jeudi, décembre 8, 2022
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Iran : les difficultés de Khamenei dans le mécano électoral de 2013 – 2e partie

CNRI – Ali Khamenei, le guide suprême des mollahs, a commencé il y a des mois ce que le régime appelle « l’ingénierie » ou la manipulation de l’élection présidentielle de juin en disqualifiant 678 candidats et en n’en confirmant que 8 répondant à son choix, pour aboutir au résultat visé.

Khamenei, dont la puissance s’est érodée à la suite du soulèvement de 2009, est aujourd’hui face à plusieurs difficultés dans la mise en place de son montage électoral :

Jusqu’à présent, le régime a traversé les phases suivantes du mécano électoral :

1) Les progrès de la coalition de 2 +1 : Début février 2013, Khamenei a formé une coalition de trois courants conservateurs au sein de sa propre faction ; Ali Akbar Velayati de la droite traditionnelle ; Bagher Ghalibaf proche des gardiens de la révolution, et Gholamali Hadad Adel des conservateurs proches du Front de la persistance et du gouvernement. Cette coalition a annoncé vouloir présenter un seul candidat final et que les autres candidats seraient dans son gouvernement. Elle a demandé aux autres conservateurs de la rejoindre.

2) Les conservateurs de la droite traditionnelle n’ont pas accepté et ont présenté une plus vaste coalition d’une faction conservatrice avec 5 candidats. Elle se composait de deux mollahs, Hassan Abu-Torabi et Mostafa Pour-Mohammadi, pour le compte de l’Association du clergé combattant et de l’Association des Séminaires, et de Manouchehr Mottaki, Yahya Al-Eshaq et Mohammad Reza Bahonar, pour le compte d’autres groupes de la droite traditionnelle.

Le Clergé combattant et l’Association des séminaires ont présenté Hassan Abu-Torabi comme candidat, que tout le monde a accepté sauf Manouchehr Mottaki. Mottaki a déposé sa candidature séparément.

3) Le mollah Mesbah Yazdi et le Front de la persistance ont choisi Kamran Bagheri Lankarani pour candidat. Après le dépôt de la candidature de Saïd Jalili pour la présidentielle, Mesbah Yazi a refusé de rejeter Lankarani en faveur de Jalili et le Front de la persistance s’est divisé sur Lankarani et Saïd Jalili.

4) Mahmoud Ahmadinejad a soutenu avec force la candidature de Macha’i et a envoyé plusieurs signaux à Khamenei qu’en cas de rejet de son candidat, il créerait de nouveaux problèmes lors du scrutin.

5) Khamenei a essayé de forcer Rafsandjani et Khatami à ne pas se présenter à l’élection présidentielle en utilisant ses fidèles pour les menacer, mais Rafsandjani s’est inscrit à la dernière minute. Ainsi Khamenei n’a pas réussi à unifier sa faction autour de la coalition 2 +1 ni à empêcher la candidature de Rafsandjani. C’est aussi Khamenei qui s’est occupé du problème d’Ahmadinejad qui a accompagné Rahim Macha’i pour le dépôt de sa candidature.

LE MECANO ELECTORAL AU CONSEIL DES GARDIENS

Cette fois, pour Khamenei, le mécano électoral de 2013 devait se faire au Conseil des gardiens. La disqualification de Macha’i était attendue par tous les groupes du régime et la question était de savoir ce qu’Ahmadinejad ferait après.

Mais la surprise est venue de la disqualification de Rafsandjani. Or c’est lui qui avait fait de Khamenei le guide suprême et c’est encore lui que Khamenei venait de nommer en mars 2013 à la tête du Conseil de discernement.

De plus, la disqualification de Mottaki, ancien ministre des Affaires étrangères, d’Ali Falahian, ancien ministre du Renseignement, du mollah Hassan Abou-Torabi Fard, vice-président du parlement et candidat de l’Association du clergé combattant et de l’Association des Séminaires,  et de Lankarani, que le mollah Mesbah Yazdi considérait comme le meilleur, ont aussi créé la surprise. Mais Khamenei n’avait pas le choix. Ce faisant :

1) il a supprimé la menace d’un Rafsandjani président qui l’aurait forcé à boire le «poison».

2) En disqualifiant Lankarani, il a empêché la faille dans le Front de la persistance et la confrontation avec Mesbah Yazdi et Mahdavi Kani et, et a contraint Mesbah Yazadi à soutenir Saïd Jalili.

3) En disqualifiant le mollah Hassan Abu-Torabi, candidat de l’Association du clergé combattant et de l’Association des séminaires, il a forcé ces deux associations à soutenir le candidat de la coalition 2 +1 ou Saïd Jalili, (ces deux groupes n’ont présenté aucun autre candidat après la disqualification d’Abu-Torabi).

4) En disqualifiant Manouchehr Mottaki, le Front des partisans de l’imam et du guide, qui se compose de 14 groupes traditionnels de la droite, ont soutenu la candidature d’Ali Akbar Velayati.

 

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