CNRI Lors dun débat parlementaire à la Chambre des Lords le 9 février, plusieurs parlementaires ont appelé au retrait de lorganisation des Moudjahidine du peuple dIran de la liste du terrorisme pour ouvrir la voie à un changement démocratique en Iran. Lord Waddington, Conseiller de la Couronne et ancien ministre de lIntérieur, a particulièrement insisté sur ce retrait de lOMPI de la liste noire. Voici des extraits de son intervention :
Peu de gens doutent que lIran soutienne le terrorisme en maintenant de liens étroits avec les groupes terroristes les plus notoires du Moyen-Orient. Peu de gens doutent quil fomente des troubles en Irak. Peu de gens mettent en cause quavec le redoublement de ses efforts pour se doter de larme nucléaire, il soit une menace pour la paix mondiale. Peu de gens doutent que ce régime soit une dictature néfaste qui méprise totalement les droits de lhomme. Mais après lexpérience de lIrak, je doute que quelquun souhaite que les USA, la Grande-Bretagne ou quiconque lance une guerre pour renverser ce régime. La plupart des gens veulent voir un changement un changement pacifique si possible réalisé par le peuple iranien lui-même. On aimerait voir lOccident suivre une politique qui rendrait ce changement plus, et non moins, possible.
Jai atteint la même conclusion de la noble Baronne, Lady Gould, et plusieurs autres de tous les rangs de cette Chambre. Il est clair que lOMPI est membre du Conseil national de la Résistance iranienne, qui est une alliance de plusieurs partis, individus et groupes, agissant comme un parlement en exil, appelant à la fin du régime actuel, à des élections libres et à un Etat démocratique. Quant à lOMPI elle-même, elle apparaît être de loin le mouvement dopposition le plus large et le plus actif en Iran et avant dêtre frappée dinterdit par le régime en 1981, elle comptait un demi million de membres.
Le service de recherches du Congrès américain décrit cette organisation comme « un opposant majeur du régime de Téhéran, prônant la démocratie, la protection des droits de lhomme et une économie de libre échange en Iran ». Actuellement, lOMPI est active en Iran avec des campagnes politiques et de propagande. Elle a démontré quelle était la meilleure source de renseignements sur ce qui se passe là-bas. En 2002, elle a été la première à révéler les sites nucléaires secrets en Iran.
Jai écouté avec attention les paroles de mon noble ami Lord Hurd qui doute de la capacité des exilés dapporter un changement, mais personne ne ma parlé dune autre organisation que lOMPI qui offre lespoir dapporter la démocratie en Iran. Personne ne ma parlé dune autre organisation qui possède un vaste soutien et qui soit aussi en position dexploiter limmense mécontentement et laspiration au changement de la société iranienne mis en évidence par le boycott de la dernière élection présidentielle.
En 1997, lAmérique a mis lOMPI sur la liste des organisations terroristes. Il y a une raison de croire que ce nétait pas à cause des activités de lorganisation mais pour renforcer la politique de rapprochement avec ce régime. Ladministration Clinton a fait ce quun haut responsable américain a qualifié de « geste de bonne volonté vis-à-vis du nouveau président iranien Mohammad Khatami » et en mars 2001, la Grande-Bretagne a suivi, en mettant lOMPI sur une liste de 21 organisations interdites sous le Terrorisme Act 2000. Je peux parfaitement comprendre ce qui est arrivé à ce moment, mais le problème cest que par nos agissements contre une organisation qui na certainement jamais attaqué les intérêts occidentaux ou britanniques, nous navons aidé personne si ce nest les mollahs. En collant létiquette de terroriste à la seule organisation capable de sopposer à eux, nous avons légitimé leur régime. Nous les avons rendus capables de dire que, confrontés à ce que lOccident reconnaît apparemment comme une menace terroriste, ils ont été habilités en Iran à prendre des mesures sévères, voire brutales. Et bien entendu, la proscription a certainement gravement affaibli la capacité de lOMPI à présenter sa cause en Amérique et en Europe. Cela la freinée dans ses activités politiques pour recueillir des soutiens et édifier lopposition au régime.
Dans ces circonstances, je demande au gouvernement de considérer si le temps est venu de prendre linitiative de lever linterdit frappant lOMPI. Je naccepte pas que lOMPI soit une organisation terroriste dans le sens de la loi de 2001. Ses opérations ont été menées contre les cibles militaires dun régime tyrannique. Dans un sens, cela na rien à voir avec notre affaire, comme on peut le voir en lisant le débat de 2001. A cette occasion, le ministre de lIntérieur a été en peine de dire que, même après avoir conclu quune organisation particulière soit concernée par le terrorisme comme lentend la Section 3 de la loi, il a le pouvoir discrétionnaire de la mettre ou non dans la liste. On peut comprendre pourquoi. Si les pouvoirs que confère cette loi avaient existé en 1938 et que le gouvernement britannique de lépoque avait songé à les utiliser pour interdire une organisation tendant à recourir à la violence pour débarrasser lAllemagne des Nazis, il me plaît à penser que ce gouvernement aurait été condamné par tous les citoyens honnêtes.
Le parallèle est évident. Tant que nous continuons à interdire lOMPI, nous sapons et affaiblissons la principale opposition à un régime dont le maintien de lexistence nest certainement pas dans notre intérêt. Nous facilitons à ce régime la tâche décarter les soi-disant réformateurs dans ses propres rangs et nous lui permettons de donner limpression à son propre peuple que lOccident, sil ne se tient pas aux côtés de ce régime, est contre ceux qui sopposent à lui. Nous contribuons à soutenir un régime tyrannique qui méprise totalement les droits de lhomme. Si dautre part, nous levons linterdit qui pèse sur lOMPI, nous signalerons un soutien à un changement démocratique en Iran que nous désirons certainement tous.

