
CNRI – « En demandons-nous trop à nos dirigeants si nous leur disons de reconnaître qu’il y a un mouvement démocratique fort et puissant en Iran et à l’extérieur de l’Iran, et que nous devons soutenir ce mouvement et ne pas collaborer avec les mollahs en Iran ? » , s’est interrogé Günter Verheugen devant des dizaines de milliers d’Iraniens réunis à Villepinte près de Paris le 23 juin dernier.
L’ancien commissaire européen, à la tête d’une importante délégation allemande, se tenait aux côtés de Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne et de centaines de personnalités politiques et de juristes venus des cinq continents pour la défense des droits des Achrafiens et un changement démocratique en Iran. Il a cédé le micro à Otto Bernhardt, président du comité allemand de solidarité avec un Iran libre.
Voici les temps forts de leurs interventions :
Günter Verheugen, ancien commissaire européen et Vice-président de la commission européenne (1999-2010) :
J’ai toujours espéré que cette grande et admirable nation au peuple si intelligent, talentueux et travailleur dans un si beau pays se trouverait finalement bien placée dans la communauté des nations démocratiques. Je l’ai toujours espéré. Mais ça ne s’est pas produit, et l’Iran que nous avons aujourd’hui est la dictature la plus malfaisante de notre époque.
C’est une dictature qui se caractérise par la cruauté, l’arrogance et l’ignorance. Oui, il est arrogant de croire que vous seul possédez la vérité et que quiconque ne partage pas vos convictions ne mérite pas de vivre. Et l’ignorance c’est de ne pas comprendre que le pouvoir de liberté, la dignité et l’état de droit sont plus forts que toutes les dictatures dans le monde. En dehors de cela, le régime à Téhéran est une menace pour la paix et la sécurité de toute la région et le cas des armes de destruction massive est un risque pour la sécurité du reste du monde.
Dans cette situation, nos dirigeants politiques doivent faire un choix. Ils peuvent soit soutenir les mollahs, soit tenter de les stopper, mais ils ne peuvent pas vouloir les satisfaire. Ils ne peuvent pas négocier avec eux. Le seul moyen de changer les choses est d’avoir un gouvernement démocratique à Téhéran et les forces sont là pour construire ce gouvernement démocratique.
Dans l’Union Européenne, nous sommes fiers d’être le berceau de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme. Et par conséquent, je pose la question : en demandons-nous trop à nos dirigeants si nous leur disons de rester fidèles à nos propres valeurs et de reconnaître qu’il y a un mouvement démocratique fort et puissant, qu’il y a une opposition démocratique forte et puissante en Iran et à l’extérieur de l’Iran, et que nous devons soutenir ce mouvement et ne pas collaborer avec les mollahs en Iran ?
Est-ce trop leur demander d’admettre et de comprendre que la question du camp d’Achraf et du camp Liberty est étroitement liée à la question de la démocratie en Iran ? On ne peut avoir l’un sans l’autre.
Otto Bernhardt, président du comité allemand de solidarité avec un Iran libre :
L’Europe doit choisir le bon côté et vous soutenir, vous les vrais représentants d’une société démocratique et libre en Iran. Salam Achraf, Salam Liberty, Salam Iran. Je vous transmets les salutations du Comité de solidarité allemand pour un Iran libre. Des membres de toutes les tendances du Parlement allemand travaillent avec ce comité. Nous avons deux objectifs majeurs. D’abord, accomplir notre part pour stopper la dictature religieuse en Iran, dès que possible. Ensuite, notre objectif c’est la liberté, la démocratie et l’égalité pour tous les Iraniens.
Les membres de tous les groupes du Parlement allemand ont signé une résolution qui contient trois points principaux. 1 – Nous appelons l’ONU et les Etats-Unis à garantir immédiatement des mesures pour que les conditions de vie au camp Liberty soient conformes aux normes internationales. 2 – Nous demandons à l’ONU de reconnaître que Liberty comme un camp de réfugiés ayant droit à une protection internationale. 3 – Nous appelons l’ONU et les démocraties occidentales à faire en sorte que les résidents puissent être transférés vers des pays tiers et sûrs. Pour finir, permettez-moi de noter que nous espérons la venue prochaine d’un printemps iranien dans l’intérêt de tous les Iraniens.

