
Trop longtemps, le débat sur l’avenir de l’Iran a été faussé par une question fallacieuse : qui est le plus populaire sous une dictature ? Dans un pays où règnent la censure, la répression et l’exclusion politique systématique, la popularité ne peut se mesurer au sens démocratique du terme. Le véritable enjeu n’est pas de savoir qui fait le plus de bruit, mais s’il existe une véritable alternative démocratique capable de mettre fin à la tyrannie religieuse et de rendre la souveraineté au peuple.
C’est là que le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) prend toute son importance. L’importance du CNRI ne réside pas dans sa volonté de se substituer au peuple. Au contraire, sa signification politique réside dans son engagement envers le droit du peuple à décider de l’avenir de l’Iran. Son rôle est de représenter une alternative démocratique organisée à la théocratie au pouvoir et de démontrer que l’Iran n’est pas condamné à choisir entre la perpétuation d’un pouvoir clérical et le retour d’une nouvelle dictature.
Le mot d’ordre de la Résistance iranienne et du gouvernement provisoire annoncé par le CNRI est la paix et la liberté.
La solution pour l’Iran est le renversement du régime par le peuple iranien et sa Résistance. Une république démocratique et le programme en dix points…— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 11 mars 2026
Cette distinction est essentielle. L’Iran n’a pas besoin d’un changement de visage tant que la structure de l’oppression demeure intacte. Il n’a pas besoin d’une nouvelle forme de pouvoir autoritaire, qu’il se réclame de la religion ou de la monarchie. Le peuple iranien mérite une république fondée sur la liberté, le pluralisme et le droit de vote. L’importance du CNRI réside dans le fait qu’il a constamment promu cette vision : une république démocratique fondée sur la séparation de la religion et de l’État, l’égalité des citoyens et la souveraineté populaire.
La lutte en Iran ne se limite pas à une faction au pouvoir ou à un gouvernement défaillant. Il s’agit d’une lutte contre le principe même de la dictature religieuse. La revendication n’est pas une réforme au sein de la tyrannie, mais une rupture totale avec le système du Velayat-e Faqih et l’instauration d’une république responsable devant le peuple.
Cette vision est fondée sur des principes démocratiques. Elle revendique la liberté d’expression, la liberté des partis et de réunion, l’abolition de la répression et l’égalité devant la loi. Elle rejette toute forme de discrimination et défend les droits des diverses communautés ethniques et nationales d’Iran, notamment les Kurdes, les Baloutches, les Arabes et les Turkmènes, qui ont souffert sous des dictatures successives. Elle insiste également sur le fait que l’avenir de l’Iran doit reposer sur l’égalité des sexes, non comme une promesse symbolique, mais comme un principe directeur.
Le leadership des femmes est essentiel à cette vision démocratique. Toute véritable alternative au régime actuel se doit de reconnaître le rôle décisif des femmes dans la lutte pour le changement et la construction d’une société libre. Un mouvement politique qui ne défend pas l’égalité de participation des femmes aux instances dirigeantes ne peut prétendre représenter un avenir démocratique pour l’Iran. À cet égard, la Résistance iranienne a fait de l’égalité un principe fondamental, structurel et politique.
Khomeiny, le grand voleur du siècle, est arrivé. Il était au sommet de sa popularité sociale et religieuse, ce qui compliquait encore davantage notre situation.
Une autre caractéristique essentielle de cette alternative est son indépendance. L’avenir de l’Iran ne peut être façonné par des arrangements étrangers, des formules imposées ou des négociations menées au détriment du peuple iranien. Le renversement du régime et l’avènement d’une république démocratique doivent impérativement venir du peuple iranien et de sa résistance organisée. Il ne s’agit pas seulement d’une question de légitimité ; c’est l’unique voie vers un changement durable. Un Iran libre ne peut être importé. Il doit être conquis par le peuple iranien lui-même.
L’évolution de la situation dans le pays confirme cette réalité. La persistance des protestations, des soulèvements et de la résistance organisée démontre que la soif de changement est bien vivante et irréversible. Malgré la répression, les exécutions et les intimidations, le régime n’est pas parvenu à étouffer la volonté du peuple. L’existence d’une résistance organisée sur le terrain est significative : le changement démocratique en Iran n’est ni une chimère ni un espoir abstrait. Il possède une force sociale, une orientation politique et un soutien déterminé.
C’est pourquoi le CNRI est si important aujourd’hui. Il représente une alternative démocratique qui rejette à la fois le Shah et les mollahs, et leurs diktats passés et présents. L’Église affirme que le peuple iranien a le droit non seulement de protester contre la tyrannie, mais aussi de la remplacer par une république fondée sur la liberté, l’égalité et la souveraineté du peuple. Tel est le véritable enjeu pour l’Iran : non pas une lutte d’apparences, mais l’existence d’une alternative démocratique préparée, capable d’ouvrir la voie à une république libre.

