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L’ONU condamne l’« extermination » en Iran, tandis que des responsables du régime admettent une « guerre civile »

L’ONU condamne l’« extermination » en Iran, tandis que des responsables du régime admettent une « guerre civile »
Manifestations en Iran – Janvier 2026

Le soulèvement national en Iran est entré dans une nouvelle phase critique, caractérisée par une nette escalade des affrontements entre la population et les forces de sécurité de l’État. Fin janvier, les manifestations touchaient plus de 400 villes, poussant de hauts responsables du régime clérical à admettre publiquement que le mouvement de contestation, initialement composé d’émeutes sporadiques, s’est transformé en une « guerre civile à grande échelle » coordonnée, visant à renverser la théocratie.

Alors que la communauté internationale, sous l’égide du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (CDHNU), s’efforce de documenter ce que les juristes qualifient désormais d’« extermination », la situation sur le terrain demeure instable. Selon des informations provenant du réseau de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK), malgré une coupure quasi totale d’Internet et l’utilisation de mitrailleuses lourdes contre les civils, la dynamique des manifestations ne faiblit pas.

Défiance au Baloutchistan et actions de la jeunesse rebelle

Le vendredi 23 janvier 2026, la province du Sistan-et-Baloutchistan est redevenue l’épicentre de la contestation. Après la prière du vendredi, d’importantes manifestations ont éclaté à Zahedan, Rask et Khash. Malgré l’important dispositif sécuritaire, les manifestants ont défilé dans les rues en scandant des slogans visant les plus hautes sphères du régime. Parmi les slogans scandés : « Mort à Khamenei », « Mort au dictateur », et un avertissement particulièrement menaçant à l’encontre du Guide suprême : « Cette année est l’année du sang, Khamenei sera renversé. » À Rask, la colère s’est concentrée sur les forces de sécurité, la foule scandant « Mort aux honteux Gardiens de la révolution » et « Honteux Basiji ».

Parallèlement à ces manifestations de masse, les unités de « Jeunesse rebelle » ont intensifié leurs opérations contre les centres de répression du régime à travers le pays. À Arak, dans la nuit du 22 janvier, des jeunes du quartier de Gerdoo ont attaqué le commissariat n° 12 (Razavi). L’opération, menée à l’aide d’engins incendiaires et de tactiques de guérilla, visait, semble-t-il, à empêcher le transfert de manifestants détenus, contraignant les forces de sécurité à évacuer le commissariat.

Des affrontements similaires ont eu lieu à Shiraz le 22 janvier, où des jeunes se sont heurtés aux Unités spéciales en représailles à des tirs indiscriminés d’agents du régime sur des habitations. À Ispahan, le 20 janvier, une base des Bassidj dans la région de Kuhpayeh – un centre névralgique de la répression des manifestants – a été visée par des engins incendiaires, blessant trois agents du régime.

Le bilan humain : des adolescents parmi les victimes

L’intensification du conflit a un coût humain effroyable. Le 24 janvier, l’OMPI a publié les noms de 94 martyrs supplémentaires du soulèvement, portant le nombre total de victimes identifiées à 543. Cette nouvelle liste met en lumière le caractère aveugle de la répression meurtrière du régime.

Parmi les victimes nouvellement identifiées figurent 15 femmes et cinq adolescents âgés de 13 à 16 ans. La liste comprend Artin Lavahi, 14 ans, originaire de Rasht, Nazanin Zahra Salehi, 13 ans, originaire de Kermanshah, et Mohammad Matin Bagheri, 16 ans, également originaire de Kermanshah. La répartition géographique des victimes – de Rasht et Lahijan au nord à Téhéran, Karaj, Ispahan et Shiraz au centre, et Zahedan au sud-est – confirme l’ampleur nationale de la répression.

Les responsables du régime admettent une « guerre civile » et une vulnérabilité

L’indicateur le plus révélateur de la situation précaire du régime est sans doute le changement de discours de ses plus hauts responsables. Fini le déni de « simples émeutes isolées » ; place à l’aveu d’une menace existentielle.

Ali Akbar Pourjamshidian, secrétaire du Conseil de sécurité du régime, a révélé l’ampleur des troubles le 21 janvier, déclarant que plus de 400 villes et 100 sites à Téhéran étaient touchés. Il a quantifié les dégâts causés aux infrastructures du régime, notant que « 414 bâtiments gouvernementaux, 749 véhicules de police, 120 bases des Bassidj et 750 banques ont été incendiés ». Même le président du régime, Massoud Pezeshkian, a concédé que « ces événements ne sont plus de simples manifestations et se sont transformés en un projet visant à renverser le régime ».

Les imams de la prière du vendredi, porte-parole du Guide suprême Ali Khamenei, ont exprimé une profonde inquiétude. À Kerman, son représentant, Hassan Soleimani, a déclaré : « Le pays est aujourd’hui dans un état de guerre. Nous devons veiller à ne pas sombrer dans la guerre civile.» À Qom, Mohammad Saeedi Golpayegani a admis que « la cible principale de ces émeutes était la personne même de Khamenei.»

À Téhéran, l’imam de la prière du vendredi, Mohammad-Javad Haj-Ali-Akbari, a qualifié le soulèvement de « véritable guerre civile » déclenchée par une « violence indescriptible ». Cherchant à afficher sa force face à l’agitation intérieure, il a eu recours à des menaces extérieures, affirmant que les bases et les investissements américains dans la région se trouvaient « à portée de nos missiles ».

Condamnation internationale : « Le pire massacre de l’histoire contemporaine »

Tandis que le régime tente d’écraser le soulèvement par la force, la communauté internationale documente les atrocités. Le 23 janvier, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a adopté une résolution prolongeant le mandat de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur l’Iran.

Lors de la session spéciale, Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a indiqué que « des milliers de personnes, dont des enfants », avaient été tuées, confirmant l’utilisation de munitions réelles par les forces de sécurité. La session a été marquée par des témoignages poignants concernant l’ampleur des violences. L’un des intervenants a qualifié les actions du régime d’« extermination ».

Sara Hossain, présidente de la Mission d’établissement des faits, a décrit des preuves « glaçantes », notamment des images de la morgue de Kahrizak à Téhéran montrant des centaines de sacs mortuaires empilés les uns sur les autres. La résolution de l’ONU a fermement condamné la répression violente et a demandé une enquête urgente sur la « mort de milliers de personnes ».

La convergence d’une résistance intérieure intensifiée et d’une condamnation internationale sans précédent marque un tournant pour le régime iranien. Comme l’a déclaré Mme Maryam Rajavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), après le vote de l’ONU, la résolution « a mis en lumière une vérité incontestable : le fascisme religieux au pouvoir ne peut plus dissimuler ses crimes au monde ».