
Au 20e jour du soulèvement national en Iran, le régime clérical a intensifié ses efforts pour isoler le pays du monde, instaurant un blocus numérique d’une ampleur sans précédent. Selon NetBlocks, organisme de surveillance d’internet mondial, la coupure totale d’internet en Iran a désormais dépassé 180 heures, surpassant la durée de la coupure tristement célèbre lors du massacre de novembre 2019. Malgré ce vide informationnel et l’instauration d’une loi martiale non déclarée dans les principales villes, des informations ayant fuité les jeudi 15 et vendredi 16 janvier confirment que le régime n’est pas parvenu à faire taire la population.
Téhéran assiégée : une capitale militarisée
La capitale est devenue une véritable garnison. Selon des informations en provenance de Téhéran, le régime, craignant l’escalade des manifestations, a déployé d’importants contingents de sécurité dans toute la métropole. Les forces spéciales « NOPO » ont bloqué la place Jomhouri et ses artères principales. Dans des quartiers comme Pirouzi, Gorgan, Naziabad, Yousefabad, Sattar Khan et les première et troisième places de Tehranpars, les forces de sécurité ont instauré une présence étouffante. Des patrouilles à moto, armées de kalachnikovs et de fusils de chasse, patrouillent 24 heures sur 24 dans ces districts.
January 2026—Dezful, southwest Iran
Newly obtained video shows security forces using firearms against civilians during the nationwide uprising.#IranProtests pic.twitter.com/MaifeN2Iqh— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 16 janvier 2026
Pourtant, la répression policière n’a pas dissuadé la population. Dans les nuits de mercredi et jeudi, des jeunes rebelles des quartiers de Pirouzi et de Tehranpars ont mené des affrontements sporadiques avec les forces de l’ordre, scandant des slogans anti-régime. À Qolhak, une escalade significative des violences a eu lieu : des jeunes rebelles ont incendié un dépôt de munitions appartenant au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et à la milice paramilitaire Bassidj.
Escalade dans les provinces : des chars dans les rues
Téhéran reste sous haute surveillance, la situation dans les provinces indique que le régime perd le contrôle de la gouvernance locale. À Khorramabad, dans l’ouest de l’Iran, les autorités ont déployé des chars à des points stratégiques de la ville, une mesure désespérée motivée, semble-t-il, par la crainte que les bâtiments gouvernementaux ne tombent aux mains des manifestants.
January 16—Zahedan, southeast Iran
Heavy presence of security forces in fear of anti-regime protests.#IranProtests pic.twitter.com/z5Z9ctLN60— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 16 janvier 2026
À Rafsanjan, les troubles ont ciblé les symboles économiques de la théocratie. Jeudi soir, des jeunes se sont affrontés avec des unités spéciales, incendiant les bureaux locaux du Comité de secours Imam Khomeini, la poste et une banque d’État. Des scènes de résistance similaires se sont déroulées à Kermanshah, Islamabad-e Gharb et Ilam, où des affrontements armés se sont poursuivis tard dans la nuit. Selon certaines informations, les forces de l’État ont perdu le contrôle de certaines parties des régions montagneuses de ces zones.
Malgré le blocus numérique, les preuves de la brutalité du régime continuent d’émerger. De nouvelles images vidéo de Dezful, dans la province du Khuzestan, filmées sur la place de l’Imam (anciennement place Saat), montrent les forces de sécurité tirant à balles réelles directement sur des manifestants non armés — un choix tactique qui souligne la volonté meurtrière de la répression.
Zahedan : Le vendredi de la résistance
Dans le sud-est du pays, en proie à l’agitation, la ville de Zahedan a été le théâtre d’une démonstration de force massive de la part de l’État, le vendredi 16 janvier. Après la prière du vendredi à la mosquée Makki, le régime a déployé massivement des militaires dans la ville. Des points de contrôle ont été installés à tous les points d’entrée et de sortie, où les citoyens ont subi des fouilles corporelles et des inspections intrusives de leurs téléphones portables.
Salute to the courageous people of Zahedan, and to the freedom-loving Baluch compatriots who today once again ignited the flames of Iran’s uprising through a brave march and chants of “Death to Khamenei” and “Death to the dictator.”
This demonstration, held in the wake of mass… pic.twitter.com/ScwbuHaFoC— Maryam Rajavi (@Maryam_Rajavi) 16 janvier 2026
Malgré ces intimidations, des milliers de citoyens baloutches ont envahi les rues. Scandant « Mort à Khamenei » et « Mort au dictateur », les manifestants ont transformé leur rassemblement religieux hebdomadaire en un meeting politique. Maryam Rajavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), a salué la résilience du peuple baloutche, affirmant qu’il avait « une fois de plus rallumé les flammes du soulèvement du peuple iranien » malgré un « important dispositif sécuritaire ».
Le coût humain : des noms derrière des chiffres
La répression a fait de nombreuses victimes. L’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) a commencé à identifier les victimes de la répression du régime. Parmi les personnes décédées, on compte :
Zahra (Raha) Bohlouli-Pour, étudiante de 18 ans à l’Université de Téhéran, abattue rue Fatemi le 8 janvier.
Zahra (Raha) Bohlouli-Pour, 18, was a student at the University of Tehran. She was killed by killed by the regime's security forces in Tehran (Fatemi Street) on January 8, 2026.#IranProtests pic.twitter.com/gGNbRvz7Gd
— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 16 janvier 2026
Diar Pourchehriq, 32 ans, artisan indépendant, tué à Téhéran.
Yasin Mirzaei Qaleh Zanjiri, étudiant, tué à Kermanshah.
Reza Ghanbari (17 ans), Rasoul Kadivarian (17 ans) et Reza Kadivarian (20 ans), ouvriers tués lors d’affrontements à Kermanshah le 3 janvier.
🚨 BREAKING | Iran Protests — Resistance Units Identified
The @Mojahedineng has identified members of its brave Resistance Units who were killed by regime fire during the nationwide uprising:• Zahra (Raha) Bohlouli-Pour, 18, University of Tehran student — shot dead on Jan 8,… pic.twitter.com/I0OcVTjRdG
— SIMAY AZADI TV (@en_simayazadi) 15 janvier 2026
À Abdanan, dans la province d’Ilam, les funérailles de l’adolescent Alireza Seidi se sont transformées en une immense manifestation anti-régime. Des milliers de personnes en deuil ont scandé : « Je tuerai celui qui a tué mon frère » et « C’est l’année du sang ; Seyed Ali [Khamenei] sera renversé.»
L’isolement international s’accentue
Alors que le régime retourne ses armes contre ses propres citoyens, son isolement diplomatique s’accélère. Jeudi, le Portugal a annoncé la fermeture de son ambassade à Téhéran, invoquant des tensions et une répression violente, et a exhorté ses ressortissants à quitter le pays. Le ministre portugais des Affaires étrangères s’est dit prêt à se joindre au renforcement des sanctions de l’UE contre Téhéran.
🚨 Iran News Update
BIPARTISAN LETTER FROM U.S. CONGRESS — REJECTING ALL DICTATORSHIPIn a letter sent by 59 Members of the U.S. Congress from both parties — including 3 committee chairs and 16 subcommittee chairs — lawmakers wrote to Marco Rubio:
“The Iranian people have made… pic.twitter.com/t02UALR8WO
— SIMAY AZADI TV (@en_simayazadi) 16 janvier 2026
Parallèlement, le soutien politique international au désir du peuple iranien de changement de régime se cristallise. Aux États-Unis, un groupe bipartisan de 59 membres du Congrès a adressé une lettre au secrétaire d’État Marco Rubio, rejetant explicitement la dictature théocratique actuelle et l’ancienne monarchie. Les parlementaires ont souligné que le peuple iranien aspire à une « république laïque, démocratique et non nucléaire ».
Ailleurs, Marko Mihkelson, président de la commission des affaires étrangères d’Estonie a dénoncé « La répression des manifestations la plus sanglante de l’histoire moderne » et a exigé une action concrète du monde libre. La ministre australienne des Affaires étrangères, la sénatrice Penny Wong, a également condamné la situation et conseillé à tous les Australiens de quitter l’Iran immédiatement.
Alors que le soulèvement entre dans sa troisième semaine, le régime agit par désespoir plutôt que par force. Les slogans qui résonnent d’Abdanan à Zahedan indiquent que le peuple iranien a dépassé le stade de la peur et perçoit la lutte actuelle non seulement comme une protestation, mais comme un ultime effort pour renverser la théocratie.

