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Iran : les difficultés de Khamenei dans le mécano électoral de 2013 – 1ère partie

CNRI – Ali Khamenei, le guide suprême du régime iranien, a commencé il y a des mois ce que le régime appelle « l’ingénierie » ou la manipulation de l’élection présidentielle de juin en disqualifiant 678 candidats et en ne confirmant que 8 répondant à son choix, pour aboutir au résultat visé.

Dans cette élection, la manipulation a eu lieu quand les candidats ont été approuvés par le Conseil des gardiens, car Khamenei est aujourd’hui plus faible quand 2005 où il était intervenu dans le décompte des voix pour éliminer les gêneurs.

Khamenei poursuit ainsi deux objectifs. Tout d’abord, il cherche à choisir un président parmi les trois candidats qui lui sont les plus proches, Saïd Jalili, Ali Akbar Velayati et Mohammad Bagher Ghalibaf. Ensuite, il veut annoncer que plus de 50 % des électeurs ont voté.

Les difficultés de Khamenei dans le montage électoral de 2013

Khamenei, dont la puissance a été érodée à la suite du soulèvement de 2009, est aujourd’hui confronté à plusieurs difficultés dans la mise en place de son montage électoral :

1) Khamenei veut un président qui continuera sa politique de repli sur soi lancée en 2005 avec l’élimination de Rafsandjani et les soi-disant réformateurs (Mostafa Moïne, Mehdi Karroubi). Il considère qu’un échec dans ce domaine pourrait déclencher la chute du régime.

2) Il estime essentiel qu’il n’y ait pas de répétition du soulèvement de 2009, c’est pourquoi un montage similaire à celui de 2009 ne fonctionnerait pas.

3) Comme en 2005 et 2009, il doit éliminer Rafsandjani et les soi-disant réformateurs qui contredisent sa politique de repli sur soi.

4) Après l’échec de la période du système du guide suprême, et contrairement à 2005 et 2009, la faction de Khamenei et surtout les religieux et les gardiens de la révolution sont déchirés et Khamenei est contesté au sein de sa propre faction.

Contrairement à 2005 et 2009, où le commandement des gardiens de la révolution avait facilement pu déterminer quel candidat avait les faveurs de Khamenei, la situation en 2013 est totalement différente.

Par exemple, dans le montage électoral de 2005, Khamenei avait mis son fils Mojtaba à la tête de la campagne de Ghalibaf, pour tromper Rafsandjani et les ‘réformateurs’.

Puis, quatre jours à peine avant l’élection, Mojtaba a abandonné la campagne de Ghalibaf pour prendre la direction de celle d’Ahmadinejad. Après quoi, les gardiens de la révolution avaient simplement bourré les urnes en faveur d’Ahmadinejad.

Mais en 2013, la situation des gardiens de la révolution est différente. Le 5 mai 2013, le général Mohammad Ali Jafari participait à une conférence à Téhéran pour expliquer ceci à 4.000 commandants des gardiens de la révolution impliqués dans le montage électoral, mais après des heures de discussion, il n’a pu obtenir leur accord.

Le général Mohammad Ali Jafari, le général Qassem Soleimani commandant de la force Qods, et le mollah Ali Saïdi, représentant du Khamenie chez les pasdarans, avec d’autres commandants et une partie des forces de gardiens de la révolution, pencheraient pour Ghalibaf, mais d’autres commandants et officiers pencheraient pour d’autres candidats, en particulier Saïd Jalili.

Il y a aussi beaucoup de désaccord entre les mollahs pro-Khamenei. La Société du clergé combattant dirigé par le mollah Mahdavi Kani soutient les conservateurs de la droite traditionnelle.

Face à eux se trouve le mollah Mesbah Yazdi, chef des groupes de sécurité et groupes militaires de la faction de Khamenei.

Cette faction a été le principal partisan de Khamenei en sélectionnant Ahmadinejad comme président.

Dans cette élection, le mollah Mesbah Yazdi et sa faction ont présenté Kamran Bagheri Lankarani comme le meilleur candidat à la présidence, alors que le mollah Mahdavi Kani et l’Association du clergé combattant et l’Association des séminaires ne l’acceptent pas et ont présenté le mollah Hassan Abu-Torabi comme leur propre candidat.