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Iran : Premier obstacle à l’établissement de la démocratie au Moyen-Orient

Iran : Premier obstacle à l’établissement de la démocratie au Moyen OrientPar Nima Sharif

American Chronicle – Ces dernières semaines, un grand nombre de hauts responsables européens et américains ont reconnu que la route menant à un Moyen-Orient libre passait par Téhéran. En d’autres termes, la seule façon de voir la paix et la liberté l’emporter au Moyen Orient, et particulièrement en Irak, est qu’un gouvernement démocratique arrive au pouvoir en Iran.

Alors que les Iraniens l’affirment depuis trois ans tout en étant parfaitement ignorés par les Occidentaux, arriver à cette conclusion constitue en soi le signe que les dirigeants occidentaux ont atteint un nouveau niveau de discernement plus profond sur la région.

Avant la guerre en Irak, les Américains croyaient pouvoir d’une façon ou d’une autre s’entendre avec les Iraniens, le plus grand voisin du pays. Bien sûr, les Etats-Unis, par la voie diplomatique, ont officiellement demandé aux Iraniens de ne pas intervenir dans la guerre et pour toute la durée des opérations et sont effectivement parvenus à les garder écartés. Plus tard, il s’est avéré que les Américains avaient en fait rencontré les Iraniens en Europe à plusieurs reprises pour discuter de cette question.

En échange d’une non-intervention dans la guerre, l’Iran avait demandé aux alliés de bombarder et d’anéantir leur ennemi de longue date, l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) basée en Irak. L’OMPI est considérée comme le mouvement d’opposition iranien le plus important et le mieux organisé qui existe en-dehors du pays et celui-ci a juré de renverser les mollahs de Téhéran. Juste avant la guerre, l’OMPI s’est déclarée neutre mais ses bases ont tout de même bombardées été et un grand nombre de ses membres tués.

Peu après cependant, l’OMPI et le commandement américain en Irak ont conclu un accord de paix plaçant l’OMPI sous la protection des forces américaines en vertu des conventions de Genève.

Après la guerre, l’Iran subissant une pression internationale croissante en raison de ses activités nucléaires suspectes et de ses violations des droits humains, s’est rendu compte du danger d’être encerclé par les Américains en Afghanistan et en Irak.

De plus, l’absence d’un pouvoir central en Irak représentait une opportunité longtemps désirée par l’ayatollah Khomeiny et ses fidèles, de réaliser leur rêve d’un empire islamique, passant par l’Irak pour atteindre les terres saintes d’Israël.

Le président Bush et d’autres dirigeants mondiaux annonçant leur projet pour un Moyen Orient libre et ouvert, il était évident pour la théocratie iranienne que ce futur ne laissait pas de place pour leurs idéologies arriérées. Mais pour survivre, les Iraniens ont trouvé la solution en faisant en sorte de toutes leurs forces que l’Irak devienne « un autre Vietnam » pour les Américains.

L’intervention en Irak s’est faite sous différentes formes et de différentes façons. Le groupe Bader basé en Iran et entraîné pendant des années pour une telle situation est maintenant en Irak en train de tirer les ficelles du nouveau gouvernement formé et des forces de sécurité. En se servant des forces Bader et d’autres groupes en Irak, les mollahs sont parvenus à déclencher une bataille contre les Américains pour qu’ils ne pensent pas à l’impensable.

Aussi, en trichant dans les élections, les mollahs ont réussi à s’emparer de la majorité des sièges dans le nouveau parlement et si des millions d’Irakiens n’étaient pas descendus dans la rue pour scander « Iran, dehors ! », ils seraient parvenus à établir un gouvernement fantoche dans ce pays.

Peu après avoir fraudé dans les élections en Irak et que sa responsabilité dans les attentats quotidiens en Irak ait été exposée, après une pression internationale croissante, les Iraniens ont commencé à perdre graduellement le contrôle de la situation et ont commencé à se retrouver coincés par la communauté internationale.

Afin de retenir les leçons du passé et de ne pas faire deux fois les mêmes erreurs, nous devons nous rappeler que tant que le régime iranien existe au Moyen Orient, il se trouvera toujours sur le chemin de la démocratie dans la région comme nous pouvons actuellement le constater.

La géopolitique de la région dicte ce que les partisans de la démocratie en Irak testent dans la pratique : « le chemin vers la démocratie dans la région passe certainement par Téhéran ». Nous ne verrons la paix et la démocratie en Irak que lorsqu’il y aura un nouveau gouvernement démocratique pacifique établi en Iran.

Nima Sharif est écrivain et activiste des droits humains. Il est né en Iran et vit actuellement aux Etats-Unis.

Nima publie un site Internet : stopfundamentalism.com