
Bruxelles, le 20 mars 2025 – Le Comité international en quête de justice (ISJ), soutenu par 4 000 parlementaires des deux côtés de l’Atlantique, se félicite de la libération d’un otage français et d’un autre assigné à résidence en Iran cette semaine, bien que deux autres ressortissants français soient toujours injustement emprisonnés.
Cependant, ce qui est profondément inquiétant, c’est que le prix est payé aux dépens de la Résistance iranienne. Cette approche ne fait qu’encourager le régime en Iran à poursuivre ses prises d’otages et son terrorisme. Si M. Olivier Grondeau a été libéré, il est fort probable que d’autres citoyens français et européens le remplaceront bientôt dans les prisons iraniennes.
Le moment choisi pour cette libération est particulièrement troublant, car il coïncide avec une nouvelle vague d’accusations sans fondement contre le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) et sa présidente élue, Maryam Radjavi dans certains médias français. Cette synchronicité soulève de sérieuses inquiétudes quant aux arrière-pensées politiques de ces rapports et à la question de savoir si la libération des deux otages français fait partie d’un accord plus large orchestré par Téhéran.
Le 18 mars 2025, les médias français ont publié des articles remplis de fausses accusations contre le CNRI et Mme Radjavi, y compris des allégations de malversations financières basées sur des rapports prétendument soumis à la justice française. Ces accusations reflètent une affaire montée de toutes pièces il y a deux décennies, qui a fait l’objet d’une enquête approfondie pendant 12 ans avant d’être classée par un juge d’instruction. L’affaire a finalement été jugée sans fondement, car elle découlait entièrement des récits et des fausses allégations propagés par le régime iranien.
Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) a fermement condamné ces articles qu’il juge diffamatoires, soulignant qu’un incident remarquablement similaire s’était produit neuf mois auparavant.
Le 8 juin 2024, Le Monde a publié un article unilatéral de quatre pages attaquant le principal mouvement d’opposition iranien, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK). Quelques jours plus tard, le 12 juin, les autorités françaises effectuaient un raid très médiatisé visant un centre géré par des sympathisants de l’OMPI – une opération rapidement suivie par la libération d’un otage français en Iran. Les médias d’État iraniens, en particulier l’agence de presse Tasnim, affiliée au CGRI, ont immédiatement amplifié le récit, tandis qu’un haut responsable judiciaire de Téhéran a ouvertement félicité les autorités françaises pour leurs actions.
Un média français a récemment attiré l’attention sur le lien évident entre les libérations d’otages et les mesures prises contre la Résistance iranienne, en particulier l’OMPI. Ces accusations sans fondement n’ont d’autre but que de plaire au régime iranien, une dictature religieuse qui utilise systématiquement la diplomatie des otages depuis 46 ans pour obtenir la libération de ses terroristes condamnés en Europe – y compris les cas notoires du diplomate-terroriste Assadollah Assadi et d’un tortionnaire du système judiciaire, Hamid Noury.
Les concessions au régime clérical iranien – souvent faites au détriment du peuple iranien et de son mouvement de résistance – ont une longue et troublante histoire. Ces concessions n’ont fait qu’encourager les dirigeants de Téhéran, alimentant leur terrorisme et leurs prises d’otages.
Au cours du premier semestre 1986, la France a fait pression sur le dirigeant de la Résistance iranienne pour qu’il quitte son territoire afin d’apaiser le régime. Cet épisode a été suivi d’un autre épisode honteux en décembre 1987, lorsque des réfugiés iraniens soutenant la Résistance ont été arrêtés de force et expulsés vers le Gabon.
Des pressions similaires ont été exercées lors de la visite du président iranien Mohammad Khatami en France en octobre 1999, lorsque les autorités françaises ont intensifié leur répression à l’encontre des partisans de la Résistance iranienne.
L’acte de collusion le plus tristement célèbre a eu lieu le 17 juin 2003, lorsque la police française a perquisitionné le siège du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), arrêtant 160 de ses membres et sympathisants dans le cadre d’une opération qui s’est révélée par la suite comme faisant partie d’un effort plus large visant à plaire au régime iranien.
Ces actions ont renforcé la stratégie du régime iranien consistant à détenir des ressortissants étrangers et à exporter le terrorisme depuis 1979. Au cours des quatre dernières décennies, ces concessions n’ont pas réussi à modérer le comportement de Téhéran. Au contraire, elles l’ont enhardi, lui permettant d’intensifier ses prises d’otages et ses activités terroristes en toute impunité.
L’ISJ considère ces développements comme faisant partie d’une campagne délibérée et systématique dans laquelle Téhéran exploite les médias et le système judiciaire occidentaux pour cibler les dissidents à l’étranger – une pratique qui est au cœur de la stratégie du régime depuis des décennies.
L’ISJ demande instamment aux dirigeants politiques français et européens, aux parlementaires et aux défenseurs des droits humains de condamner ces arrangements et d’exiger une transparence totale sur les négociations secrètes qui permettent ces développements dangereux.
Prof. Alejo Vidal-Quadras, President
Struan Stevenson
Paulo Casaca

