
Les Iraniens souffrent de diverses crises économiques, sociales et environnementales. Au sujet du chômage endémique dans le pays, le quotidien officiel Farhikhtegan a écrit dimanche :
«Au cours des cinq prochaines années, la population active du pays atteindra les 29 millions. Compte tenu des emplois non durables, si un million d’emplois ne sont pas créés dans le pays chaque année, le pays devra faire face à une armée de personnes éduquées mais sans emploi. »
Farhikhtegan ajoute que «selon le Centre iranien des statistiques, à l’hiver 2020, sur 2 millions 478 000 chômeurs dans le pays, environ 961 000 d’entre eux, soit 39% du total des chômeurs avaient fait des études supérieures ».
«Selon ces statistiques, le nombre de chômeurs dans le pays est passé de 2,8 millions en 2011 à 3,2 millions en 2018 et à 2,5 millions à la fin de l’hiver 2020», a écrit Farhikhtegan.
Le journal conclut qu’en Iran, «40% des chômeurs ont un diplôme universitaire ; 71% des femmes instruites sont au chômage. »
De nombreux Iraniens instruits sont soit au chômage, soit travaillent comme travailleurs saisonniers et contractuels. Les travailleurs iraniens ne peuvent pas joindre les deux bouts en raison du taux d’inflation élevé et de la flambée des prix.
«La vie des travailleurs et des employés s’effondre en raison de l’inflation galopante, de leurs salaires plusieurs fois inférieurs au seuil de pauvreté en rial et de la flambée des prix des marchandises en dollar», a écrit dimanche le quotidien Kar-o-Kargar.
«Les familles ne peuvent pas se permettre le coût de la vie stupéfiant. Le nombre des enfants qui travaillent augmente chaque jour. Selon les responsables de l’aide sociale, il y a 4 500 enfants qui travaillent à Téhéran seulement », a ajouté Kar-o-Kargar.
Le régime et ses apologistes tentent de blâmer les sanctions pour toutes les difficultés de l’Iran. Mais c’est loin de la réalité.
«N’oublions pas que la racine des protestations de nombreuses personnes contre les maux économiques du pays est due aux actions de fonctionnaires corrompus. Ces fonctionnaires ont pillé la richesse nationale et rendu les gens méfiants à l’égard des actions du système», a écrit dimanche le quotidien Arman.
Dimanche, le quotidien Sharq a souligné également que «les crises s’intensifient, les solutions sont peu nombreuses et peu claires, et les impasses sont évidentes de toutes parts».
Pour sa part, le journal Hamdeli avertit que «le mur de la colère a été posé brique par brique (…) Beaucoup ont perdu leurs économies dans la crise boursière. Cet échec économique à une si grande échelle génère de la colère. Les investisseurs pillés sont en colère parce que les procédures officielles leur ont fait perdre leur capital », a écrit le journal en faisant référence à la crise boursière iranienne au cours de laquelle le régime a pillé des millions d’Iraniens.
«L’absence d’amélioration et d’action pour dédommager cet échec économique des fonctionnaires augmente la colère des gens. Oppresser ces personnes pillées, comme ce qui s’est passé lors des récentes manifestations, augmente également la colère de la population », ajoute Hamdeli.
«Imaginez des travailleurs et des employés insatisfaits de leur faible revenu. Ces faibles revenus génèrent à eux seuls la colère. Mais face à leurs demandes, ils reçoivent cette réponse «à prendre ou à laisser». Et la colère s’intensifie. Lorsque les mécanismes juridiques existants ne peuvent pas répondre aux plaintes, c’est comme si une brique était à nouveau posée sur le mur de la colère », prévient Hamdeli aux responsables du régime.
Hamdeli, plus loin dans son article, fait écho à la hantise du régime d’un autre soulèvement comme celui de novembre 2019 à la suite de la hausse du prix du carburant et des manifestations nationales en janvier 2020, après que le régime a abattu un avion de ligne ukrainien. Hamdeli prévient qu’avec le temps, «la colère va se manifester et la société sera emporté par la colère».

