
Pour les dirigeants iraniens, le plus grand danger du soulèvement de janvier 2026 n’était pas simplement le déferlement des foules dans les rues. C’était la présence des Unités de résistance, menées par l’OMPI, à leurs côtés : elles aidaient la population à rester unie sous les attaques, évacuaient les familles des zones de danger, soignaient les blessés et refusaient de laisser la peur étouffer le soulèvement. Lorsque les forces de sécurité du régime ont tenté de réprimer les manifestations, ces unités ont riposté pour défendre la foule. Nombre d’entre elles ont payé de leur vie ce combat.
En mémoire des martyrs du soulèvement de janvier 2026 en Iran
Les martyrs de ce mois vivent toujours ; ce sont les plus vivants parmi nous#IranProtestshttps://t.co/8svoomkbHN pic.twitter.com/RKyCZV4Vr7— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 25 janvier 2026
Le régime a agi comme toujours face à la dissidence pacifique : il a répondu aux citoyens par la force, et non par la politique. Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les rassemblements, mené des raids d’envergure et des arrestations massives, et renforcé le black-out médiatique qui empêche toute responsabilisation. Des reportages en provenance du pays et des médias internationaux décrivent des civils – femmes, enfants et familles entières – pris entre deux feux, l’État traitant toute manifestation publique comme un crime à punir.
Le régime, responsable de la mort de milliers de personnes, tente désormais de blanchir ses crimes en propageant de nouveaux récits sur un prétendu terrorisme orchestré par l’étranger. Ce qui a empêché un massacre encore plus important, ce n’est ni la clémence, ni la retenue, ni un quelconque respect soudain pour la vie, mais la résistance farouche qui s’est manifestée à travers le pays. Les manifestants ont protégé les foules et, lorsque les forces de sécurité sont intervenues, ils les ont affrontées au lieu de se soumettre, privant ainsi le régime de toute liberté d’action. C’est pourquoi les autorités sont obsédées par les « réseaux » et les « leaders » : cet État ne reconnaît qu’une seule ligne rouge – sa propre survie – et il craint une force organisée qui rendrait les massacres de masse plus difficiles à perpétrer en silence.
Le discours officiel
Le 24 janvier 2026, le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf, a déclaré que les troubles s’étaient déroulés « simultanément et de manière organisée » dans plusieurs villes, mais il a attribué cette organisation à une main étrangère, une tactique bien connue pour nier l’indignation intérieure et justifier la répression.
⚠️ Update: #Iran's internet blackout continues through its 18th day, obscuring the extent of a deadly crackdown on civilians.
Meanwhile, gaps in the filternet are being tightened to limit circumvention while whitelisted regime accounts promote the Islamic Republic's narrative. pic.twitter.com/Jj76EGrkJz
— NetBlocks (@netblocks) 26 janvier 2026
La propre « analyse » du Conseil suprême de sécurité nationale (publiée par l’IRNA et d’autres médias) s’appuie sur le même argument. Elle distingue les premières manifestations, motivées par des raisons économiques, de ce qu’elle appelle des « noyaux/cellules émeutières organisées », puis décrit les jours suivants comme ayant été marqués par des attaques « ciblées et organisées ».
Un compte affilié à Fars, relayé par l’agence de presse étatique Fekrshahr, explicite davantage la thèse de l’organisation, affirmant que les troubles se sont intensifiés après l’infiltration de « noyaux organisés » et présentant les restrictions d’internet comme une mesure visant à perturber « la plateforme de l’organisation ».
Crainte de l’OMPI
Lorsque le régime utilise le terme injurieux « Monafeqin » pour désigner l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran, il ne s’agit pas d’une simple insulte. Pour un État qui s’efforce depuis des décennies d’effacer et de censurer l’organisation, le fait qu’il rende désormais publiques des arrestations d’« équipes », d’« éléments » et d’organisateurs liés à l’OMPI est révélateur. Il s’agit d’une propagande destinée à intimider, mais qui, involontairement, révèle aussi ce que le régime craint le plus : l’existence d’un réseau de résistance organisé à l’intérieur du pays, suffisamment influent pour que les autorités se sentent obligées de l’invoquer constamment.
Un rapport d’État largement diffusé affirme qu’une chaîne Telegram, décrite comme diffusant des appels aux bazars (commerçants iraniens), a été créée et dirigée par l’OMPI.
Un communiqué du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) du Khorasan Razavi a fait état de deux « équipes terroristes » armées, dont une équipe de cinq personnes présentées comme « liée » à l’OMPI, tandis que le ministère du Renseignement a annoncé avoir arrêté à Téhéran deux « éléments » présumés de l’OMPI et a affirmé qu’ils agissaient sous des ordres de l’étranger. Dans la province de Fars, le pouvoir judiciaire (selon l’agence Mehr) a annoncé l’arrestation d’un individu soupçonné d’être lié à des activités médiatiques associées à l’OMPI.
Il s’agit d’allégations officielles, non vérifiées de manière indépendante, mais leur répétition même révèle un fait que le régime s’abstient généralement d’admettre : la perspective d’une affiliation à un réseau d’opposition organisé l’inquiète tellement qu’il mentionne systématiquement l’OMPI dans ses annonces d’arrestation, considérant même les liens présumés comme une préoccupation majeure en matière de sécurité.
Réaction de la communauté internationale
La pression internationale s’est fortement accrue ces dernières semaines, ciblant de plus en plus le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme principal instrument de répression.
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a déclaré qu’il exhorterait les partenaires de l’UE à inscrire le CGRI sur la liste des organisations terroristes, liant explicitement cette demande aux meurtres perpétrés lors des manifestations et à la nécessité d’une « réponse claire ».
From the streets of Tehran to the heart of the European Parliament, the message is clear:
Iran must be free. Iran will be free.
The @Europarl_EN has overwhelmingly voted to back the aspirations of the Iranian people. We have called for decisive action to:
• Stop the violence:…
— Roberta Metsola (@EP_President) 22 janvier 2026
Le Parlement européen a adopté une résolution condamnant la « répression brutale » et réitérant ses appels à la désignation du CGRI comme organisation terroriste et à des mesures plus fermes.
Parallèlement, au Royaume-Uni, les appels à l’interdiction du CGRI se sont multipliés ; LBC a rapporté que des députés ont de nouveau fait pression sur le gouvernement pour obtenir une désignation officielle.
Aux Nations Unies, le Conseil des droits de l’homme a condamné la répression violente du régime et a étendu la documentation internationale des exactions – une démarche visant à responsabiliser le régime et à contester sa tentative de contrôler les faits.
Légitime défense, pas reddition
Un régime qui tire sur la foule et qui ensuite donne des leçons au monde entier en parlant de « terrorisme » ne décrit pas la réalité ; il légitime sa brutalité. Le fondement juridique est clair : le rassemblement pacifique est protégé, et le recours intentionnel à la force létale par les forces de l’ordre n’est légal que lorsqu’il est « strictement inévitable » pour protéger des vies, et non comme outil de dissuasion ou de punition.
C’est pourquoi le débat mondial ne saurait se réduire au récit d’ingérence étrangère du régime. Le système des Nations Unies repose sur le principe que les droits doivent être protégés par l’état de droit afin que les peuples ne soient pas contraints, « en dernier recours », à la rébellion contre la tyrannie et l’oppression – et que les peuples ont droit à l’autodétermination. Lorsqu’un État répond à une manifestation pacifique par une violence illégale et mortelle, les citoyens ne perdent pas leur droit à la vie et à la défense contre un danger imminent ; reconnaître ce principe fondamental ne revient pas à idéaliser le conflit, mais à refuser de normaliser la brutalité comme forme de gouvernement.

