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Charles Michel, soutient la « Troisième Voie » et la feuille de route démocratique du CNRI pour un Iran libre

Charles Michel, soutient la « Troisième Voie » et la feuille de route démocratique du CNRI pour un Iran libre
Charles Michel, ancien président du Conseil européen, s’exprime lors d’une conférence en ligne organisée par le CNRI le 15 mars 2026

Lors d’une conférence en ligne organisée par le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) le 15 mars 2026, Charles Michel, ancien président du Conseil européen et ancien Premier ministre belge, a prononcé un discours historique qualifiant la situation actuelle de l’Iran de « tournant décisif ». Dans son intervention, M. Michel a vivement critiqué le régime clérical, le décrivant comme une dictature défaillante, caractérisée par un « fascisme religieux » qui a remplacé la tyrannie du Shah par une « machine de répression » moderne.

Michel a rejeté le faux dilemme entre intervention militaire étrangère et la complaisance diplomatique, affirmant que « le silence est complice ». Il a plaidé pour une « troisième voie » fondée sur la souveraineté et la mobilisation du peuple iranien. Il a apporté son soutien au Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) comme la seule alternative démocratique, inclusive et organisée, capable de gérer la transition vers une république laïque.

Mettant en avant le « Plan en dix points » présenté par la présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, Michel l’a qualifié de « seul cadre crédible et réaliste » pour passer de la tyrannie à la démocratie. Il a par ailleurs mis en garde contre toute tentative de « voler » à nouveau la révolution, dénonçant notamment les « illusions monarchiques » et l’utilisation de l’intelligence artificielle pour fabriquer une légitimité politique. Il a conclu en saluant le courage quotidien des « Unités de résistance » sur le terrain face aux atrocités du régime.

Dans son intervention, Charles Michel a déclaré :
Chers amis pour un Iran libre, Madame Radjavi, permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour l’analyse très lucide et pertinente que vous venez de présenter de la situation actuelle en Iran. Cette réunion virtuelle se tient à un moment crucial car, comme vous l’avez justement souligné, nous sommes à un tournant et un nouvel Iran est en train d’émerger – un Iran différent, peut-être plus proche que jamais. Dans ce contexte, il est essentiel d’être prêts, d’avoir des idées claires et la capacité de mettre en œuvre les engagements que vous avez mentionnés.

Le peuple iranien a souffert de décennies de dictature. Il est essentiel de se souvenir à chaque fois de la dictature du Shah, de sa corruption et des crimes terribles qui y ont été commis – une dictature qui s’est achevée par une révolution citoyenne, forçant le Shah à l’exil. Malheureusement, cette révolution iranienne a été volée – volée par les mollahs. Et cette dictature des mollahs, dont nous connaissons bien l’ADN et la nature profonde, repose avant tout sur un fascisme religieux.

C’est une dictature des mollahs qui opprime son propre peuple. Nous l’avons constaté récemment lors des mobilisations de janvier, qui ont fait de nombreuses victimes et ont été marquées, une fois de plus, par des horreurs et des atrocités commises contre la population. Nous constatons également que cette dictature des mollahs pratique depuis de nombreuses années la déstabilisation de la région par le biais de groupes interposés dans plusieurs pays, et qu’elle exporte massivement le terrorisme. Il s’agit d’une dictature qui aspire à la possession de l’arme nucléaire, pleinement consciente que cela lui permettra de tuer encore plus et de s’octroyer une forme d’impunité pour exporter davantage d’atrocités et de haine. Nous constatons également que cette dictature des mollahs utilise des otages politiques comme moyen de chantage pour faire pression sur plusieurs gouvernements.

Cette dictature des mollahs fait également preuve d’incompétence en étant incapable de fournir au peuple iranien les besoins fondamentaux : ni eau, ni pain, ni électricité.

De plus, les récents événements montrent que cette dictature des mollahs mène des attaques généralisées contre la région, en particulier contre les pays du Golfe, et, comme indiqué précédemment, utilise le blocus du détroit d’Ormuz pour tenter d’exercer un chantage économique sur le monde entier, plaçant une fois de plus l’intimidation et la menace au cœur de sa stratégie.

C’est un contexte que chacun de nous connaît bien et auquel, je crois, chacun de nous peut adhérer. Il existe une résistance, organisée depuis des décennies, qui plaide en faveur d’une position à la fois solide, simple, empreint de bon sens et d’une clarté limpide. D’une part, il y a la conviction qu’aucune intervention militaire étrangère, aucune guerre, n’apportera de solution durable. D’autre part, il y a la conviction – démontrée par les faits – que la complaisance, le silence et une forme de complaisance n’amèneront pas le régime à se réformer de l’intérieur. L’expérience l’a démontré de façon frappante. Et donc, oui, il existe une alternative ; il existe une troisième voie ; il existe une troisième voie.

Cette troisième voie, cette troisième voie – en réalité, la seule voie, l’unique voie – est la volonté du peuple iranien. Elle est la légitimité du peuple iranien ; elle est la détermination et la mobilisation du peuple iranien pour construire son avenir politique, son avenir institutionnel, et pour trouver son destin dans le cadre d’une transition de souveraineté d’une dictature à une démocratie. Cette obligation, cette responsabilité de se tourner vers l’avenir, doit, à mon sens, reposer sur trois éléments centraux. Pour que ce « lendemain » puisse advenir, il faut une équipe dotée d’un leadership fort, un programme crédible et, enfin, des partenaires et des amis.

Tout d’abord, l’équipe dirigeante. Il s’agit de l’opposition démocratique qui, depuis des décennies, a fait preuve de courage et de résilience, mais qui a aussi acquis, à travers de profondes souffrances, une expérience du combat politique et la capacité d’élaborer un projet et un programme. Une partie de cette équipe – et je pense notamment aux militants d’Ashraf-3 – est composée de survivants des crimes massivement perpétrés contre ce mouvement. Nous ne devons jamais oublier cette réalité historique.

Cette équipe n’est pas seulement composée d’Iraniens vivant à l’étranger. Elle comprend aussi des militants iraniens sur le terrain qui, au péril de leur vie, luttent quotidiennement pour défendre les idéaux de liberté et d’un Iran plein d’espoir. Ce sont les Unités de Résistance, et nous les avons régulièrement vues, y compris ces dernières semaines et ces derniers mois, faire preuve de leur détermination à défendre leurs idéaux pour un Iran libre.

Carles Michel: Freedom is the right of the Iranian people to choose their future — March 14, 2026

Mais il y a un point important à souligner lorsque j’évoque cette équipe. Nous l’avons constaté il y a quelques semaines lors de la manifestation de force politique à Berlin, qui a rassemblé des dizaines de milliers de participants. Cette équipe est inclusive. Elle rassemble différentes communautés. Les groupes iraniens y sont représentés : Kurdes, Baloutches, Azéris, Persans. Toutes les communautés sont représentées. C’est un point essentiel pour garantir l’unité et le pluralisme. La réunion de Berlin l’a mis en lumière. À cet égard, je tiens à dénoncer fermement les graves menaces proférées par le fils du Shah contre la communauté kurde.

Ces menaces sont évidemment intolérables et inacceptables, mais elles révèlent aussi la profondeur des idées véhiculées par le fils du Shah. Cela me permet d’exprimer un souhait très fort : nous ne pouvons tolérer que l’avenir de l’Iran soit à nouveau volé. Il est essentiel que les Iraniens eux-mêmes déterminent cet avenir. Nous ne pouvons pas répéter les erreurs du passé et tolérer qu’une personne s’autoproclame dirigeante en utilisant massivement et industriellement les technologies d’intelligence artificielle et les réseaux sociaux pour créer une illusion. Ce n’est qu’une illusion, et seules des élections libres et démocratiques devraient permettre l’organisation de cette transition politique.

C’est là, bien sûr, la principale différence avec l’opposition organisée, démocratique et articulée, qui porte – et c’est mon deuxième point après l’équipe – un plan, un projet et un programme. Il s’agit du Plan en dix points porté par cette opposition démocratique. Ce n’est pas une simple proclamation. C’est un gouvernement de transition visant à garantir au peuple iranien la possibilité de faire un choix libre et démocratique par le biais d’élections libres et parfaitement transparentes. Ce Plan en dix points doit être largement diffusé et expliqué, car il constitue le seul cadre crédible, réaliste et sincère pour passer de la dictature à la démocratie.

Ce Plan en dix points est un engagement envers un Iran démocratique, laïque, pacifique et prospère, en paix avec ses voisins. Ce Plan en dix points doit être soutenu par les partenaires et les amis de l’Iran.

En conclusion : ce que nous voulons tous, c’est la paix et la liberté, et le moment est venu de rassembler nos forces autour de cette ambition. J’espère que le peuple iranien aura bientôt la capacité d’envisager l’avenir avec plus de confiance et d’optimisme.

Je vous remercie.