
Source: Ouest-France, 1 February 2016
par Jeanne Emmanuelle Hutin
La venue du Président iranien en France s’est conclue par de nombreux contrats industriels mais aussi par un silence assourdissant sur la question des Droits de l’homme. Pourtant, en Iran, la peine de mort est pratiquée à grande échelle pour maintenir les Iraniens dans la terreur d’une dictature théocratique.
Dans ce pays, même des mineurs sont exécutés. Ils sont comptés parmi le millier de personnes ayant subi cette atrocité en 2015 : « Un record depuis 1989, dénonce la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH). La justice continue de condamner des personnes à des traitements inhumains… » Amputations, torture, procès sans avocat sont monnaie courante. Des journalistes, des blogueurs, des opposants sont emprisonnés.
En Iran, régi par la loi islamique – la sharia – les femmes sont privées de liberté jusque dans leur manière de s’habiller ! Il n’y a ni liberté de conscience ni de religion. Quitter l’Islam pour une autre religion est passible de mort. Les minorités ethniques et religieuses, dont chrétienne, sont persécutées.
La Fédération des Droits de l’Homme a demandé au Président de la République de « ne pas sacrifier les droits de l’homme au profit du rapprochement économique entre les deux pays. » Le pouvoir politique dit qu’il est plus efficace d’en parler en tête-à-tête. Mais, la France, en décorant le Président Iranien des honneurs militaires, a brouillé le message. Tout comme l’Italie qui a été jusqu’à coffrer des statues romaines pour ne pas heurter la « sensibilité » de leur hôte !
La France et l’Italie qui se sont tristement distinguées, sont toutes deux en mauvaise posture économique, contrairement à l’Allemagne et à l’Angleterre. Est-ce pour éviter les réformes qui s’imposent que l’on se prête à ces jeux économico-diplomatiques dangereux ?


