pris une mesure supplémentaire et annoncé un mandat d’arrêt contre 121 Achrafiens. Il a annoncé qu’il porterait plainte contre les pays qui donneront refuge aux Achrafiens et même contre les tribunaux qui comme la cour nationale espagnole, ont accepté leurs plaintes, parce qu’ils violent la souveraineté irakienne ! On voit aujourd’hui les dictateurs totalement inverser le sens des choses.

S’il le pouvait, M. Maliki les livrerait aux escadrons de la mort ou aux prisons et aux salles de tortures clandestines. Il s’appuie sur l’inscription de l’OMPI dans la liste du terrorisme du département d’Etat américain pour justifier les services rendus au fascisme religieux au pouvoir en Iran dans le but de réprimer les opposants et les défenseurs de la liberté en Iran.

Récemment, le ministre du Renseignement des mollahs a souligné que pour anéantir au plus vite l’OMPI (la principale force d’opposition iranienne), il effectue des coordinations en Irak. La torture psychologique incessante au moyen de 300 haut-parleurs se poursuit sans répit.

A cause du blocus inhumain, les blessés de l’attaque du 8 avril risquent de mourir ou d’être malheureusement handicapés.

Cela fait deux ans et demi qu’à la suite du transfert à Maliki par les forces américaines de la protection du camp, qui s’est faite dès le départ avec l’opposition des Achrafiens, de leurs avocats et de nombreux organes de défense des droits de l’homme, les membres de l’OMPI à Achraf sont privés du droit à la vie, du droit à la santé, du droit aux soins, du droit de se déplacer, du droit au travail, du droit de voir leurs avocats et du droit de voir leur famille, du droit de porter plainte et des droits fondamentaux.

47 personnes ont été tuées et 1071 autres ont été blessées, et certains sont morts en raison du blocus médical. Même le permis d’inhumer n’a pas été délivré aux familles et aux amis des victimes. Le cimetière d’Achraf qui compte depuis une vingtaine d’années environ 250 tombes d’Achrafiens est occupé par l’armée et les habitants ne sont pas autorisés à s’y rendre. Lors de l’attaque du 8 avril, 10 millions de dollars de véhicules, de biens personnels et d’habitations ont été pillés et saisis, et tous les documents sont disponibles.

Pourquoi cela est-il arrivé ?

Les Etats-Unis ont une responsabilité vis-à-vis d’Achraf, en raison des obligations du droit international, en raison d’engagements moraux et en raison de l’accord qu’ils ont signé avec chacun des habitants d’Achraf en échange de leur désarmement de les protéger. Le Congrès américain et de hauts dignitaires américains, dont certains se trouvent parmi nous aujourd’hui, ont souligné à plusieurs reprises la nécessité de protéger Achraf et la responsabilité du gouvernement américain dans ce domaine. Mais les Etats-Unis ont transféré la protection du camp à un gouvernement dont ils connaissaient l’hostilité envers les Achrafiens en raison de sa dépendance et de ses engagements avec le régime iranien.

Au mois de mai, une solution faisable a été présentée par le Parlement européen pour transférer les Achrafiens vers des pays tiers. Mais l’ambassade américaine à Bagdad en avançant une solution illégale et dangereuse de déplacement à l’intérieur de l’Irak – que demande Maliki depuis deux ans – s’est posée dans la pratique comme un obstacle à la solution européenne.
Tandis que le soutien de l’Amérique et de son ambassade en Irak à ce plan européen aurait pu et peut lui impulser un grand dynamisme.
 
La solution européenne qui est conforme aux conseils du Haut commissaire des droits de l’homme et du Secrétaire général de l’Onu, a rencontré l’approbation de la Haute représentante de l’UE et de certains gouvernements européens. En Irak aussi, le président du Parlement, le vice-premier ministre, le vice-président de la République et plusieurs parlementaires irakiens lui ont apporté leur soutien. Cette solution a bénéficié d’un vaste appui au Congrès américain. Il existe un consensus international comme quoi un déplacement en Irak ne conduira qu’à la prochaine tuerie des Achrafiens.

Outre l’opposition des Irakiens et des Européens, la commission des Affaires étrangères du Congrès américain a voté à l’unanimité le 21 juillet un amendement en annexe à la loi budgétaire qui charge le gouvernement américain d’empêcher un déplacement forcé des Achrafiens.

Comme l’a souligné le juge Ted Poe, membre du Congrès américain, dans l’audition du 27 juillet : « Le déplacement à l’intérieur de l’Irak est la demande commune des régimes iranien et irakien. » M. Dana Rohrabacher, président de la sous-commission de Surveillance et des Enquêtes du Congrès américain, a déclaré dans cette audition : « Si un autre massacre se passe, vous en serez responsables. La responsabilité de la mort de ces personnes sans armes retombe sur vous. »

Chers Amis,

Le 15 avril, la Haut commissaire des droits de l’homme de l’ONU, Navi Pillay a souligné la nécessité de mener une enquête indépendante, transparente et impartiale et la poursuite des auteurs du massacre du 8 avril. Elle a aussi demandé le transfert des habitants d’Achraf vers des pays tiers.

Le mois dernier, M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, a déclaré dans son rapport au Conseil de Sécurité : « J’encourage toutes les parties prenantes impliquées (…) à rechercher une solution consensuelle  qui assure le respect de la souveraineté de l’Irak tout en étant conforme  au droit international des droits de l’homme et aux principes humanitaires. A cette fin, j’appelle les Etats membres à aider à soutenir et à faciliter la mise en œuvre de tout arrangement qui soit acceptable pour le gouvernement irakien et les habitants du camp. »

Aujourd’hui, je suis venue à Genève, ville des droits de l’homme et de l’ONU, pour demander des mesures urgentes pour sauver la vie d’innocents sans armes et sans défense face à une attaque, des menaces et des ultimatums sanglants dans la voie que le Secrétaire général a annoncée :

1- L’installation d’un observateur de l’ONU à Achraf pour voir ce qui s’y passe.
2- La réaffirmation du statut collectif de réfugié politique des Achrafiens, même de manière provisoire, par le Haut commissariat pour les réfugiés pour qu’ils puisent bénéficier du droit à la protection internationale.
3- L’ouverture immédiate d’une enquête sous la supervision de l’ONU sur le massacre du 8 avril.
4- Contraindre le gouvernement irakien à annoncer qu’il se conforme à l’appel du Secrétaire général de l’ONU de s’abstenir de tout usage de la force et de la violence, de mettre fin au blocus inhumain et à la torture psychologique, de retirer les hommes armés d’Achraf, où vivent près d’un millier de femmes musulmanes.
5- Le soutien des Etats-Unis et de l’Union européenne à la solution du Parlement européen pour le transfert des résidents d’Achraf vers des pays tiers et assurer et garantir leur protection durant tout le processus.

Dans mes lettres au Secrétaire général, à la baronne Ashton et à Mme Pillay, je les ai informés que si cela pouvait aider, les Iraniens et les familles des Achrafiens se chargeraient des frais de l’ONU de la protection pour que l’adoption d’un budget dans les procédures administratives de l’ONU et de l’Union européenne ne rencontre ni délai ni problème, et pour éviter la mort d’autres innocents.

C’est pourquoi j’appelle les hauts commissaires Antonio Guterrez et Navi Pillay à agir au plus vite. La communauté internationale regarde les instances internationales comme le HCR et le Haut commissariat des droits de l’homme et elle attend d’elles une démarche urgente.

 

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