AccueilActualitésActualités: Iran ProtestationsDes manifestations par les travailleurs, les retraités et les groupes ethniques réprimées...

Des manifestations par les travailleurs, les retraités et les groupes ethniques réprimées en Iran

Des manifestations par les travailleurs, les retraités et les groupes ethniques réprimées en Iran

Le 7 octobre 2024, des manifestations dans plusieurs villes iraniennes, impliquant divers secteurs, notamment les retraités, les travailleurs du pétrole et les minorités ethniques marginalisées. Ces manifestations ont été violemment réprimées dans certaines régions, reflétant l’incapacité continue du régime à faire face aux profondes crises économiques et sociales qui frappent le pays.

À Téhéran, les retraités de la compagnie iranienne des télécommunications ont organisé des manifestations, exigeant une augmentation de leurs retraites et dénonçant la mauvaise gestion de leurs fonds par le gouvernement. Les manifestants ont scandé des slogans tels que « Nos tables sont vides, assez de promesses ! Leur manifestation s’inscrivait dans le cadre d’une action coordonnée plus vaste dans plusieurs villes, dont Shiraz, Kermanshah, Ilam, Rasht et Tabriz. Ces retraités ont accusé le gouvernement d’ignorer leurs revendications et de ne pas mettre en œuvre les promesses de longue date concernant la réforme des retraites, ajoutant à la frustration nationale face aux politiques économiques du régime.

À Ilam, les travailleurs de l’usine pétrochimique d’Argavan, dans le comté de Chavar, ont continué de protester contre l’arrestation de leurs collègues. Ces travailleurs, dont beaucoup étaient au chômage depuis des mois en raison de licenciements, se sont rassemblés devant le siège du pouvoir judiciaire pour exiger la libération de leurs collègues détenus. Au cours de la manifestation, deux travailleurs ont tenté de s’immoler, l’un d’eux étant le père d’un travailleur détenu. Tous deux ont été arrêtés avant d’avoir accompli leur acte, mais leurs actions désespérées reflètent le sentiment croissant de désespoir chez les travailleurs confrontés à des conditions économiques désastreuses. Les manifestants réclament la réintégration dans leur emploi et des éclaircissements sur leur statut professionnel depuis plus de trois mois.

À Bushehr, les employés de la compagnie gazière South Pars ont poursuivi leurs manifestations en cours à Asaluyeh. Les travailleurs se sont rassemblés sur le site 1 du complexe gazier, réclamant des salaires équitables, la suppression des plafonds salariaux et la sécurité de l’emploi. Des manifestations similaires ont eu lieu à la raffinerie de gaz de Fajr alors que les troubles sociaux s’intensifient dans la province de Bushehr, une région clé pour les industries pétrolières et gazières iraniennes. Les travailleurs de cette région sont frustrés par l’incapacité du gouvernement à répondre à leurs revendications après des mois de grèves et de manifestations.

Pendant ce temps, à Chabahar, dans la province du Sistan-Baloutchistan, les forces du CGRI ont démoli les maisons des habitants baloutches le 7 octobre, en utilisant des bulldozers pour détruire des zones résidentielles. Cet acte brutal fait partie d’une campagne plus vaste visant à saisir les terres locales et à les transférer à des intérêts commerciaux contrôlés par le CGRI, marginalisant davantage la minorité baloutche déjà appauvrie. Les habitants, laissés sans abri, ont condamné le régime pour ses tactiques d’accaparement des terres sous couvert de projets de développement, l’accusant d’aggraver leurs difficultés économiques.

Des manifestations pour le logement ont également eu lieu à Zanjan et à Téhéran le 7 octobre. À Zanjan, les citoyens impliqués dans le projet de logement M-Shesh se sont rassemblés devant le bureau du gouverneur pour protester contre les retards dans la construction de leurs maisons. Beaucoup d’entre eux ont investi de grosses sommes d’argent depuis 2019 mais n’ont pas encore reçu le logement promis. À Téhéran, les demandeurs de logement du projet Ershad New Town ont manifesté devant la Cour suprême, exigeant que le gouvernement remplisse ses obligations de livrer les logements promis il y a des années. Ces manifestations reflètent l’aggravation de la crise du logement dans tout le pays, où de nombreux Iraniens se retrouvent sans abri malgré avoir payé pour des programmes de logement soutenus par le gouvernement.

À Nasim Shahr, dans la province de Téhéran, des enseignants se sont rassemblés devant le ministère de l’Éducation le 7 octobre pour protester contre le manque de services de transport pour les enseignants travaillant dans les zones rurales. Les enseignants, dont beaucoup se rendent dans des villages reculés comme Akbarabad, se sont retrouvés sans services de transport cette année en raison de coupes budgétaires, ce qui a eu de graves répercussions sur leur capacité à travailler. On leur a dit que le ministère de l’Éducation ne pouvait plus leur fournir de services de transport, ce qui les a laissés bloqués.

À Khash, également dans la province du Sistan-Baloutchistan, les forces de sécurité ont abattu un porteur de carburant baloutche le 6 octobre, tandis qu’un autre porteur a été grièvement blessé. Les porteurs de carburant, connus localement sous le nom de « sukhtbars », sont régulièrement pris pour cible par les forces de sécurité. L’incident fait suite à une attaque similaire à Nehbandan le 5 octobre, où un autre porteur de carburant est mort après avoir été poursuivi par les forces du régime, entraînant l’accident de son véhicule. Ces porteurs, qui transportent du carburant à travers les frontières pour gagner leur vie, sont devenus des victimes fréquentes de la violence d’État alors qu’ils tentent de survivre dans des conditions économiques difficiles dans le sud-est de l’Iran.

Les manifestations qui ont eu lieu dans tout l’Iran le 7 octobre reflètent une nation en crise. Des familles baloutches confrontées à la démolition de leurs maisons à Chabahar aux retraités et aux travailleurs qui réclament leurs droits à Téhéran et à Bushehr, la population iranienne se soulève contre les politiques oppressives du régime clérical. Malgré la répression violente du gouvernement, les troubles généralisés continuent de s’intensifier alors que de plus en plus de citoyens exigent responsabilité, justice et stabilité économique.