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Achraf : Aujourd’hui il faut avant tout briser le mur du silence – Me Henri Leclerc

Me Henri LeclercCNRI – A la veille de la conférence de presse du Comité international des Juristes en défense d’Achraf, qui s’est déroulée au club de la presse à Paris le 11 août, Me Henri Leclerc, figure éminente du barreau et de la défense des droits de l’homme avait envoyé le message suivant :

éclaration d’Henri Leclerc

Le 10 août – Je ne pourrai malheureusement être parmi vous. Je le regrette vivement car je veux que l'on sache mon indignation sur ce qui vient de se passer à Ashraf. Depuis bien longtemps déjà des signaux avaient été donnés par le gouvernement irakien qui nourrissaient notre inquiétude. Nous nous sommes heurtés à un silence constant des médias, à un refus de prendre en compte cette menace. Nous disions alors pourtant  que les autorités irakiennes testaient  la résistance de la communauté internationale en envisageant publiquement et avec une insistance persistante de se livrer à une agression contre les réfugiés iraniens pourtant protégés par les Conventions de Genève mais réclamés par les mollahs.

Nous savons non seulement le crime qui vient d’être commis mais nous avons toutes les raisons de craindre que la communauté internationale reste encore silencieuse devant cette effrayante menace qui pèse sur les personnes aujourd'hui entre les mains des forces irakiennes, avant tout soucieuses de plaire à leur voisin iranien, d’être livrées à ce dernier .

Le régime des mollahs aujourd’hui même, avec un cynisme sans pareil, réprime violemment  les citoyens qui ont osé simplement et pacifiquement manifester pour demander  que les élections ne soient pas truquées. Des procédés atroces sont utilisés. Nous savons que la torture est généralisée, que  les  exécutions se multiplient. Le spectacle  de ces procès au cours desquels  les accusés sont obligés de confesser des crimes imaginaires rappellent les pires périodes de l'Histoire. Alors comment seront  traités ceux qui depuis des décennies  ont voulu résister à ce terrorisme d’Etat et sont chaque jour dénoncés par ces tyrans comme  leurs pires adversaires ?  Nous savons que s’ils leur sont livrés, ces réfugiés pourtant sous la protection des Conventions de Genève seront torturés, condamnes à mort et exécutés, avec ou sans ces procès iniques  et qui défient la conscience de l’humanité.

Le ministère des affaires étrangères français n'a trouvé d'autre réponse aux crimes qui viennent  d'être commis que de rappeler l'entêtement du gouvernement français malgré les décisions de la Cour de justice européenne, de dénoncer comme terroriste une organisation et ses membres  dont il sait parfaitement qu'ils  ne se livrent à aucun acte de résistance armée.

Je ne peux aujourd'hui que m’indigner de ce comportement des autorités françaises devant la menace qui pèse sur la sûreté et vie de ces réfugiés. C'est avant qu’il ne se commette que le crime doit être dénoncé mais au moins, quand il est en train de se commettre sous nos yeux, il est du devoir absolu de tout régime démocratique et soucieux du respect des droits de l’homme de tout faire pour l’arrêter.