dimanche, novembre 27, 2022
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L’allocution du Dr Alejo Vidal-Quadras à la conférence « Droits de l’Homme en Iran » à l’ONU

L’allocution du Dr Alejo Vidal-Quadras à la conférence « Droits de l’Homme en Iran » à l’ONU

Le texte de l’allocution du Dr Alejo Vidal-Quadras, président du Comité international pour l’Application de la Justice (ISJ) et ancien vice-président du Parlement européen

Mesdames et Messieurs, Chers amis, 

Je suis ici aujourd’hui en tant que représentant du Comité international pour l’application de la Justice (ISJ) que nous avons formé en 2008 lorsque j’étais vice-président du Parlement européen. L’ISJ est maintenant une ONG sans but lucratif enregistrée à Bruxelles qui travaille principalement sur les droits de l’Homme et la démocratie, mais aussi sur la situation de sécurité, en Iran et en Irak.

Merci beaucoup pour m’avoir invité à cette importante conférence. Mon intervention sera concentrée sur le sujet de la situation des droits de l’Homme dans l’Iran d’aujourd’hui.

Le régime des mollahs en Iran détient le record le plus élevé d’exécutions par habitant et parmi les État membre de l’ONU, c’est l’Etat qui exécute le plus les mineurs.

Environ 2000 personnes ont été exécutées sous le président Rohani dans les deux dernières années, plus que pendant toute autre période analogue au cours des 25 dernières années. Un jeune prisonnier politique kurde, Behrouz Alkhani a été exécuté récemment et le corps inanimé de Shahrokh Zamani, un autre prisonnier politique, a été trouvé dans sa cellule la semaine dernière.

Les exécutions ont augmenté en Iran, en particulier durant le mois qui a suivi l’accord nucléaire avec ce pays. Il semble que la signature de cet accord nucléaire et l’absence d’aucune condamnation publique des violations des droits de l’Homme par les gouvernements européens ont encouragé le régime iranien à accélérer ses actions pour éliminer ses adversaires à l’intérieur de l’Iran, mais aussi pour éliminer les opposants exilés dans l’Irak voisin.

Plusieurs cas de punitions inhumaines et barbares ont au lieu en Iran ces derniers mois, notamment amputation des mains et des pieds.

L’Iran est l’un des plus grandes prisons dans le monde pour les journalistes. Plusieurs dizaines de journalistes sont actuellement emprisonnés en Iran. De nombreux journalistes rapportent que le régime intimide et harcèle leurs familles afin de faire pression sur eux de les contraindre à cesser leur activité.

Presque tous les militants de l’opposition qui ont été dans les prisons de ce régime avant l’arrivée au pouvoir de Rohani sont encore en prison et certains d’entre eux ont été exécutés.

La situation des femmes s’est empirée. Les femmes en Iran occupent seulement 12% du marché de travail. De nombreux emplois sont interdits pour les femmes. Elles n’ont pas le droit d’entrer dans des stades et d’assister à des matchs sportifs. Elles n’ont pas le droit de chanter ou jouer de la musique en public.

La répression contre les femmes a été institutionnalisée sous Rohani. En vertu d’une loi adoptée par le parlement iranien, les agents de sécurité peuvent intervenir pour imposer le voile aux femmes. Si une femme proteste, elle peut être arrêtée et sévèrement punie. Cette loi a ouvert la voie à de nombreuses attaques à l’acide contre les filles et les femmes accusées d’être « mal-voilées ».

Plusieurs femmes qui étaient des activistes politiques ont été emprisonnées, notamment Nargess Mohammadi qui a deux jeunes enfants jumeaux. Son mari a été contraint à l’exil et sa vie familiale a été pratiquement détruite. Elle a été maintenue en détention malgré le fait qu’elle est gravement malade. Atena Farghadani, artiste talentueuse âgée de 28 ans, a été condamnée à près de 13 ans de prison alors qu’elle est très malade. Amnesty International estime qu’elle est un prisonnier d’opinion. En septembre, lorsque l’avocat d’Atena lui a rendu visite, ils ont serré la main. A cause de cette poignée de main, elle a été inculpée pour « relation sexuelle illégitime semblable à l’adultère» et pour « conduite indécente ». Son avocat a également été arrêté. En signe de protestation contre une telle injustice, elle a entamé une grève de la faim.

La situation des minorités religieuses comme les chrétiens et les bahaïs sont très critiques et ont empiré sous Rohani. Les cimetières de bahaïs ont été détruits par les autorités. La persécution systématique des bahaïs par le régime iranien a également provoqué des crimes motivés par la religion et visant les membres de cette communauté.

Non seulement Rohani est resté silencieux au sujet des crimes commis dans des prisons de régime iranien, mais aussi il a promu le chef de l’Organisation des prisons d’Iran (Gholam-Hossein Esmaili) au poste du directeur général du ministère de la Justice dans la province de Téhéran.

L’actuel ministre de la Justice nommé par Rohani (le mollah Mostafa Pour-Mohammadi) a été membre d’un comité tripartite, connu sous le nom de « Comité de la mort ». En été 1988, ce comité a envoyé à la potence plus de 30.000 prisonniers politiques, principalement des membres de l’OMPI.

Rohani a affirmé à la télévision iranienne que les peines de mort sont conformes à la loi divine et aux règles de l’Etat de droit. Par conséquent, nous ne devrions pas nous laisser berner par les lobbies du régime iranien selon qui ces abus sont faits par les « durs » du régime, à l’insu de Rohani. Au moins sur la question de la répression, toutes les factions de ce régime sont unanimes, car la fin de la répression et la fin de l’atmosphère de terreur créée par ces exécutions conduirait à une révolte et leur chute inévitable.

L’opposition démocratique en Iran s’est clairement prononcé contre la peine de mort. Mme Maryam Radjavi – qui dirige le principal parti de l’opposition organisée – a clairement dit que dans l’Iran de demain, il n’y aura pas de peine de mort. Je pense que cet engagement est un engagement historique très courageux, en particulier pour le monde musulman.

Nous estimons que la politique actuelle de l’UE est inquiétante. Les gouvernements européens ont aboli la peine de mort dans leurs propres pays, mais semblent être très à l’aise dans les relations avec ce régime qui détient le record le plus élevé au monde d’exécutions par habitant. Les affaires d’abord ! Nous avons assisté à une ruée des différents ministres européens vers l’Iran qui ont prix des photos en souriant avec des responsables iraniens et ont signé des contrats d’une valeur de plusieurs milliards d’euros sans évoquer les violations des droits de l’Homme, ni la répression contre les femmes. En tant qu’Européen, je trouve çà honteux.

Une telle approche a des effets très négatifs. Il va envoyer ce mauvais message à la population iranienne : les Européens ne sont intéressés que par le commerce et ne se soucient pas de leurs souffrances. Par ailleurs, cette attitude encourage le régime à poursuivre la répression.

Depuis que Mme Mogherini est devenue le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères, même pas un communiqué de presse n’a été publié par son bureau pour condamner les violations des droits de l’Homme en Iran. Jusqu’à présent, les responsables européens étaient occupés avec les négociations nucléaires. Et maintenant ? Pourquoi un tel silence?

Si nous voulons que ces violations des droits de l’Homme cessent, nous devons adopter des positions très fermes. Nous devons continuer à condamner ces atrocités publiquement et pas seulement dans des réunions privées avec des responsables iraniens. Le soi-disant « dialogue sur les droits de l’Homme » avec l’Iran ne doit pas remplacer nos fortes condamnations publiques des atrocités commises par ce régime contre le peuple iranien. Nous devons continuer à proposer et d’adopter de fortes résolutions à l’Assemblée générale de l’ONU pour arrêter les exécutions publiques en Iran. Nous devons poursuivre les sanctions liées à des violations des droits de l’Homme et au soutien que ce régime fournit aux groupes terroristes à travers le monde.

Je dois rappeler aux gouvernements européens que lorsque les Américains ont négocié avec l’ex Union soviétique en 1975 un accord sur le contrôle des armements, la question des droits de l’Homme était la partie la plus importante du texte final des accords d’Helsinki. Les Accords ont été signés par trente-cinq Etats, notamment les Etats-Unis, le Canada et les Etats européens. Dans les négociations avec l’Iran, nous devrions faire la même chose.

Les pays de l’UE doivent faire en sorte que la question des droits de l’Homme devienne un point central de leur politique à l’égard du régime iranien. Ils doivent condamner catégoriquement les violations continuelles des droits de l’Homme en Iran sur le plan international. Ils doivent agir de toute urgence pour obliger le régime iranien à cesser toutes les exécutions, mettre fin à ses violations des droits de l’Homme et libérer tous les prisonniers politiques en Iran. Il faut dire au régime iranien que l’amélioration de la situation des droits de l’Homme sera la condition sine qua non pour toute amélioration de nos relations avec ce régime.

Mon dernier point concerne la situation de plusieurs milliers de dissidents iraniens en Irak qui vivaient auparavant au camp d’Achraf et qui vivent actuellement au camp Liberty. Ils sont constamment harcelés et réprimés par les forces irakiennes. Malheureusement, les responsables de l’ONU n’ont pas fait grand-chose pour protéger ces dissidents. L’ONU a l’obligation de veiller à ce que les résidents du camp Liberty soient protégés et soient en sécurité.

Actuellement, nous assistons à une campagne contre les réfugiés iraniens sans défense qui vivent au camp Liberty. Cette campagne est orchestrée par l’ambassade du régime iranien à Bagdad. Des personnes qui prétendent fallacieusement être les membres de famille et les proches des résidents du camp Liberty sont installés devant la porte de ce camp pour scander des slogans menaçants contre ces résidents et pour leur jeter des pierres. Jusqu’à présent, 27 résident du camp Liberty ont perdu la vie en raison de l’absence d’accès rapide et à temps à des soins médicaux. La Mission d’assistance des Nations Unies en Iraq (MANUI) devrait coopérer avec les résidents du camp Liberty pour faire cesser les violations commises par les forces irakiennes. Je tiens à souligner que lorsque nous traitons le sujet des violations des droits de l’Homme en Iran, la question de la protection et de la sécurité de ces réfugiés iraniens vivant au camp Liberty devrait constituer une partie essentielle de nos exigences.

Merci beaucoup.

 

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