lundi, novembre 28, 2022
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L’ancien vice-président du Parlement européen : l’Europe ne devrait pas tomber dans le piège de l’« élection » en Iran

L'ancien vice-président du Parlement européen : l'Europe ne devrait pas tomber dans le piège de l'« élection » en Iran

Un ancien vice-président du Parlement européen a déclaré lors d’une conférence à Bruxelles mercredi que les pays européens ne devraient pas répéter leurs erreurs passées c’est-à-dire croire en les résultats des élections iraniennes.

Dr Alejo Vidal-Quadras, qui est actuellement le président de l’organisation non gouvernementale basée à Bruxelles, In Search of Justice, a déclaré lors d’une conférence au Parlement européen intitulée « La politique de l’UE sur l’Iran après l’accord sur le nucléaire », que l’Occident devrait coopérer avec l’opposition iranienne sous la direction de Mme Maryam Radjavi et soutenir son plan en 10 points, qui a été soutenu par des milliers de politiciens élus en Europe et en Amérique.

Le programme de Mme Radjavi prône un Iran laïque et non nucléaire, l’égalité entre les hommes et les femmes et l’abolition de la peine de mort.

Voici ci-dessous le texte du discours prononcé par le Dr Alejo Vidal-Quadras au Parlement européen le 2 mars 2016 :

Comme plusieurs orateurs l’ont répété avant, la semaine dernière, nous avons assisté aux élections en Iran. Et les médias occidentaux, l’Europe et les médias américains ont publié de nombreux articles sur ces élections. Et il faut dire, pour rendre les choses plus claires, que ces élections n’ont pas été des élections comme nous sommes habitués à voir dans le monde libre.

Tout d’abord, parce que dans ces élections, il n’y avait pas de candidats de l’opposition.

Deuxièmement, parce que toutes les candidatures, de partisans et de candidats loyaux au régime bien entendu, doivent être approuvés par un organisme spécial appelé le Conseil des gardiens. Même le nom de l’organisme est effrayant, non ? « Le Conseil des gardiens. »

Ce Conseil des gardiens est composé de douze membres. Six mollahs sont directement nommés par le Guide suprême, Ali Khamenei, et les six autres sont sélectionnés, ils sont choisis par le chef du pouvoir judiciaire. Et qui nomme le chef du pouvoir judiciaire ? Le Guide suprême. Donc, en fait, les douze membres du Conseil des gardiens sont nommés par le Guide suprême.

Chaque candidat aux élections doit faire preuve d’un engagement sincère et pratique envers le régime et le Guide suprême. Même ainsi, la moitié des candidats à ces élections — chacun d’entre eux, comme je le disais, fidèle au régime — la moitié d’entre eux ont été disqualifiés par le Conseil des gardiens parce qu’ils avaient exprimé à un certain moment, une légère différence d’opinions que le Guide suprême n’a pas appréciée.

Puis, les candidatures doivent passer encore par un autre filtre. Parmi ceux qui ont été acceptés par le Conseil des gardiens, il y a un comité spécial de quatre personnes : le commandant des Gardiens de la Révolution, le commandant des gardiens de la révolution de la région de Téhéran, le secrétaire du Conseil des gardiens et le chef du Cabinet du Guide suprême. Ce comité examine les candidats acceptés par le Conseil des gardiens et filtre à nouveau cette liste pour s’assurer qu’aucun d’entre eux n’a commis de faute, vous pouvez alors imaginer le résultat de ce double filtre.

Par conséquent, si vous examinez les membres du nouveau parlement, vous arriverez à la conclusion que, peu importe le nom des différentes factions présentes dans ce parlement, réformistes, modérés ou conservateurs, cela n’a aucun sens. Ces mots ont un sens pour nous ici en Europe, mais dans la réalité du régime iranien, ce sont tous les mêmes : ils sont tous des meurtriers, ils violent des droits de l’Homme, ou ce sont des terroristes.

La liste des soi-disant modérés, sous la direction de l’ancien président Rafsandjani et du président actuel, Hassan Rohani, comprend l’actuel ministre des Renseignements, et trois anciens ministres des renseignements, chacun d’eux avec un dossier sinistre comportant des crimes et la torture des opposants. En fait, l’un d’eux, Ali Fallahian, a été inculpé devant les tribunaux internationaux pour son rôle en tant que cerveau dans plusieurs cas d’assassinats de membres de l’opposition qui vivaient à l’étranger, en Allemagne ou en Suisse, et aussi parce qu’il avait un rôle de premier plan dans la très célèbre attaque terroriste de Buenos Aires contre l’association juive.

D’autre part, dans la liste des conservateurs, vous pouvez trouver le nom de l’actuel chef de l’appareil judiciaire et deux anciens chefs de la magistrature chargée de mettre en œuvre des milliers de condamnations à mort.

Le régime a affirmé que la participation aux élections a été très élevée, selon eux, elle s’élevait à presque 70 %. Ceci est également un grand mensonge. Ils emmènent les journalistes étrangers dans certains bureaux de vote sélectionnés, qui ont été bien préparés. Il n’est donc pas difficile de propager cette fausse idée concernant une haute participation. Si cela avait été de vraies élections, les mollahs auraient dû accepter des observateurs internationaux, ce qui est tout à fait normal dans de nombreux pays.

Le Parlement européen, en fait, a l’habitude d’envoyer des missions d’observation lors de différentes élections partout dans le monde. Mais eux, bien sûr, n’acceptent pas les observateurs. Ils peuvent affirmer qu’il y a eu une participation de 70, 80, 90 %, ils affirment ce qu’ils veulent, car il n’y a pas un moyen objectif de vérifier ce qui se passe, et truquer les élections est très facile. En fait, ce qu’ils font, c’est que quels que soient le taux de participation ou le résultat des élections, ils multiplient le nombre d’électeurs par trois ou quatre, et le donnent comme résultat officiel.

Mais si les gouvernements européens cherchent des Iraniens modérés, nous en connaissons. Ils devraient coopérer avec le CNRI, sous la direction de Mme Radjavi, et soutenir leur plate-forme, leur programme en 10 points — qui a été soutenu par des milliers de politiciens élus en Europe et en Amérique — un programme qui milite pour un État laïque et non nucléaire, pour l’égalité entre les hommes et les femmes, la séparation de la religion et de l’État, et l’abolition de la peine de mort.

Ce mouvement est véritablement démocratique et modéré et il mérite notre soutien. Permettez-moi de conclure qu’en ce qui nous concerne en Europe, nous ne devons pas nous réjouir de ces fausses élections.

Certains des commentaires que l’on peut lire dans la presse ces jours-ci au sujet des élections sont, franchement, ridicules. Le régime a utilisé ces élections pour faire des affaires avec l’Occident, et en même temps, il continue sa répression de l’opposition. Les pays occidentaux, les pays européens sont déjà tombés dans ce piège, et ils retombent dedans à nouveau. Et franchement, il est temps de ne pas répéter ces erreurs, surtout, parce que si nous le faisons, les premiers perdants sont le peuple iranien.
Merci beaucoup.

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