samedi, décembre 3, 2022
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Iran : Nous devons être exigeants, sans concession (le député Dominique Lefebvre)

CNRI – Le Comité parlementaire pour en Iran démocratique (CPID), composé de plusieurs dizaines de députés de tous les groupes politiques de l’Assemblée nationale, a organisé le mardi 29 octobre un colloque à la Salle Victor Hugo sur la situation en Iran. L’invitée d’honneur, la dirigeante de l’opposition iranienne (CNRI), Maryam Radjavi a présenté son analyse de la situation. Une délégation de sénateurs menée par M. le sénateur Jean-Pierre Michel, président du Comité français pour un Iran démocratique (CFID), a participé à cette conférence présidé par M. le député Dominique Lefebvre, vice-président du CPID. 

 
 
Voici l’intervention du député Dominique Lefebvre,  vice-président du CPID:
 

 
Mesdames et Messieurs, Madame la Présidente, mes chers collègues qui avez répondu à notre invitation,
 
Je suis très heureux de vous accueillir ce soir dans cette salle Victor Hugo de l’Assemblée nationale, au nom du Comité Parlementaire pour un Iran Démocratique. Je le fais au nom de Gérard Charasse, notre président, qui est souffrant et n’a pu rester, avec mes collègues Michel Terrot, André Chassaigne qui sont comme moi vice-présidents. Et comme vous le savez, ce Comité Parlementaire rassemble des députés de toutes les familles politiques de notre Assemblée.
 
Madame la Présidente, ce n’est pas la première fois que vous êtes accueillie à l’Assemblée nationale, dans cette maison de la démocratie. Vous l’avez été à plusieurs reprises cette année, l’année dernière, notamment salle Colbert, à d’autres moments. Des moments joyeux, suite notamment aux décisions de justice qui ont permis de restaurer à la fois l’intégrité et l’image de votre mouvement. Nous vous avons accueillie aussi à des moments plus difficiles, à des moments d’attentats contre les réfugiés d’Achraf au camp Liberty. Nous vous accueillons aujourd’hui, dans un contexte marqué à la fois par l’évolution de la situation politique en Iran à la suite de l’élection présidentielle, je vais y revenir dans un instant, mais également nous en sommes à deux mois à peu près après les attentats meurtriers d’Achraf qui ont vu 52 des vôtres perdre la vie et sept autres, dont six femmes, détenus depuis en otages en Irak.
 
Alors, notre accueil ici ce soir dans cette maison de la démocratie, a une signification simple, par l’existence même de cette réunion. C’est notre soutien, notre soutien déterminé, notre soutien franc et massif au combat que vous menez pour un Iran démocratique. Un combat que vous menez de longue date, à la tête d’un mouvement qui n’a eu de cesse d’être attaqué, d’être vilipendé, d’être martyrisé. Et je veux que vous mesuriez bien ce qu’est la force de ce signe, d’être ici présents ce soir. 
 
Le président du groupe socialiste Bruno Leroux devait vous accueillir, il est retenu à Matignon par une actualité, mais il parviendra peut-être à se libérer avant la fin de notre réunion. Et je veux une nouvelle fois vous dire que dans ces moments très difficiles, dans ce contexte politique troublé et instable en Iran, nous sommes à vos côtés.
 
 Au fond, nous sommes dans une situation où d’un côté, nul ne le nie, à l’occasion de l’élection présidentielle en Iran, dans un contexte extrêmement particulier, qui n’a rien de démocratique, puisque les élections ne sont pas libres, les candidats ne peuvent pas se présenter, le régime tient très fermement les choses … Il est vrai que le résultat de cette élection, avec toutes les réserves que l’on doit y apporter, puisque les conditions de la démocratie n’y sont pas réunies, a marqué un signe de la part du peuple iranien de la volonté de changement qui s’est portée sur le seul candidat qui apparaissait en tout cas le plus distant du régime, qui est le nouveau président de la république. 
 
 
Il est vrai aussi que la situation en Iran est extrêmement difficile parce qu’au fil du temps, les sanctions internationales ont produit leurs effets, continuent à produire leurs effets. Et il est vrai que l’on voit au plan international un ballet, à la suite de cette élection, avec l’idée, compte tenu des signes d’ouverture dans les paroles données par le nouveau président, l’idée qu’un dialogue serait possible avec le régime iranien et le nouveau président.
 
Le problème de cette situation, c’est qu’il y a ces signes, il y a ces paroles, et il y a les actes. Alors, les actes, c’est ce qui se passe en Iran. En Iran, aujourd’hui, encore très régulièrement, des personnes sont condamnées à mort, encore très récemment, je crois la semaine dernière, un certain nombre de prisonniers politiques ont été pendus. Et donc, la répression continue en Iran et tant que cette répression continuera en Iran, le combat devra être mené, parce que nous sommes face à un régime dictatorial, un régime dictatorial religieux, un régime totalitaire.
 
Et puis il est vrai également que dans le même temps qu’il y a ces signes d’ouverture, il y a ces attaques répétées contre votre mouvement, contre le symbole que représentait, que représente toujours Achraf, et au-delà du symbole d’Achraf, ces femmes et ces hommes qui sont encore près de 3000 au camp Liberty dans des conditions extrêmement difficiles, dont la vie est tous les jours mise en danger en Irak.
 
Et la réunion de ce soir, d’abord, c’est à la suite de multiples condamnations internationales, des exigences fortes que nous devons exprimer. D’abord vis-à-vis du gouvernement français, qui a condamné les meurtres d’Achraf, qui a demandé la libération des otages, comme d’autres puissances internationales, mais aujourd’hui sans résultat. Et je crois qu’il faut dire à ce moment les choses très clairement. Dire les choses très clairement, c’est pointer la responsabilité du gouvernement irakien, de son premier ministre, dans la situation d’Achraf et dans la situation des réfugiés politiques iraniens en Irak. De telles exactions n’ont pu se produire à l’insu du gouvernement irakien. Il en a probablement même été complice. C’est de lui dont dépend aujourd’hui la vie de ces otages, dont le dessein normalement, on le croit, de la part des auteurs de cette prise d’otages est de les renvoyer en Iran pour un procès symbolique et une exécution et la mort au bout.
 
 Et donc il est important aujourd’hui que les pressions internationales s’accentuent sur le gouvernement irakien pour que ces otages soient libérés et que leur vie soit préservée. C’est, je crois et j’espère, ce qu’un certain nombre de nos collègues parlementaires américains ont dit au président Obama qui devrait recevoir le 1er novembre le premier ministre Maliki. Et il faut vraiment intensifier cette pression internationale, en n’hésitant pas à mettre directement en cause la responsabilité du gouvernement irakien. Il n’est pas possible aujourd’hui que le gouvernement irakien se défausse en expliquant qu’il n’est ni au courant ni acteur de cette tragédie. 
 
Au-delà, l’exigence est de la création d’une commission d’enquête internationale, parce qu’il faut retrouver les coupables et il faut les punir. Et tout le monde sait ici dans cette salle que derrière ces attaques, les forces qui sont présentes en Irak, c’est bien évidemment le gouvernement iranien qui est en place. 
 
Et cela ramène à l’autre question qui est la question du dialogue entre guillemets instauré suite à l’échange téléphonique entre le nouveau président iranien et le président Obama, ou la rencontre, à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies entre le président François Hollande et le nouveau président iranien. Dialoguer, pourquoi pas, mais dialoguer avec la fermeté nécessaire et comme l’a dit Laurent Fabius, je crois assez justement, ce ne sont pas dans cette situation les paroles qui comptent, ce sont les actes. Et du point de vue des actes, c’est vrai que nous devons être extrêmement vigilants. D’abord, parce que l’histoire a montré qu’il y a eu d’autres présidents qualifiés de modérés en Iran dans la décennie qui vient de s’écouler, et que les résultats au final ont été les mêmes parce qu’au sein même du pouvoir iranien, dans ses contradictions, dans ses rapports de force, ce sont toujours à la fin les mêmes qui gagnent. 
 
Donc, cela veut dire que le combat doit continuer, que nous devons être exigeants, sans concession, en particulier sur la question nucléaire, mais nous devons l’être tout autant et en permanence sur la question des droits de l’homme et des principes démocratiques en Iran. Et je crois que ce n’est qu’à ces conditions qu’il faut poursuivre le dialogue. Et nous sommes là pour faire passer ce message, d’abord au gouvernement français, puis à l’opinion française, et c’est ce que, je crois, les collègues qui vont me succéder maintenant, après que vous nous ayez fait part de votre message et de votre sentiment sur la situation actuelle, feront tout au long de cette soirée. Merci à vous.
 
 

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