
Le 12 mars 2026, au siège européen des Nations Unies à Genève, des défenseurs internationaux des droits humains et des représentants de la Résistance iranienne se sont réunis pour dénoncer la grave escalade de la répression sous le nouveau régime héréditaire de Mojtaba Khamenei. La conférence a souligné la force des Unités de Résistance et du Plan en dix points du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) comme seule voie légitime vers une république laïque, tout en rejetant fermement la « fausse opposition » qui aspire à un retour à la dictature monarchique.
Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI, a prononcé un discours d’ouverture définissant la lutte actuelle comme une « guerre entre le peuple iranien et sa résistance d’une part, et le fascisme religieux d’autre part ». Elle a averti que la succession du jeune Khamenei prouve qu’« une vipère ne peut donner naissance à une colombe », soulignant que les Gardiens de la révolution ont officiellement autorisé à tirer sur tout manifestant. Mme Radjavi a présenté le Plan en dix points comme la seule alternative viable, insistant sur le fait qu’il s’agit d’un « plan pour l’avenir d’un Iran libre, fondé sur la démocratie et les droits de l’homme », qui inclut la séparation de la religion et de l’État et « l’autonomie des ethnies ». Elle a dénoncé le silence historique de la communauté internationale, affirmant : « En gardant le silence sur la répression des libertés en Iran, elle a fait la plus grande concession au régime. Elle lui a permis d’échapper à toute sanction pour ses crimes. » Soulignant la légitimité établie de longue date du CNRI, Mme Radjavi a déclaré que cette alternative avait été « fondée il y a 44 ans sur le principe du refus du Shah et des mollahs ».
Evénement parallèle au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à #Genève–
Les dirigeants du régime en Iran doivent être traduits en justice par le biais de mécanismes internationaux
Au nom de la paix et de la liberté, j'appelle les défenseurs des droits humains à soutenir la… pic.twitter.com/p6PU4pKdrX— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 12 mars 2026
Mme Radjavi a conclu son intervention : « Dans cette guerre, les prisonniers politiques sont les plus en danger. Le régime clérical doit être contraint de les libérer. Les crimes de ce régime doivent également être portés devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Les dirigeants du régime doivent être traduits en justice par le biais de mécanismes internationaux ou par les États membres, en vertu du principe de compétence universelle.»
Struan Stevenson, ancien député européen et coprésident du comité « En quête de justice » (ISJ), a condamné la dérive du régime vers une « autocratie religieuse héréditaire ». Il a noté que le jeune Khamenei est synonyme de « répression violente des soulèvements populaires » et que le régime est aujourd’hui « plus faible qu’il ne l’a été depuis des décennies ». M. Stevenson a notamment critiqué la « fausse opposition » entourant le fils du Shah, Reza Pahlavi. L’ancien député européen Stevenson a fait remarquer que la dépendance de Pahlavi envers les commandants des Gardiens de la révolution pour maintenir l’ordre était comparable à celle de Winston Churchill déclarant : « J’aurai besoin de la Gestapo pour maintenir la paix après avoir éliminé Hitler. » Il a insisté sur le fait que le peuple iranien ne troquerait pas un tyran contre un autre, affirmant : « Après des décennies de sacrifices… le peuple iranien n’acceptera pas un autre tyran, qu’il se drape dans l’autorité religieuse ou les privilèges dynastiques. Son message est clair : ni le Shah ni les mollahs. » M. Stevenson a conclu que le monde devait reconnaître le « droit de résister à la tyrannie », un droit incarné par les femmes courageuses et les Unités de résistance en Iran.
Mais la guerre principale est celle qui oppose, d'un côté, le peuple iranien et sa résistance et, de l'autre, le fascisme religieux. Ce combat dure depuis 44 ans, depuis le 20 juin 1981.
La solution à cette confrontation réside dans le renversement de ce régime par le peuple et… pic.twitter.com/LXPUiTrxdJ— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 12 mars 2026
Fariba Mohammadi, représentante du Parti Komala du Kurdistan iranien, a souligné la violence disproportionnée perpétrée contre les minorités ethniques, rappelant que le Kurdistan a dit « non » au régime depuis 1979. « Rester avec la République islamique, c’est perpétuer le terrorisme, l’oppression des femmes et la propagation de la misère », a déclaré Mme Mohammadi. Elle a soutenu que la diversité de la société iranienne exigeait un leadership partagé permettant aux nations opprimées d’accéder à leur souveraineté politique. Fariba Mohammadi a souligné que l’unité de l’opposition, dans le cadre d’une république démocratique, était la seule voie pour garantir que toutes les minorités ethniques et religieuses puissent sentir qu’elles jouissent de droits égaux. Elle a appelé à une alliance de toutes les forces qui aspirent à la destruction totale de l’appareil clérical au profit d’un avenir pluraliste.
La souveraineté du peuple iranien n’est pas l’héritage des mollahs ni du chah.
La souveraineté populaire, la liberté et l’indépendance sont la ligne rouge intouchable du peuple iranien qui rejette ceux qui veulent usurper et voler la souveraineté populaire, quel que soit leur… pic.twitter.com/HQlrfqAhhP— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 11 mars 2026
Erika Deuber Ziegler, historienne et ancienne membre du Grand Conseil de Genève, s’est exprimée en tant que voix européenne témoin de la trahison de la révolution de 1979. Elle a rejeté le récit, propagé par l’étranger, d’une restauration des Pahlavi, le qualifiant d’« absolument impossible », et évoquant l’« extraordinaire cruauté » des régimes passés et présents. Madame Ziegler a soutenu que la résistance organisée était particulièrement bien placée pour diriger, déclarant : « Je connais les acteurs de la résistance iranienne… ils sont admirables, j’aurais dû dire qu’ils sont admirables parce qu’il y a une majorité de femmes parmi les dirigeants. »
Mme Ziegler a exhorté les gouvernements occidentaux à cesser de cautionner la thèse de la réforme du régime, affirmant que le CNRI est « le seul aujourd’hui capable d’offrir une alternative à la situation chaotique ». Elle a conclu en insistant sur le fait que la devise « Ni Shah, ni mollah » (Ni Shah ni Mullah) doit être défendue « à tout prix » auprès de l’opinion publique et de la conscience collective européennes.
Behzad Naziri, membre du CNRI et ancien prisonnier politique, s’est concentré sur le danger immédiat qui menace les militants organisés. Il a souligné que dix-huit prisonniers sont actuellement condamnés à mort pour leur « appartenance à l’Organisation des Moudjahidines du peuple ». M. Naziri a soutenu que la propagande du régime concernant la monarchie n’est qu’un « changement de façade » destiné à remplacer la police secrète cléricale par une renaissance de la SAVAK. « Le peuple iranien n’a pas consenti à un tel sacrifice pendant quatre décennies pour ensuite céder la place à une autre forme de dictature monarchique », a affirmé M. Naziri. Il a décrit les Unités de Résistance comme le moteur opérationnel du soulèvement, soulignant que la communauté internationale devait cesser de se contenter d’observer. M. Naziri a déclaré : « Le moment est venu pour la communauté internationale de reconnaître aujourd’hui le droit à la résistance de ces Iraniens, massacrés par milliers en janvier dernier. » Il a insisté sur le fait que la force du CNRI réside dans sa capacité à maintenir une opposition organisée et de principe, refusant tout compromis avec une quelconque dictature.
Lors de la séance de questions-réponses, une question a été soulevée concernant la légitimité morale des puissances occidentales suite aux frappes militaires ayant endommagé des infrastructures civiles. L’ancien député européen Stevenson a répondu en citant l’appel de Mme Radjavi à « éviter toute action mettant en danger la vie de civils innocents ». Cependant, M. Stevenson a précisé que la responsabilité ultime de cette tragédie incombe au « régime tyrannique » responsable de l’exécution de plus de 100 000 personnes. Il a réitéré son rejet de Reza Pahlavi, le décrivant comme un homme qui « surgit et prétend être la solution » après avoir vécu dans le luxe pendant 47 ans, tandis que la Résistance luttait sur le terrain. M. Stevenson a conclu que la seule solution acceptable est le renversement complet du régime par le peuple et sa résistance organisée.

