
communiqué CFID : Voyage de Ségolène Royal en Iran
27 août 2016
Le Comité Français pour un Iran Démocratique exprime son indignation suite à l’annonce officielle du voyage de Mme Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, en Iran, ce dimanche 28 août. Les médias officiels en Iran ont commencé avant même que ce voyage ait lieu, l’exploitation politique recherchée par les autorités du pays, en parlant du déplacement de « l’ex-épouse du Président de la République française » et de « membre influent du gouvernement de Manuel Valls ».
Reste à savoir la part qui restera aux thèmes du climat, de l’environnement et de l’eau, avancés par la ministre, dans ce genre de déplacement où le régime a tout d’abord besoin de se laver les mains en raison de « 4500 prisonniers dans le couloir de la mort » selon l’aveu choquant de Hazratpour, membre de la commission juridique du parlement iranien. Sans compter un bilan de 79 pendaisons depuis le début du mois d’août, dont l’exécution collective de 25 sunnites kurdes iraniens qui a suscité la condamnation du Haut-Commissaire de l’ONU aux Droits de l’Homme.
Notre ministre, connue pour ses positions en matière de droits des femmes, mais qui sera obligée de se couvrir pour répondre aux exigences de la théocratie au pouvoir, ne pourra en cette période estivale empêcher le régime d’utiliser son image dans la campagne de répression menée contre les Iraniennes qui réclament leur liberté vestimentaire. Faut-il rappeler que récemment « 7000 agents invisibles » ont été mandatés par la police de Téhéran pour intercepter et sanctionner les femmes « mal-voilées » en voiture ?
En tant que démocrates français, nous ne pouvons nous permettre de contourner les droits fondamentaux des Iraniens, tels que le droit à la vie ou leur droit à une démocratie, pour les secourir dans le domaine de l’environnement. Doit-on rappeler à notre ministre que la cause principale du désastre environnemental que connait l’Iran aujourd’hui vient en premier lieu, selon les experts du pays, de la politique menée par les gouvernements successifs (aux ordres du Guide suprême), à l’encontre du bien-être des populations et dans le sens du profit de l’oligarchie au pouvoir ?
En l’occurrence l’assèchement du grand lac d’Oroumieh dû à la multiplication des barrages sur les cours des treize rivières qui l’alimentent, et des prélèvements excessifs dans les nappes souterraines qui ont suscité des émeutes paysannes, violemment réprimées dans le sud du pays, sont en grande partie des œuvres des gardiens de la révolution qui exploitent ces énormes ressources naturelles pour faire tourner leurs industrie militaire ou agro-alimentaire.
L’Iran, nous le savons, a besoin plus que jamais de relations économiques avec l’Occident, mais rien ne permet aujourd’hui de penser que le peuple iranien puisse demain profiter d’une ouverture économique du pays dont les différentes factions au pouvoir (notamment les Pasdaran) ont bien l’intention de capter le bénéfice. C’est pourquoi, au-delà du rappel impératif aux valeurs et principes universels des droits humains, une politique réaliste vis-à-vis de l’Iran ne peut reposer que sur un équilibre tenant compte des revendications, des aspirations et des espoirs démocratiques du peuple iranien.
Pour le CFID
Jean-Pierre Michel

