vendredi, décembre 9, 2022
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IRAN: La situation des droits de l’homme se détériore d’avantage

L’arrivée à la présidence de la République islamique d’Iran de Mahmoud Ahmadi-Nejad et la nomination d’un ancien commandant des Gardiens de la révolution (Pasdarans) au poste de chef de la police, confirment le retour aux années noires en matière de répression.

 

La récente « élection présidentielle » boycottée par le peuple iranien et dénoncée par différentes sources en raison de fraudes massives, vient de porter Moahmoud Ahmadi-Nejad, un ancien officier des « pasdarans » soupçonné d’être un preneur d’otage et l’auteur d’assassinat d’opposants à l’étranger, à la présidence la République islamique d’Iran. Pour beaucoup d’observateurs, cet événement marque tragiquement la fin de longes années d’illusion de réforme et le retour pur et simple à l’origine du régime de Téhéran .

 

Le 10 juillet dernier, le guide suprême du régime, Ali Khamenei, a nommé un ancien commandant des Gardiens de la révolution (Pasdarans) au poste de chef de la police. Ainsi, « la police de la capitale a annoncé de manière concomitante une nouvelle opération de répression contre « les exemples flagrants de dévoiement dans les lieux touristiques et de divertissement » dans Téhéran et ses alentours.

 

Selon la télévision d’Etat, le général Ahmadi-Moqaddam a été désigné en raison de son « engagement révolutionnaire au cours des dernières années ».

 

« L’une des tâches les plus importantes de (la police) est d’asseoir à l’échelle nationale la sécurité que mérite la République islamique et une atmosphère de calme et de sûreté pour chacun », écrit l’ayatollah Khamenei dans le décret de nomination du général Ahmadi-Moqaddam.

 

Il a également exhorté le nouveau chef de la police à améliorer encore la qualité de ses services en recrutant « des membres fidèles, révolutionnaires et efficaces ».

 

Esmail Ahmadi-Moqaddam était le chef du Bassidj, milice de volontaires placés sous l’autorité des Pasdaran, corps d’élite qui forme l’armée idéologique du régime.

 

L’annonce d’une nouvelle opération contre le « vice » dans la capitale a été rapportée par l’agence estudiantine Isna, citant un haut gradé indiquant que ses forces allaient s’en prendre aux femmes « non ou mal voilées », à la « pollution sonore » ainsi qu’aux « boutiques et lieux publics où les valeurs islamiques et la moralité sont dédaignées ».»

 

Ces changements annoncent une perspective de plus en plus préoccupante en matière du respect par les autorités iraniennes des droits fondamentaux des citoyens.

 

Or, plus de 26 années après l’avènement de la théocratie en place, la situation des droits de l’homme en Iran reste l’une des plus préoccupantes sur le plan international. Cette situation est d’autant plus grave que depuis l’absence de renouvellement du mandat de rapporteur spéciale de l’ONU en 2002, aucun contrôle n’est possible par les instances internationales chargés de faire respecter les droits et libertés établies par les conventions internationales dont l’Iran est partie. Ainsi, nous sommes témoins chaque jour de nombreux cas de violations commises dans ce pays.

 

En 2004, plus de 200 exécutions ont été rapportées par les presses officielle et internationale ou des organisations de défense des droits de l’homme. Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2005, au moins 102 personnes ont été condamnées à la peine capitale dont 10 réalisées pendants les 2 premières semaines qui ont suivit « l’élection » de Ahmadi-Nejad. Parmi ces exécutions, on compte plusieurs cas de lapidations et un grand nombre de pendaisons publiques. De nombreuses victimes de ces exécutions sont des mineurs comme Atefeh Rajabi, 16 ans, qui s’est défendue seule à son procès .

 

Les femmes iraniennes et les minorités religieuses sont toujours des cibles privilégiées d’une persécution constante et victimes de toutes sortes de discriminations institutionnalisées. Les récentes déclarations de Professeur Yakin Ertürk, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur les violences contre les femmes  manifeste la gravité de la situation des femmes en Iran. Par ailleurs, des rapports publiés par différentes ONG ou à travers la presse internationale laissent constater la situation des minorités religieuses .

 

La liberté d’opinion et d’expression comme la liberté de presse et le droit à l’information, est gravement et quotidiennement bafouée et l’Iran est aujourd’hui devenu « la plus grande des prisons pour les journalistes à travers le monde ». Le rapport annuel de 2004 des Rapporteurs Sans Frontières et le communiqué de presse publié le 27 juillet 2004 par des rapporteurs spéciaux de l’ONU demandant à l’Iran de respecter les normes des droits de l’homme en matière du journalisme, illustrent cette situation. Cependant ces interventions n’ont pas pu dissuader la « Justice » iranienne de condamner Arash Sigarchi, à 14 années d’emprisonnement pour avoir publié un article sur Internet dénonçant le massacre des prisonniers politiques en 1988.

 

Il faut aussi souligner la tragique situation des enfants iraniens qui sont victimes des violations systématiques dont le Comité des droits de l’homme fait état dans des récentes conclusions.

 

Ces exemples et faits prouvent par ailleurs l’absence d’un minimum de respect pour les normes internationalement reconnues en matière de justice dans un pays membre de l’ONU et signataire de plusieurs conventions internationales  !

 

Les 51 résolutions de l’Onu condamnant depuis plus de 25 ans, ces violations et dont la dernière a été votée en décembre 2004 par l’Assemblée générale, ainsi que des résolutions récemment adoptées par le Parlement européen, souligne la détérioration de la situation en Iran .

 

Dans ces conditions, la Sous-commission des droits de l’Homme doit prendre très au sérieux la situation en Iran et en tenir compte à travers ses débats.

 

Les signataires :

 

– France Libertés – Fondation Danielle Mitterrand
– Nouveaux Droit de l’Homme
– Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples
– Fédération Internationale des Mouvements de Adultes Ruraux et Catholiques
– Mouvement des mères
– United towns Agency for North-South Cooperation
– Association Internationale des Juristes Démocrates
– International Human Rights Consortium
– Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et Liberté
– African Society of International Comparative Low
– International Educational Development
– Association Internationale des droits Humaines des Femmes

 

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