
Le 29 septembre 2025, une vague de protestations a déferlé sur l’Iran, révélant l’intensité de la colère nationale contre la corruption et l’incompétence du régime clérical. Du cœur industriel d’Ahvaz aux résidences universitaires de Téhéran, et dans des dizaines de villes, métallurgistes, retraités, agriculteurs, boulangers et étudiants sont descendus dans la rue, unis dans un même cri de défiance.
Révoltes du cœur industriel : les sidérurgistes d’Ahvaz mènent la charge
À Ahvaz, dans le sud du pays, les ouvriers du Groupe sidérurgique national ont mené l’une des actions les plus marquantes de la journée. Après des semaines de protestations restées sans réponse au sein de leur complexe industriel, ils ont manifesté dans la rue et organisé un rassemblement massif devant le bureau du gouverneur de la province du Khouzistan. Leur cortège a ensuite traversé le centre-ville, faisant trembler le bazar d’Ahvaz en se dirigeant vers les bureaux de la Bank-e Melli (Banque nationale).
Lundi 29 septembre, les travailleurs de la sidérurgie d’Ahvaz ( sud ouest Iran ) sont descendus dans la rue pour réclamer leurs salaires impayés, leurs assurances et dénoncer leurs conditions de travail déplorables. #iranProtests pic.twitter.com/TOgZoFJ4q2
— Afchine Alavi (@afchine_alavi) 29 septembre 2025
Leurs chants ont directement dénoncé l’hypocrisie et la corruption systémique du régime. Les cris de « Hussein, Hussein, c’est leur slogan ; mensonges et vol, leur œuvre !» ont résonné dans les rues, une condamnation accablante d’un pouvoir qui dissimule ses rapines sous le couvert de la piété religieuse. Il ne s’agissait pas simplement d’un conflit du travail concernant deux mois de salaires impayés et des chaînes de production délibérément mises à l’arrêt par une mauvaise gestion ; Il s’agissait d’une rébellion politique, soulignée par le slogan provocateur : « Le travailleur mourra, mais n’acceptera pas l’humiliation !»
More footage of INSIG workers in Ahvaz. Protesters chant:
"Workers will die but won't accept humiliation"#IranProtests pic.twitter.com/UrypKYcsNr— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 29 septembre 2025
Un soulèvement national des retraités : cibler le cœur du pouvoir du régime
Simultanément, un mouvement coordonné de retraités du secteur des télécommunications s’est matérialisé dans des dizaines de villes, dont Téhéran, Ispahan, Kermanshah, Tabriz, Sanandaj, Ahvaz et Hamedan. Il s’agissait d’une contestation directe des empires financiers contrôlés par l’élite du régime. Les manifestants ont explicitement désigné la Fondation coopérative du CGRI (Bonyad Taavon Sepah) et le Siège exécutif de la Directive de l’Imam (Setad Ejraiye Farman Imam), des institutions quasi étatiques connues pour leur pillage des richesses nationales sous l’autorité du Guide suprême.
Leurs slogans témoignaient d’une perte totale de confiance dans toutes les branches de l’État. À Ispahan, les retraités scandaient : « Ni le Parlement, ni le gouvernement ne se soucient de la nation ! » À Shush, des retraités de la Sécurité sociale ont fait écho à ce sentiment, ajoutant : « La radiotélévision d’État est une honte ! » – un rejet catégorique de la propagande d’État.
September 29—Kermanshah, western Iran
Retirees of Telecommunications Company of Iran (TCI) protest injustice and mismanagement by regime-linked institutions blocking their benefits.
Chants: “The Execution of Imam’s Order HQ has hijacked TCI & stolen our rights!”#IranProtests pic.twitter.com/jIKal4G687— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 29 septembre 2025
Dans un discours puissant prononcé lors de la manifestation à Téhéran, un retraité s’est adressé directement aux autorités : « Vous n’avez pas d’yeux pour voir et d’oreilles pour entendre ? Vous regardez ces vidéos, mais vous ne faites rien… Ni le Parlement, ni le gouvernement, ni le pouvoir judiciaire… ne se soucient de nous ni de la nation.»
La crise des besoins fondamentaux : pas de pain, pas d’eau
L’incapacité du régime à fournir les produits de première nécessité a alimenté l’indignation. À Ispahan et à Machhad, des boulangers ont manifesté devant les bâtiments gouvernementaux provinciaux, alertant sur la menace que représente la production de pain. Leur principal grief concerne le non-versement des subventions essentielles par le gouvernement. À Machhad, les boulangers ont signalé que la Bank Sepah avait plus de 100 jours de retard de paiement. Leur slogan a exprimé l’état d’esprit national : « Assez de promesses creuses, nos tables sont vides ! »
September 29—Isfahan, central Iran
Bakery workers rally outside the governor’s office, protesting delayed and missing subsidies that push their shops toward collapse. Similar protests have been happening in recent weeks.
They chanted: “Subsidies never came, shutters down!”… pic.twitter.com/ptjq0eoz7m— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 29 septembre 2025
Pendant ce temps, dans la région agricole du Khouzistan, des agriculteurs se sont rassemblés pour protester contre des pénuries d’eau catastrophiques. L’un d’eux a décrit avec force leur situation, accusant les autorités de les traiter comme un « ballon de football entre des organismes gouvernementaux indifférents ». Il s’est exclamé : « Quel genre de gestion est-ce là pour qu’à Mehr (du 23 septembre au 22 octobre), au début de la saison des semis, il n’y ait toujours pas de plan ? Si vous ne pouvez pas mettre fin à cette incompétence, démissionnez ! »
Une société en ruine
Les manifestations ont révélé une société où tous les piliers s’effondrent. À la résidence Danesh de l’université Khajeh Nasir de Téhéran, les étudiants ont organisé un rassemblement nocturne contre la flambée des frais de scolarité et les conditions de vie déplorables, promettant de poursuivre leurs manifestations jusqu’à ce que les autorités répondent à leurs revendications.
À Nishabur, les pompiers ont été contraints de manifester lors de leur propre journée nationale de reconnaissance. Ils ont dénoncé des salaires dangereusement bas, le blocage du paiement des heures supplémentaires, la nomination de personnes non qualifiées à des postes opérationnels et les primes dérisoires « humiliantes ».
More footage and pictures at the Danesh dormitory of Khajeh Nasir University.#IranProtests pic.twitter.com/SRyHDlL2gB
— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 29 septembre 2025
À Mashhad, le désespoir des petits commerçants a été mis à nu par les protestations des chauffeurs de fourgonnettes mises hors service. Leurs véhicules sont restés « pourris sur un parking pendant trois ans » en attendant un plan de remplacement gouvernemental. Leurs garanties et leur assurance étant expirées depuis longtemps, un chauffeur a demandé : « Comment nos familles sont-elles censées vivre alors que nous n’avons pas de revenus. »
Un régime face à un peuple uni
Les événements du 29 septembre ont démontré avec force que la nation est au bord de la rupture. Les slogans ont évolué bien au-delà des simples revendications économiques ; ils constituent désormais des condamnations politiques directes du CGRI, des réseaux financiers du guide suprême, des médias d’État et de l’ensemble de l’appareil gouvernemental. L’unité est indéniable : les mêmes cris de défi et slogans rejetant la légitimité du régime résonnent parmi différents groupes dans différentes villes.
L’ampleur, la coordination et la fureur de ces manifestations indiquent que la stratégie de longue date du régime consistant à ignorer et à réprimer la dissidence n’est plus tenable. Le peuple iranien montre qu’il a perdu la peur et qu’il est de plus en plus uni pour identifier le pouvoir religieux corrompu comme la source fondamentale de ses souffrances.

