
CNRI – Dominique Lefebvre, député du Val-d’Oise a commencé par son intervention la conférence, organisée, le 17 janvier, à l’Assemblée nationale à Paris, à l’initiative du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID), sous le thème « les développements au Moyen-Orient, les approches française et européenne. »
Plusieurs députés, dont Michel Terrot, Pascal Deguilhem, Brigitte Allain, Martine Carillon Couvreur, Philippe Cosselin ont pris la parole lors de cette conférence. L’invité d’honneur était Maryam Radjavi, présidente-élue du Conseil national de la Résistance iranienne. De nombreuses autres personnalités de marque comme Alejo vidal Quadras ancien vice-président du Parlement européen, l’ambassadeur Lincoln Bloomfield, ancien Secrétaire d’Etat adjoint américains, François Colcombet et Jean-Pierre Michel tous deux co-fondateurs du Comité Français pour un Iran démocratique (CFID), sont également intervenues lors de cette conférence sur la situation de la région, le rôle dangereux joué par le régime iranien et la place de la Résistance iranienne dans l’avenir.
Voici l’intervention de Dominique Lefebvre qui préside le CPID :
Je suis heureux, Mesdames et Messieurs, de vous accueillir, avec l’ensemble des députés qui interviendront ce soir et qui nous ont accompagnés durant cette législature dans notre combat, combat déterminé, pour un Iran libre et démocratique. Je salue également ceux et celles de nos collègues qui nous ont précédés lors des précédentes législatures et qui ont mené ce combat avec vous. Je salue plus particulièrement Alain Vivien, François Colcombet, Jean-Pierre Michel qui avec bien d’autres ont initié ce comité parlementaire que j’ai aujourd’hui l’honneur de présider et au nom duquel je m’exprime.
Je veux saluer aussi la présence ce soir de deux hôtes de marque : l’ambassadeur Lincoln Bloomfield, d’une part, Alejo Vidal Quadras, ancien vice-président du Parlement européen, d’autre part. Deux compagnons de route parmi d’autres de notre combat pour un Iran libre et démocratique qui exprimeront devant vous leur analyse de la situation actuelle et des défis de l’avenir.
Au cours de cette législature, nous nous sommes réunis à de très nombreuses reprises autour de valeurs communes pour discuter de la politique à adopter vis-à-vis de l’Iran et de la conduite à tenir face à la dictature théocratique au pouvoir. Cela a été le cas au moins à cinq reprises ici et à la salle Colbert, avec à chaque fois le soutien du président du groupe socialiste, écologiste et républicain Bruno Leroux, devenu depuis ministre, ce qui explique qu’il ne soit pas là ce soir mais je suis sûr qu’il est avec nous en pensée. Comme nous avons pu aussi échanger à de nombreuses reprises dans des moments de convivialité aussi importants lors des cérémonies de Norouz à la questure ou des petits déjeuners notamment à l’initiative de mes collègues, je pense à Michel Terrot et à Christian Kert.
La réunion de ce jour est la dernière de cette législature, pas la dernière à l’Assemblée nationale Madame la Présidente, je vous rassure, car le Comité parlementaire pour un Iran démocratique a vocation à poursuivre, et poursuivra je m’y engage, Madame la Présidente, son engagement et ses actions jusqu’à ce que nos idées communes triomphent et que le peuple d’Iran retrouve sa liberté.
Cette réunion se tient dans un contexte que tout le monde connaît, qui va être largement au cœur de ce débat. Elle se tient alors que dans trois jours une nouvelle administration américaine s’installera à la Maison-Blanche. Cela aura évidemment des conséquences majeures sur la situation internationale, au Moyen-Orient comme au Proche-Orient et ailleurs dans le monde, si j’en crois l’expression durant la campagne électorale et depuis, du futur président des États-Unis. Nous attendrons donc aujourd’hui, peut-être que notre hôte nous apportera des éclairages sur ce point, des clarifications sur la future politique étrangère américaine et nous la jugerons à ces actes. Mais nous y serons extrêmement attentifs parce que les États-Unis jouent un rôle important. Sur l’accord sur le nucléaire iranien, sur la situation en Irak, sur la situation en Syrie, sur la situation des droits de l’homme en Iran, les orientations de la nouvelle administration américaine retiendront toute notre attention. Nous aurons l’occasion d’e
n parler, mais je me félicite de l’adresse de nombreuses personnalités américaines à l’endroit de Donald Trump, dont nous partageons les termes et qui sera exposée par l’ambassadeur Bloomfield.
Au printemps prochain il n’y aura pas que des élections en France, nous verrons alors si la position de fermeté, une position de fermeté exprimée par la France notamment dans les discussions sur le nucléaire et qui doivent se poursuivre et doivent être probablement également affermies, il y aura aussi une élection présidentielle en Iran. On ne peut évidemment en Iran parler d’élection démocratique dans un pays qui ne reconnaît pas les fondamentaux de la démocratie, c’est-à-dire la liberté de pensée, la liberté d’expression, la liberté d’organisation, la liberté de se présenter aux élections, on peut d’ailleurs à peine parler d’élections. On sait cependant que s’exprimeront alors les divergences et les fractures politiques et sociales profondes qui traversent l’Iran et la fragilité de la théocratie au pouvoir.
Il est même probable qu’après le décès de Rafsandjani, qui a certes été un compagnon de route du régime depuis l’origine et a participé à toutes ses actions et exactions et qui constituait à lui seul un
lest pour l’équilibre du régime entre les conservateurs et ceux qui sont présentés comme des pseudos progressistes, il est très probable que les espoirs de celles et ceux qui ont fait le pari, contrairement à nous, d’une évolution progressive du régime et qui ont paré le président Rohani de toute les vertus réformatrices, soient ruinés. Bref que l’on quitte la fiction pour en revenir aux réalités, celle d’un régime incapable de se réformer, d’un régime qui maintient son peuple sous le joug de la répression et de la terreur, d’un régime qui ne cesse d’avoir une action déstabilisatrice dans cette région du monde.
Je veux rappeler ici les propos tenus par l’ambassadeur de France au Conseil de sécurité à l’ONU en juillet dernier et qui le réitérera probablement demain, ce mercredi 18 janvier, puisqu’un rapport similaire du Secrétaire général des Nations unies sera examiné par ce conseil. C’est extrêmement important d’en parler parce qu’on s’est beaucoup focalisé à un moment dans les relations avec l’Iran sur l’accord sur le nucléaire, c’était important – nous l’avons nous-mêmes dit de faire en sorte que ce régime ne puisse se doter de l’arme nucléaire, mais il y a bien d’autres sujets qui nécessitent davantage de clarté, de lucidité et de fermeté. L’ambassadeur rappelait qu’à trois reprises la France a été amenée, avec les États-Unis d’ailleurs, à la notification au conseil de sécurité par la France du tir par l’Iran de plusieurs missiles balistiques capables d’emporter des armes nucléaires, en contradiction avec les dispositions de la résolution 2231, paragraphe 3, annexe b ; la notification de deux saisines d’armes ir
aniennes par les États-Unis en juin et par la France le 7 juillet dernier en violation du paragraphe 6b de l’annexe b de la même résolution, et enfin la préoccupation de la France sur les informations relatives aux déplacements à l’étranger du général Qassem Soleimani, alors que ce dernier est toujours sujet à une interdiction de voyages décidée par le conseil de sécurité et confirmée par ladite résolution.
Nous pensons donc ici au Comité parlementaire, comme l’ambassadeur de France, qu’il est essentiel pour la sécurité internationale et la stabilité de la région de faire en sorte que l’Iran cesse toutes ses activités déstabilisatrices et dangereuses et qu’il faut donc s’en donner les moyens. Ce qui exige une attitude d’extrême fermeté à l’encontre du régime.
Cette fermeté, notre comité l’attend tout autant sur la question des droits de l’homme. Nous le savons, nous le dénonçons systématiquement. Ce régime s’inscrit toujours dans la continuité des exécutions de masse en Iran, condamnées avec fermeté également par la dernière résolution de l’Assemblée générale de l’ONU, parrainée par la France et adoptée le 19 décembre dernier à New York.
Néanmoins le silence de la communauté internationale sur le massacre des prisonniers politiques intervenus dans ce pays dans des années 80 et notamment celui de 30 000 d’entre eux en 1988, en application d’une fatwa de Khomeiny, est toujours aussi insupportable. Nous exigeons donc qu’une enquête internationale fasse toute la lumière sur ces massacres.
J’en profite à cet instant, Mme la Présidente, pour vous assurer de notre soutien et de notre vigilance en ce qui concerne les droits et la protection des résistants iraniens, notamment des résistants iraniens en France et de vous-même, Mme la Présidente, de votre sécurité puisque, chacun le sait ici, à la suite du grand rassemblement international à Villepinte en juillet dernier, l’ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué. Notre comité parlementaire exprime sa plus vive préoccupation quant aux intentions du pouvoir iranien dans le cadre des négociations diplomatiques engagées entre la France et l’Iran suite à l’accord international sur le nucléaire iranien. Nous rappelons que la France, terre d’asile et de liberté, a accueilli les réfugiés politiques iraniens dès le début des années 80 sous l’autorité du président François Mitterrand. Elle leur a toujours assuré la protection qu’ils sont en droit d’attendre d’un État démocratique et un état de droit. Nous réaffirmons ici donc, dès lors et en aucune man
ière, la France ne doit répondre aux demandes, pressions et tentatives du régime iranien visant une restriction des droits démocratiques de ses opposants ou tout marchandage visant leurs activités.
Et comme le Président de la République François Hollande l’a lui-même rappelé à l’intéressé lors de sa visite officielle, nous réaffirmons ici, comme l’a fait François Hollande à Hassan Rohani, l’impératif absolu pour la France que représentent le respect des droits de l’homme et l’abolition de la peine de mort.
Je rappelle ici la position fondamentale de notre comité parlementaire sur la question des relations franco-iraniennes et d’une manière plus générale encore, sur celles de l’Union européenne vis-à-vis de l’Iran. Une position de principe qui devrait, à notre avis, guider le programme de tout candidat à l’élection présidentielle en matière de politique internationale. Pour nous, l’Iran dont il est acquis que les dirigeants ne respectent pas les normes internationales, ne peut à ce jour en aucun cas constituer un partenaire fiable dans le combat pour éradiquer le phénomène néfaste de l’intégrisme islamiste au Proche et au Moyen-Orient. Nous maintenons que l’amélioration de la situation des droits de l’homme en Iran doit être une condition préalable de tout développement de relations diplomatiques et commerciales avec le régime en place à Téhéran et que celles-ci devraient être mesurées à l’aune de l’arrêt des exécutions, de la libération des prisonniers politiques et au respect de la liberté d’expression et d’association.
Nous avons toutes les raisons de penser que l’attachement à ces normes et une expression claire de fermeté, comme cela a été le cas dans le cadre de la négociation sur l’accord sur le nucléaire, placera la France dans une meilleure situation par rapport à ses interlocuteurs iraniens. Nous appelons donc les autorités gouvernementales et parlementaires françaises qui ont fait de fréquents voyages en Iran ces derniers temps, à faire preuve de la plus extrême fermeté vis-à-vis de l’Iran et à rappeler en toutes circonstances la position de la France sur la situation des droits de l’homme et sur la peine de mort comme sur le nécessaire respect des valeurs et des principes démocratiques.
Un dernier mot, parce que je pense que depuis notre dernière réunion ici, un autre dossier qui était important à nos yeux, qui était la protection des habitants d’Achraf et des résistants iraniens en Irak a été finalement réglée puisque grâce à l’action conjuguée et la ténacité du CNRI et l’appui d’autres pays, je pense aux États-Unis notamment et puis surtout à la capacité d’accueil de l’Albanie, nos amis d’Achraf sont aujourd’hui en sécurité à Tirana. Tout n’est pas réglé, ils méritent notre soutien et notre appui, mais je crois que c’est une bonne chose que de les avoir protégés de la menace permanente qui était la leur, là où ils étaient à Bagdad.
Voilà les mots que je voulais prononcer au nom du comité parlementaire.

